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[Lutte contre les Fake News & Discours de haine] Les Journalistes outillés

Un atelier de renforcement des capacités des journalistes, web journalistes et blogueurs a été organisé le 8 janvier 2022 à Yaoundé par l’organisation DIGITAL ACCES dans le but de lutter contre les fausses informations, et discours haineux & dangereux. À l’heure où le Cameroun organise la 33 ème coupe d’Afrique des nations depuis le 9 janvier.

L’omniprésence des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ont un rôle primordial à jouer dans la non-prolifération de ces fausses informations, en mettant en place des nouveaux process de vérification de ces nouvelles et autres actualités, largement partagées sur les plateformes.

C’est le cas notamment de l’entreprise Facebook. Cette dernière, qui fut mise en cause pour avoir été l’un des deux principaux canaux de distribution des fake news (avec Twitter) lors des élections américaines par exemple, est devenue la première entreprise à tenter de mettre en œuvre une solution, avec notamment les « fact-checkers » (vérificateurs de faits) qui font leur apparition sur nos fils d’actualité en 2017. Ainsi les 1,73 milliards d’utilisateurs quotidiens du réseau social, ont la possibilité de signaler certains contenus qu’ils jugent faux, erronés ou indésirables. Par la suite, Facebook travaille avec des partenaires médias pour vérifier la précision des ces informations (Third party Fact-checking). Une fois l’information révisée, elle sera identifiée comme fake news, le cas échéant, et la portée de la publication sera diminuée dans l’algorithme.

À l’ère de l’open data et du digital, il convient par définition de se méfier de toute information (texte, vidéo…) provenant d’un réseau social. Certes la défense et la contre-attaque s’organisent et de nouveaux outils apparaissent.

De nombreux organes de presse ont aujourd’hui leur rubrique de fact checking (comme l’AFP) et aujourd’hui beaucoup de technologies d’analyse de données sont à disposition, qui permettent de vérifier les informations et les sources et, de traquer les manipulations, comme : le text mining, l’analyse des sentiments, la catégorisation automatique, le deep Learning (sur les images mais pas sur les concepts). L’un des experts du numérique ROBERT KENMOGNE, est revenu via d’amples explications et d’échanges interactifs au sujet de la Charte des droits de l’homme et des principes pour l’internet, mis en place par IGF (INTERNET GOVERNANCE FORUM) qui se pose sur 10 principes parmi lesquels: l’accessibilité, protection de la vie privée, égalité de réseaux, gouvernance, diversité entre autres.

Au Cameroun, l’élection de 2018 le catalyseur

Les « discours haineux » ou « discours de haine » sont définis par l’ONU comme tout type de communication orale ou écrite ou tout type de comportement visant à attaquer ou utilisant un langage péjoratif ou discriminatoire à l’encontre d’une personne, sur la base de sa religion, son origine ethnique, sa nationalité, sa race, sa couleur, son ascendance, son sexe ou tout autre facteur d’identité.

Et ces pratiques négatives se ressentent aussi en ligne. Au Cameroun, l’élection présidentielle de 2018, est venu amplifier ce phénomène avec des concepts gloques tels Sardinards et tontinards. Ces termes ont même été catalogués sur de nombreux projets par FACEBOOK. AROUNA MFENJOU le responsable projet de DIGITAL ACCESS a donné des points d’ancrage.

Dans de nombreux pays, dont le Cameroun, il existe une législation qui interdit et sanctionne les discours de haine à l’exemple des lois de 2010 sur les communications électroniques, celles sur la cybercriminalité & cybersecurité. Cependant, des recherches ont montré que l’approche la plus efficace pour lutter contre les discours de haine en ligne consiste à sensibiliser le public et à donner à la communauté les moyens de réagir. Même les plateformes américaines, Facebook et Twitter, fonctionnent sur cette idée. Si quelqu’un voit un message qu’il croit être un discours de haine, il peut cliquer dessus et le signaler aux administrateurs de Facebook qui l’évalueront et supprimeront le message s’ils sont d’accord avec l’appréciation. Pour donner aux communautés les moyens de contrer les discours de haine, une étape importante consiste à promouvoir la culture numérique et la pensée critique, car les gens ont souvent recours aux stéréotypes et à la haine par ignorance et par peur.

Les impacts des réseaux sociaux sur le métier de journaliste (BRICE NGOLZOCK) 

Les réseaux sociaux sont venus bouleverser le journalisme autant dans la pratique du métier, dans la production, dans la distribution, et je dirais même dans la vie du journaliste tout court. En 2017, 96% des journalistes (contre 69% en 2016 et 53% en 2012) ont intégré les réseaux sociaux dans le cadre de leur travail, les utilisant en moyenne deux heures par jour dans l’ensemble des pays étudiés. Les journalistes les plus connectés sont issus des pays Outre-Atlantique, tels que les États-Unis et le Canada. Outils de veille, de publication ou de promotion, les réseaux sociaux s’imposent de plus en plus, permettant de mesurer l’efficacité d’un article et de déceler les tendances pour produire de nouveaux contenus.

Les médias ne se contentent plus de fournir tout ou partie de leurs articles en ligne sur leur propre site web. Ils s’inscrivent dans l’écosystème plus large des outils « sociaux » de la communication numérique. Au Cameroun, le contexte politique a littéralement fait exploser les compteurs, en s’embrayant sur la liberté d’expression vis à vis de ses opinions, et les arrestations de plusieurs journalistes camerounais & lanceurs d’alertes tels Paul Chouta ou Mimi Mefo.

 Les réseaux sociaux ont contribué à modifier en profondeur les pratiques de communication politique. Avec l’évolution permanente des formats et la rapidité de circulation des informations, les journalistes sont obligés d’adapter leur métier pour le meilleur (plus grande visibilité, accessibilité…) et pour le pire (course à l’audience, fake news…). Dans le même temps, les hommes politiques et leurs équipes de communication ont cherché à se rapprocher des citoyens. À leur tour, ils se sont emparés de Facebook, Twitter, Instagram ou encore Snapchat. Une situation délicate pour les journalistes dont le métier consiste à analyser et enquêter, et pas uniquement commenter ou diffuser des opinions de personnalités politiques.

L’équation est complexe. Les réseaux sociaux se présentent comme de merveilleux outils d’expression démocratique et de diffusion de l’information. Mais ils contribuent aussi à la perte de confiance des citoyens dans les médias et dans les politiques. 

 

La détection des Fake news

Pour apprendre à repérer les fake news et cultiver son esprit critique, voici 5 conseils à partager :

 

Observer les détails : le titre, les dates, la structure du site… Dans les fake news, le titre est souvent accrocheur, peut être écrit en majuscules, avec des points d’exclamation. Si l’article ne mentionne pas de dates ou de lieux précis, il y a de quoi douter.

 

Vérifier qu’il s’agit d’une source fiable : on peut s’assurer de la crédibilité d’un site Internet par sa réputation. Certains publient des articles parodiques comme Le Gorafi ou Nord Presse. En cas de doute, l’outil Décodex du Monde permet de vérifier la fiabilité d’une source d’information.

 

Privilégier les sources d’informations reconnues (ministères, revues scientifiques, ONG…). Elles se repèrent avec avec des urls telles que .gouv.fr, .org, .asso.fr. Les blogs et sites personnels seront à regarder avec plus de vigilance.

Varier les sources d’information : en consultant d’autres articles sur le même sujet, on peut comparer et croiser les données. Si une même information est évoquée à plusieurs endroits, en citant les mêmes sources, il est plus probable qu’elle soit vraie.

 

Décrypter les images : trouver la source d’une image pour la contextualiser, être attentif à sa construction, ou encore utiliser des moteurs de recherche d’images inversées comme Google images ou Tineye.com, pour vérifier qu’une image n’est pas détournée.

 

L’hygiène numérique

La sécurité numérique fait référence aux aspects économiques et sociaux de la cybersécurité, par opposition aux aspects purement techniques et à ceux liés à l’application du droit pénal ou à la sécurité nationale et internationale.

Adopter une politique de mot de passe rigoureuse: C’est l’un des gestes les plus simples à mettre en œuvre, et pourtant beaucoup le négligent : à chaque nouvelle inscription sur un site web, il vous faut adopter un gestion de mot de passe solide.

Sauvegarder ses données régulièrement: Sauvegarder régulièrement vos données personnelles et professionnelles vous protège en cas de panne, de perte, de vol, de destruction de votre matériel ou de piratage informatique. Et pourtant, la majorité des internautes ne mettent en place une routine de sauvegarde régulière qu’après avoir subi une première perte de données… Pourquoi attendre d’en être victime alors que vous pouvez mettre en place cette routine dès aujourd’hui.

Lire aussi: Racisme et propos haineux: Facebook mis à l’écart par de nombreuses enseignes

Sécurité numérique : faire ses mises à jour régulièrement: Un appareil ou un logiciel qui n’est pas à jour est vulnérable et davantage susceptible de faire l’objet d’attaques informatiques. 

 

Éviter de naviguer sur des sites douteux ou illicites et être vigilant lors du téléchargement d’un fichier

De façon générale, évitez de vous rendre sur des sites douteux ou illicites. Certains sont susceptibles d’héberger des contrefaçons et peuvent contenir des virus. N’utilisez pas de plateformes non-officielles et ne téléchargez pas de fichiers provenant d’un site de téléchargement illégal : de nombreux fichiers sont infectés et peuvent contenir des virus et autres logiciels malveillants. Certains sites pornographiques sont également de véritables nids à virus, soyez vigilant

 

 

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Manfred Essome

Rédacteur En Chef du Journal en ligne www.lequatriemepouvoir.com, Critique d'Art Musical et Créateur de contenus camerounais depuis 2010.

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