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Cameroun : Choisir entre les conseils d’administration et les contrats de performance des entreprises publiques

 05 juillet 2022, le Ministre des finances a signé une SIMPLE lettre circulaire N°4918/MINFI indiquant qu’en raison de la contreperformance des entreprises publiques (et sous pression du FMI), les Contrats de Performance seront en vigueur à compter du 1er janvier 2023. Cette mesure forcée est inadéquate à la fois sur le plan de forme que du fond :

 

1. Sur la forme, cette lettre circulaire va à l’encontre des lois du 12 juillet 2017 encadrant les entreprises publiques au Cameroun et qui méritent d’être respectées. Dans la hiérarchie des normes, cette simple lettre circulaire ne devrait pas faire autorité face à la loi. Comme je l’indique souvent, la mentalité des gestionnaires camerounais ne peut toujours pas être de fouler au pied les lois de la République pour magnifier ce qui vient de l’extérieur, notamment du FMI pour le cas d’espèce. En clair, si nous respections nos lois et optimisions la gestion de nos ressources propres, nous n’aurions jamais eu besoin de surendetter le pays ou d’avoir recours au FMI. Le FMI vient faire ce que vous avions prévu de faire et que nous n’avons simplement pas fait PARCE QU’IL FAUT METTRE UN GENDARME DERRIERE CHACUN D’ENTRE NOUS POUR QU’IL TRAVAILLE. C’est ridicule ! Je dis simplement qu’il fallait appliquer la loi pour obtenir la performance des entreprises publiques et qu’il ne se fait pas tard.

 

2. Sur le fond, l’on ne peut pas faire concurrence au Conseil d’administration (CA) sans déclarer sa caducité. Si les contrats de performance sont mis en œuvre, cela voudrait dire qu’il faut supprimer purement et simplement les conseils d’administration afin de soulager un peu les contribuables camerounais qui paient pour le fonctionnement de ces structures inutiles de fait. A quoi servent les CA au Cameroun en l’état ? A recaser les vieux caciques du régime ? Si oui, cela coûte très cher aux contribuables. Dans un système normal, le CA est là pour veiller au bon fonctionnement des entreprises, y-compris aux questions liées à la performance. S’il y a contreperformance chronique comme c’est actuellement le cas, c’est parce que les membres de CA n’ont pas joué leur rôle. Je rappelle qu’il s’agit des entreprises où les DGs ont toujours eu un quitus pour leur « BONNE » gestion.

 

En fait, nous devons saisir l’occasion de cette banqueroute entièrement avouée pour remettre la question de reddition des comptes au cœur de notre système de gestion. En fait, qui doit payer pour la contreperformance des entreprises publiques ? Personne ? Non, monsieur le Ministre. On attend aussi de vous que vous preniez vos responsabilités et que la justice fasse son travail. En tout cas, c’est ce que nous ferions si nous en avions l’opportunité. En attendant, nous attirons votre attention sur le fait que, dans votre addiction au FMI, vous ne pouvez pas RAISONNABLEMENT maintenir les conseils d’administration budgétivores et les contrats de performance. Il faut choisir ! Pour ma part, je choisis la République et je prône le respect de ses lois en vigueur jusqu’à preuve de contraire.

 

Louis-Marie Kakdeu,

Shadow Minister Economy, Finances and Trade.

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