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[Concert à l’IFC] La revanche intimiste de Lydol

La slameuse Lydol était de passage à la Salle des Arts de l’Institut Français de Yaoundé jeudi 9 décembre 2021, pour une rentrée musicale en fêtes. Toute beauté n’est pas perdue, spectacle solo, intimiste, minimaliste imaginé malgré son état de santé pour plus de 120 minutes de show. Agrémenté d’une nouvelle exclusive, sinon inattendue au public. Analyse.

La slameuse en mode passion 

À l’arrivée des spectateurs avant 19h00, au nombre d’environ plus d’une centaine, seuls un piano ouvert, une guitare posée, batteries, percussions, et un trompettiste,  attendaient d’être domptés par l’auteure-compositrice de la soirée Lydol. Démarrée avec 30 minutes de retard, le concert a pris les allures de Black Jack et Las Vegas sous l’incidence d’une décoration magnifiée pour la circonstance.

 

De 19h30 à 19h36, son équipe de musiciens va rallonger une aude très instrumentale en faisant une entrée avec l’interprétation de son tout premier single paru en Juillet 2017 « D’un autre ». Pour cet épisode convivial et intimiste, elle est accompagnée de Véra, Orphelie Eyaffa’a et Arlène Nna aux chœurs, Kevin Bikatal à la batterie, Judes au piano, Natasha & Monique (danse), Fru à la Trompette, et enfin, Charles aux percussions.

LYDOL est apparue dans une tenue pignon rouge quasi totale, entamée uniquement par un faisceau lumineux horizontal & vertical. Pendant les premières notes de la slameuse, elle digresse et cherche à savoir si son public et elle ont encore l’« œil du tigre »!

Ce slam, ce conte tendance protest song, sera brandi à quelques occasions surtout lors de la partie la plus émouvante de la soirée « Dis Moi comment on console » des vers posés contre la violence à 20h24 minutes. Toutes les deux ou trois pièces, l’artiste raconte, non! Se raconte. Elle rendra justement hommage à la sueur des femmes et des hommes brisés en mille morceaux dans des tempêtes d’amour. Le public verra ses yeux briller sur « Jamais assez » magnifiquement repris pour un titre sorti en Août 2020, où la slameuse avait pris un risque:  S’esquisser au chant ! À l’occasion de ce concert, Lydol a offert deux premières chansons en exclusivité qui figureront sur son prochain album, et dont la composition n’est pas totalement achevée: « Dis Moi » pour dire merci à la personne qui l’encourage quotidiennement, & « Déjà partie » à 20h02 qui est la prolongation de son titre éponyme « Jamais assez ». Sur cette deuxième plage, Les choeuristes de Lydol, sont littéralement inexistantes, sinon inaudibles pour une chanson coincée par une mélancolie à la Ray Charles ou Bébé Manga de regrettée mémoire.

LYDOL, l’extravertie 

Après l’intermède musical joué à 20h25, elle nous revient avec une proposition patrimoniale qui galvaude l’Essewè, et le Hip-Hop/Rap dans une ambiance des plus électriques: Il s’agit de « Massao ». Le public exulte, l’artiste s’est changée en loges et réapparaît avec une tenue courte de couleur blanche tout comme ses danseuses (blanc, short afritudes lacets tissus).

Au travers de la route, les jeux d’ombre et de lumière signés Hermann occuperont une place névralgique dans la mise en scène de Lydol tout comme la décoration de Dibrax Julia. Bleutée, lunaire, en bouquet ou laser, clignotante : chaque chanson a son ciel.

Le faisceau de lumière s’est vite couvert de stries et de brouillard pendant La somme, poignante autobiographie. Mais c’est plutôt une légère boucane qui a enveloppé de nostalgie Le repère tranquille, jouée au piano dans « You Are », titre exclusif écrit en anglais & français noyé dans la soul, et du très bon BenSkin. 

Quelques fois, Lydol se transforme en femme-orchestre, et danseuse.  C’était notamment le cas pendant la conclusion instrumentale du titre « Yélé » à 20h40 minutes. Ajoutez des effets de réverbération et de répétition, et voilà que la chanteuse était une bande à elle seule. Toutefois, l’élégance de son développement doit passer par la mise en bouche de la maîtrise d’un instrument, pour la permettre d’évoluer dans la composition de ses chansons, et de l’improvisation. En musique on le sait, les meilleures improvisations se préparent! À un moment donné, 2 à 3 textes ont été répétitifs et pour un public averti la couleuvre peut être fatiguante.

Le vrai renfort-loisirs est venu lors de son accompagnement sur scène par KRYS M, une autre chanteuse camerounaise auteure d’un EP « Surface » où d’ailleurs Lydol en a présentée la tracklist officielle. KRYS M a prêté voix-forte au refrain de « Yélé » Qu’est-ce qu’il manquait ? La dégaine électrique du tube « Le Ndem » clappements de mains à l’appui et public levé et, tout au bout de la route, le désormais classique « Bango Bango », avec tout un auditoire comme chœur, additionné d’une galette surprise Happy d’Efoulan venu mettre la cerise en Mbolè et Makounè, pour le plus grand bonheur de ses fans littéralement extasiés tout au long du concert ! RDV le 17 Décembre à l’IFC de Douala dès 19h! Par ailleurs, Lydol a annoncé en exclusivité la création d’un label Indépendant de musique nommé Designer Spirit qui sera co-dirigé avec son partenaire Kwedi Nelson, vidéaste, photographe professionnel camerounais & réalisateur très connu du circuit musical local. 

 

 

 

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Manfred Essome

Rédacteur En Chef du Journal en ligne www.lequatriemepouvoir.com, Critique d'Art Musical et Créateur de contenus camerounais depuis 2010.

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