SOCIETE

Éditorial : Tordre le cou à l’inflation

Par Zephirin Koloko

Les Camerounais sont frappés sévèrement par la hausse vertigineuse des prix dans tous les marchés du territoire. Il fut un temps, grâce au monde rural national laborieux et entreprenant, son travail parvenait à assurer la sécurité alimentaire par une abondante et régulière fourniture des produits de la terre.

Les temps ont changé. Il n’y a pas plus que le prix de la tomate qui préoccupe le Gouvernement: le poisson, la banane plantain, le maïs, le manioc, l’huile de palme, l’oignon, le sucre, le ciment… Même la viande pour laquelle les autorités gouvernementales ont reconnu une amélioration de production de 107.000 tonnes par rapport à l’année dernière, cette surproduction bovine n’a pas fait tomber le prix sur les marchés, au contraire, le kilogramme de viande est resté stable grâce à la vaillance du gouvernement.Tous les produits du terroir connaissent ainsi une légère augmentation de prix.
Les produits importés ne sont pas en reste. Certains bénéficient des exemptions des taxes douanières, en application des dispositions européennes des Accords de Partenariat Economiques. D’autres produits importés entrent dans le marché camerounais et font l’objet des spéculations de la part des commerçants grossistes.

La guerre en Ukraine est un phénomène nouveau. Elle est venue révéler à la face du monde l’interdépendance économique des nations des unes aux autres. Cette guerre nous a appris que l’Ukraine et la Russie sont en quelque sorte les greniers du reste du monde. 65% du blé que nous consommons au Cameroun pour nos différents besoins provient de ces deux pays. La guerre ayant perturbé ainsi l’importation de ce produit, du coup, les importateurs ont révisé leurs prix à la hausse. Voilà le tableau très peu reluisant auquel le gouvernement et le consommateur camerounais font face en ce moment.

Le gouvernement camerounais, à travers son ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana, tente de juguler les effets néfastes de cette inflation de prix sur les biens de consommation courante ou de première nécessité. Même si cette inflation actuellement maîtrisée au niveau du Cameroun (2,4 % soit en deçà des 3% fixés par la Cemac) a des origines exogènes, elle provient aussi de la spéculation interne. C’est pour cela que, depuis le 14 avril dernier, le ministre du Commerce a pris un arrêté qui a pour objectif de lutter efficacement contre l’inflation des prix sur le marché. Cet arrêté stipule que désormais, tous les produits « seront soumis à la procédure d’homologation préalable avant toute mise en vente sur le marché national ».

Concomitamment à cet arrêté, le ministre du Commerce a mis en garde les spéculateurs de tout bord contre toute hausse unilatérale des prix sur le marché. Par cette disposition, Luc Magloire Atangana Mbarga coupe l’herbe sous le pied du collectif des syndicats qui avait déjà prévu des manifestations dans les 10 régions du pays pour, dit ce collectif, « dénoncer la cherté de vie ».

Au moment où les Camerounais sont face aux incertitudes politiques et à la cherté du coût de la vie, il faut reconnaitre et saluer les efforts du ministre Luc Magloire Atangana Mbarga de combattre la hausse illicite des prix, afin de permettre aux consommateurs de ne pas succomber à la spéculation endémique, mais de tordre plutôt le cou à l’inflation .

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