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[Littérature] Stève Oleme Salla exorcise la violence scolaire au Cameroun dans son nouvel ouvrage

La violence à l’école se définit comme tout type de comportement non désiré, perçu comme étant hostile et nuisible, portant atteinte à l’intégrité physique ou psychique d’une personne, à ses droits ou à sa dignité. La violence peut être vécue, et commise, par des élèves, les parents, des personnes extérieures ou par le personnel scolaire. Dans son livre de 116 pages « Violence et horreur en milieu scolaire au Cameroun », l’auteur revient en 3 sections sur des actualités récentes dans le pays, tente d’en dresser les causes, explications et des pistes de solutions d’un sujet si atemporel.

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Des épisodes de l’enseignant de Mathématiques Boris Tchakounté âge de 25 ans poignardé en janvier 2020 par son élève en classe de 4ème à Nkolbissong/Yaoundé, d’un autre professionnel de philosophie humilié par Mme le Sous-préfet d’Ayos au Lycée bilingue de la même ville, d’un élève Tsanou Blériot tué au Lycée bilingue de Deido par son ancien camarade le 29 mars 2019, à Obala c’est un jeune élève qui perdra ses doigts suite à une vengeance, ou encore le drame de Kumba(région du Sud-Ouest) le 24 Octobre 2020 où près de quinzaine d’enfants ont perdu la vie suite aux exactions de separatistes. Autant de clichés, autant d’exemples, qui dessinent une spirale de violence inédite dans nos établissements scolaires.

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Les mobiles ou tentatives d’explication 

Chez les élèves, il s’agit de comportements subis de la part de leurs pairs, des adultes de l’école, ou encore de violence qu’ils perçoivent ou observent dans leur environnement scolaire. La violence vécue par le personnel scolaire se manifeste par des comportements négatifs de la part des élèves, des collègues de leur école, ou encore de parents d’élèves. (Page 70 à 77)

La violence en milieu scolaire est fréquente. Selon les études considérées, on estime que plus du tiers des élèves québécois vivent au moins un épisode de violence verbale ou physique à l’école ou sur le chemin de l’école.

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L’intimidation (incluant la cyberintimidation) fait partie d’un ensemble d’agressions que peut subir un élève à travers son vécu scolaire. L’élève victime d’intimidation durant sa scolarisation sera ultimement plus à risque de connaître des problèmes d’intégration et d’adaptation sociale. Il a été rapporté également que l’élève qui intimide fréquemment est lui-même plus à risque de présenter certaines manifestations de mal-être (solitude, dépression, désintérêt pour l’école, consommation excessive d’alcool ou de drogues) que les élèves non impliqués.

Chez les enseignants, régulièrement, ils sont molestés et humiliés par leurs propres élèves, les parents ou les autorités administratives. Ceci en violation flagrante de la loi N°98/004 du 4 avril 1998 sur l’orientation de L’Education au Cameroun qui précise en son article 37 (2) que « l’Etat assure La protection de l’enseignant et garantit sa dignité dans l’exercice de ses fonctions.

En l’espace de quelques années, l’ambiance en milieu scolaire s’est considérablement dégradée. Plusieurs agressions ont été perpétrées sur des enseignants,entre 2018 et 2020. Encore fraîche dans les mémoires, la bastonnade mémorable d’un surveillant général par un commandant de brigade au lycée bilingue de Mayo-Oulo (Région du Nord) en novembre 2018.

Causes à effets 

Les comportements violents en milieu scolaire ne peuvent être attribuables qu’à des facteurs individuels, puisque la violence est aussi influencée par un ensemble de conditions de l’environnement scolaire, comme le cadre éducatif, les conditions d’enseignement et d’apprentissage, la qualité des relations interpersonnelles, la qualité de l’environnement physique et social, etc.

Pour l’auteur, l’école est un milieu de vie complexe propice aux multiples manifestations de violence, (physique, collective, verbale, etc…) mais également un endroit privilégié pour soutenir l’apprentissage de comportements sociaux positifs et le développement de mécanismes socioémotionnels permettant aux individus de développer des ressources pour gérer adéquatement leurs relations interpersonnelles.

Afin de l’enrayer, des perspectives envisagées 

Pour prévenir la violence, il est essentiel de concevoir l’intervention en milieu scolaire à l’intérieur d’un modèle intégrateur ciblant divers niveaux d’intervention et l’ensemble de l’environnement scolaire. En page 105 à 109 de l’ouvrage, il est proposé d’ailleurs des alternatives de surveillance d’élèves dans nos établissements quelque soit leurs catégories car elles ont des limites ( école primaire par exemple). Entre collaboration avec les forces de maintien de l’ordre, une meilleure formation des surveillants, de meilleurs encadrements dans les activités parascolaires notamment.

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