SOCIETE

OPINION : Me Ntimbane Bomo : « le doctorat n’a rien d’extraordinaire. C’est juste un parchemin »

Le coordonnateur de la société civile des réconciliateurs dénonce le culte du doctorat dans notre pays. « Le Cameroun est décidément le pays où le doctorat est exalté, célébré comme la consécration de la réussite intellectuelle. Les détenteurs camerounais s’en pavanent. Nous en abreuvent des : » Dr Si, Dr Sa, ….par ci par là. Les plateaux de télévision et autres médias camerounais sont leur terrain de prédilection. Pourtant ce diplôme est loin d’être le parangon de la connaissance », note l’avocat au barreau du Cameroun.

Pour lui, un doctorat de type universitaire à ne pas confondre avec celui typique de fin de formation de certains métiers comme la médecine, l’agronomie… n’est en aucun cas la consécration d’une maîtrise absolue de la matière dont le titre est décerné. « Un docteur en droit par exemple qui a soutenu sur un sujet comme le juge d’instruction, la garde à vue ou le droit de propriété, n’est allé en profondeur que sur ce sujet et n’a pas plus de connaissances en droit des sociétés, droit des personnes qu’un étudiant de troisième année de licence ou de cinquième année de master ou Dea. Encore moins qu’un Avocat qui pratique dans ces matières », ajoute-t-il.

 

DEA
« Le Doctorat c’est juste la préparation, la rédaction en 03 ans après l’obtention d’un DEA ou d’un Master, d’un ouvrage sur un sujet spécifique. Par exemple : » La vie scolaire au Cameroun», » Les silences du président Paul Biya », » La garde à vue « … » Les voyelles de l’alphabet française ». » Les formules mathématiques de Pascal »… Cette sublimation du doctorat, comme critère de compétence devient dès lors un véritable handicap dans l’évaluation sociale et sociétale des valeurs réelles et contributives dans l’action de développement ».

« Ailleurs, ce sont les ingénieurs, les diplômés de grandes écoles comme Polytechnique, école de Commerce, école d’Avocats, les diplômés en MBA… qui sont côtés au vu de leur maîtrise, et praticité absolu des domaines de leur diplomation. Les jeunes camerounais doivent dès lors sortir de ce carcan illusoire de la diplomite doctorale pour se former à la compétence réelle et véritable. Le doctorat n’a rien d’extraordinaire. C’est juste un parchemin. Sa plus- value au développement de notre pays est pratiquement lisse », a-t-il conclu.

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