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[Littérature] Sanassy M’bemba Camara convoque l’imaginaire dans « Les contes de mon grand-père »

Préfacé par la critique littéraire Josée Meli, l’ouvrage d’une soixantaine de pages paru en Juin 2021 aux Éditions de Midi Yaoundé, est une porte du passé et d’un pont de l’avenir. Avec humour et grincements, Sanassy Mbemba Camara après son premier Roman, réveille furtivement les souvenirs de l’enfance africaine, enfermée entre légendes et enseignements subtils. 

Tout d’abord, le conte africain se définit par ses traditions, la plupart du temps oralisées et transmises de la sorte. Une forme de « littérature orale » regroupant à la fois énigmes, formules divinatoires, maximes, dictons, louanges et enfin les plus connus, les proverbes, fables et contes.

Ces genres de la littérature ont une grande importance sociale. Les proverbes et légendes sont bien souvent la source d’un conte et le conte africain est souvent l’illustration d’un proverbe. Dans ce receuil de 10 contes, l’écrivain de 21 ans originaire de Guinée, précisément dans la localité de Kankan, émet l’aspect collectif de la lecture des contes, la lecture est quant à elle très théâtralisée ici, l’émetteur fait vivre le texte ; la présence d’un auditoire est ainsi indispensable : on ne dit pas un conte pour soi, on ne conte pas sans public.

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Cette littérature orale impose une interaction entre l’émetteur et les récepteurs qui doivent manifester leur présence : créant une complicité entre les deux. Cela se ressent dans les propositions du « Garçon et les oeufs », ou encore « L’autruche », où il dénonce le mensonge de la hyène pour s’attirer les faveurs du Lion🦁. Mais ce qui est très intéressant dans cette offre c’est toujours la pointe d’humour. « Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible, il n’y a aucun lien de parenté qui existe entre L’autruche qui est un oiseau et le mammifère que je suis »(Page 21).

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L’amour ( « La fourmi et le roi Salomon »), la malice « Le chat et le petit lézard », La méfiance dans « Le chat pèlerin », la sagesse dans « Le pari du singe et du lièvre » sont autant de thèmes qui remontent à la surface pour le plus grand plaisir du lecteur.

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La littérature traditionnelle est aussi un enseignement. Comme la parole, elle engage la société. Elle est le porte-parole de la pensée et des valeurs collectives et remplit ainsi des fonctions pédagogiques, politiques, initiatiques. En mettant en scène les problèmes quotidiens, elle assure le maintien et la survie du groupe. Elle aborde des problèmes comme la hiérarchie, les conflits de générations, les problèmes liés à la polygamie, etc. Mettre en scène la vie quotidienne et ses drames a pour effet de réduire les tensions : elle s’apparente à la catharsis grecque.

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En mettant en scène la société, la littérature orale renseigne sur le milieu écologique, les habitudes, les structures, les croyances, la technologie de la société. Ce receuil de contes est une occasion en or, de renouer avec les lointaines croyances du continent noir tout en étant pédagogique. « Les contes de mon grand père » un livre de chevet indispensable.

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