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Cyrille Kemmegne: « Si au Cameroun, on peut avoir des ministres comme Jean de Dieu Momo ou Paul Atanga Nji, ailleurs, il faut avoir fait montre d’une rectitude morale à nul autre pareil pour rêver d’une fonction ministérielle »

PAUL ATANGA NJI

UN DIABLE QUI, EN VIEILLISSANT VEUT SE FAIRE ERMITE.

 

Dans tous les pays qui se respectent, on ne devient pas ministre en un claquement des doigts. Un portefeuille ministériel, quel qu’il soit, se mérite. Il est une consécration, l’apothéose d’un parcours éloquent et élogieux. Pour être fait ministre, il faut avoir pu montrer patte blanche et être un exemple de citoyenneté. Si au Cameroun, on peut avoir des ministres comme Jean de Dieu Momo ou Paul Atanga Nji, ailleurs, il faut avoir fait montre d’une rectitude morale à nul autre pareil pour rêver d’une fonction ministérielle. Un ministre, sous d’autres cieux, est un homme ayant brillé par son rigorisme et le sens de la République. Qui ne se souvient pas de l’époque où, au Cameroun, un ministre était craint, voire vénéré. Tout se passait comme s’il ou elle (le ou la ministre) sortait fraîchement de la cuisse de Jupiter.

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Les ministres étaient presque tous des dieux vivants. Ils apparaissaient aux yeux du citoyen lambda comme des êtres surnaturels; bref, des surhommes. Comment bon sang de bon soir la fonction ministérielle a-t-elle à ce point été banalisée de nos jours. Pourtant, au Cameroun , jusqu’à il y a encore seulement une trentaine d’années, on a vu des ministres sortir du gouvernement la tête haute, la poitrine bombée et la crinière au vent. À aucun moment, ils ne redoutaient d’être pourchassés dans le cadre d’une quelconque <<opération épervier> ou <<opération mains propres >>. Les ministres, les vrais, étaient blancs comme neige. Ils inspiraient respect et égard. Leurs seules présences dans un milieu faisaient triompher le sens de la République et les vertus étatiques. On n’était pas nommé ministre pour s’enrichir comme Crésus. Les ministres, les vrais, étaient francs comme de l’or. Leur principal souci ne consistait pas à s’en mettre plein les poches. Ils ne pillaient pas les caisses de l’État, n’appauvrissaient pas les plus pauvres, ni ne détournaient les deniers publics. À l’heure qu’il est, la liste est anormalement longue de ces ministres en fonction, de vrais brigands qui sont déjà aux portes de Kondengui, qui pour avoir détourné l’argent de la pandémie du coronavirus, qui pour avoir distrait les fonds destinés à la récente CAN, et j’en passe et des meilleurs.

Les ministres dignes de l’être, ça c’était avant. Autres époques, autres mœurs. Le temps a passé. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Les ministres ne sont plus, pour la plupart, que d’éminents voyous qui arrivent dans le gouvernement comme des cheveux dans la soupe, sortis ex nihilo.

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Certains comme le fameux Paul Atanga Nji, ont même réussi le tour de force de partir fraîchement de prison pour être nommé, nul ne sait par quelle alchimie, ministre de l’Administration territoriale. Le Cameroun c’est le Cameroun. Nombre de banques du Cameroun, la campost et plusieurs microfinances ont été tuées par cet imposteur qui, manifestement, a oublié qu’il m’est arrivé, personnellement, de lui donner des pièces de 100 frrs C.F.A, alors qu’il pourrissait en.prison pour avoir volé. Oui, je dis bien, pour avoir volé l’argent des paisibles citoyens. Curieusement, c’est bien lui qui vient aujourd’hui jouer les patriotes et les directeurs des consciences des Camerounais au moment où les enseignants, seigneurs de la vraie, artisans de nos différentes réussites, réclament, à raison par ailleurs, ni plus ni moins que leurs dûs.

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Une image et des vidéos d’un certain Norbert Ngnitendem, enseignant de75 ans, actuellement à la retraite depuis quinze ans, circule sur la toile. On le voit, la voix suppliante et larmoyante, implorant les seules faveurs du ciel, de lui voler au secours. Cet enseignant a déjà rédigé son testament, dans lequel il prend le peuple camerounais à témoin. Il meurt de faim et est sur le point de crever de maladie. En un mot comme en mille, Norbert Ngnitendem tire le diable par la queue alors que les soi-disant administrateurs civils ( sous-préfet, préfets et gouverneurs de régions), se la coulant douce et ont des voitures<< pegna pegna>>. Dans son village, abandonné à lui-même et à son triste sort, Norbert Ngintendem se prépare à mourir comme l’enseignant Hamidou, tué par l’État qui était supposé le protéger, mais à plutôt choisi de le précipiter dans l’au-delà. Et c’est alors qu’on voit le brigand de la pire espèce, Paul Atanga Nji, entrer en scène. Comme s’il avait le don d’ubiquité, comme s’il était au four et au moulin, il se pare à la fois du manteau de ministre de la communication , de celui du président du CNC (Conseil national de la communication), pour menacer les rares médias qui ne sont pas aux ordres du pouvoir dictatorial et autocratique. C’est le même quidam qui, comme frappé d’amnésie et oubliant son passé diabolique, intime l’ordre aux sous-préfets, préfets et gouverneurs de régions, de brandir des menaces aux enseignants qui auraient pu être payés par les fonds que lui, monstre au visage d’homme , a royalement détournés. Nous ne sommes pas dupes .

Mis à part au Cameroun, on ne verra jamais une telle raclure être nommé à la tête d’un ministère comme celui de l’administration territoriale, équivalent du prestigieux ministère de l’Intérieur en France par exemple. Paul Atanga Nji, celui dont le passé prouve qu’à défaut d’avoir une place dans un cimetière, parce qu’il a ruiné un pays comme le Cameroun, devrait pourrir en prison. J’en conclus qu’un bossu ne voit jamais sa bosse et croit que le fait de condamner les innocents le blanchit de ses crimes et forfaitures. Un moins que rien qui se positionne en donneur de leçons alors qu’en temps normal, il devait se cacher dans un trou de souris. Tôt ou tard, un tel personnage se retrouvera << au pays des si je savais >>. Ce n’est qu’une question de temps. Paul Atanga Nji a longtemps joué avec les œufs du Cameroun qui finiront par se casser entre ses mains. Nous ne l’oublierons jamais. Proverbe à méditer par cet oiseau de mauvais augure : << C’est quand le diable vieillit qu’il se fait ermite >>. Un bandit reste un bandit. On a beau laver un chien noir, il ne blanchira jamais. OTS jusqu’à la gare!

 

CYRILLE KEMMEGNE

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