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[Culture] Alioum Moussa: Mariage parfait entre l’Art & l’Éducation

Originaire de l’Extrême-Nord Cameroun, l’artiste plasticien scénographe Alioum Moussa conjugue son talent à l’engagement social dans son pays. À l’occasion du Festiv’Art Ruinart, son exposition dénommée « ART-DOISE » a été présentée au public à l’Institut Français du Cameroun Yaoundé, mercredi 20 Octobre 2021. 

L’implication des bailleurs internationaux et notamment francophones dans les manifestations culturelles a favorisé l’émergence des plasticiens africains sur le marché de l’art. S’ils n’ont pas attendu d’être repérés par les « pépiniéristes » occidentaux pour créer, la perception par l’Occident des artistes africains a réellement évolué.

Chaque œuvre exposée est un ensemble d’énigmes, à la fois de forme et de sens. Entre abstraction et narration, la poésie du sculpteur Alioum Moussa parle de l’humain, de son quotidien, de son destin. Non sans tensions, non sans humour, sur 500 ardoises sur lesquelles il y’a des dessins.

À l’instar de cette œuvre construite sur du bois léger, tout ce qui est exposé doit, impérativement, être vu de loin, comme un tout, et de près, comme un amalgame de fragments, plus comme un appel à l’engagement social pour chaque ardoise qui coûte 30.000 FCFA.

 

Alioum Moussa, Artiste

« Je tenais à remercier l’IFC l’Institut français du Cameroun pour son projet de résidence artistique. Et vous allez le constater que le projet art-doise est destiné aux enfants démunis aux enfants démunis et 40 % des fruits ou bien des recettes de l’œuvre artistique seront consacrés pour le paiement de la scolarité de ces enfants de la région de l’Extrême-Nord Cameroun dont je suis originaire et pour pour ce qui concerne les deux messages poignant, cela concerne le patrimoine et la solidarité.  Patrimoine parce que c’est un travail d’archivage et la solidarité parce que le monde sort du Covid19. Et cette solidarité se manifeste de façon mondiale aujourd’hui sur tous les plans de la société.  En ce qui concerne maintenant à disposition des ardoises, il y a deux tendances qui se croisent, il y a d’abord une tendance pixel qui rappelle les faits numériques le digital et nous sommes dans une atmosphère d’actualité et ensuite vous avez des des ardoises disposés qui rappellent la mer, la mer en elle-même et vous savez que dans l’enfance la mer signifie beaucoup de choses, ça peut signifier le calme, les souvenirs, l’espoir la projection, les perspectives et c’est dans cette dans cet état d’esprit que j’ai voulu faire un projet qui rassemble les enfants et toutes les générations. » Précise t’il à nos micros. 

Directeur de l’IFC Yaoundé, Conseiller Coopération Action Culturelle de l’Ambassade de France au Cameroun Yann Lorvo

 

« D’abord nous sommes honorés en tant que Institut français du Cameroun et ce qu’il faut savoir c’est que nous sommes privilégiés. l’Institut Français du Cameroun c’est d’abord la Maison des Artistes et c’est la maison de la société civile. Alioum Moussa qui est un artiste international compte tenu de sa trajectoire éclectique en tant qu’ acteur culturel et qui n’a jamais renier ses racines, il est venu nous voir et nous a dit bon voilà Institut français du Cameroun, je vais aujourd’hui vous proposer quelque chose de différent. Non seulement ce projet d’ardoise va constituer un effet artistique, mais également cela va créer un engagement social dans le sens où la moitié des recettes de chaque ardoise achetée permettra de payer la scolarité d’un enfant de la région de l’extrême nord Cameroun (….) Nous on pense qu’il faut proposer quelque chose de différent quelque chose qui joint l’utile à l’agréable et le Spirit du moins et l’artistique alors en ce qui concerne  son projet d’ardoise, il faut savoir que l’Institut français du Cameroun ne touche aucune commission. Cela revient aux artistes et à leur association ou bien aux organismes qu’ils représentent, c’est très bien pour l’IFC d’être associé avec la marque Ruinart d’abord, Ruin Art, je suis jaloux d’une telle appellation qui joint le savoir-faire à la française au domaine artistique africain qui est magnifié ce soir. » Dit Yann Lorvo.

« C’est une bonne initiative, je pense que pour un artiste qui joint son œuvre au domaine de l’éducation à la scolarisation des plus jeunes, c’est un projet qui est très important en Afrique lorsqu’on c’est que l’analphabétisme est très présent, c’est ce qui m’a marqué et je lui souhaite bon vent » précise Mariama à notre micro.

Qui est Alioum Moussa? 

Alioum Moussa, né en 1977 à Maroua (Cameroun), est infographiste et illustrateur de formation. Après avoir passé de nombreuses années à Douala, puis quelques temps à Niamey (Niger), il vit et travaille aujourd’hui à Yaoundé (Cameroun).

 

Artiste plasticien autodidacte, il s’exprime au travers de plusieurs médias : peinture en premier lieu, mais aussi assemblages d’objets, performances, installations, etc. Il expérimente également la scénographie théâtrale. Sa carrière débute en 1993, lorsqu’il gagne le prix du meilleur artisan camerounais au concours organisé par le Ministère du Commerce. Il se perfectionne au cours d’ateliers et résidences dans différentes parties du monde, notamment à IAAB (Bâle, Suisse) en 2006 et à l’« Université des Idées » de la Fondation Pistoletto (Biella, Italie) en 2010.

Lire aussi: [Culture] L’exorcisme identitaire à travers l’exposition « Logiques d’empreintes 2 »

Il travaille avec les matériaux qu’il trouve, que ce soit l’acrylique ou la boue. Ses dernières explorations reposent sur le recyclage du textile, tissu pagne ou vêtements en coton (T-shirt). En utilisant des vêtements de seconde main comme médium principal, Alioum Moussa prend position contre l’Afrique rebut du monde de la mode industrielle. « Le visage caché de cette friperie (…) traduit un peu le rapport entre l’occident et l’Afrique », dit-il. Son regard, rempli d’humour sur la personne humaine, a pris avec le temps une tournure de plus en plus politique, interrogeant la place de l’Afrique dans la globalisation.

Lire aussi: [Le Ruinart Festiv’Art 2021:le rendez-vous avec l’art contemporain Africain ]

Il est lauréat de « Visa pour la création » de l’AFAA/Culturesfrance en 2007. En 2010, il remporte le concours Illy et son design est retenu pour décorer des tasses à café de la marque

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