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[Littérature] Jean Jacques Ayotta s’interroge sur la mort et la condition humaine dans « Les locataires du cimetière »

« L’écrivain est l’homme des absurdités illuminantes et des invocations mystérieuses brillantes(…) » mentionne l’auteur en page 19 de son Essai « Les locataires du cimetière, de la condition humaine tragique et de la réalité existentielle problématique ». L’épreuve de la mort et du deuil nous confrontent à une épreuve éthique qui teinte d’une douleur indélébile notre idée de la vérité. Les philosophes en témoignent comme c’est le cas avec notre auteur Jean Jacques Ayotta. Les options métaphysiques existent pour aborder l’impensable, cette peur inconsciente qui nous ronge. Plutôt que de l’ignorer, 4 parties réparties en 300 pages ouvrent des réflexions profondes à ce sujet.

 

En première de couverture, l’image est parlante: Des proches en vêtements sombres viennent rendre un dernier hommage à leurs disparus avec des fleurs devant leurs pierres tombales. Des lunettes pour cacher la douleur, les larmes, un oeil au dessus qui regarde sous forme de triangle, on dirait un protecteur suprême.

 

L’auteur a été inspiré par des émissions animées par Jean Materne Ndi, ancien Journaliste émérite à la CRTV, la télévision nationale. Les programmes « Solidarité » ou celui qui porte le nom de son ouvrage ont forgé son subconscient et sa vocation en quelque sorte un soir du 27 Novembre 1997.

Du latin mors, issu du grec thanatos. Cessation de la vie pour tous les êtres vivants, la mort a pour l’homme un statut problématique parce qu’il a conscience de sa propre mortalité. Pour les matérialistes (comme Épicure), elle est une dissolution définitive de l’être (dont la matérialité peut toutefois donner lieu à une autre vie en se recomposant, ce qu’on appelle la palingénésie). Pour les idéalistes, elle constitue un passage vers un au-delà, soit par transmigration de l’âme (position de Pythagore, de Platon), soit par résurrection du corps et de l’âme (position des penseurs juifs, chrétiens ou musulmans). Dans ces deux derniers cas, elle est souvent présentée comme une délivrance. Ainsi Socrate qui est mentionné dans l’ouvrage, se réjouit-il de mourir pour que son âme, libérée du corps, puisse contempler la vérité. Si Platon estime que « philosopher, c’est apprendre à mourir », Jean Jacques Ayotta pose des questions sur Dieu lui même, ou encore les liens entre l’Homme et la nature.

 

« Qui est Dieu? Cette question est elle bien posée? Tolérons l’indigence questionnale et avançons car la compréhension est à venir » (Page 121) 

 

« Avoir la foi, c’est monter la première marche, même quand on ne voit pas tout l’escalier » disait Martin Luther King. Dans cet ouvrage un certain nombre d’interrogations restent pertinentes au sujet de la foi du cœur qui est d’ailleurs mentionnée et la foi en esprit.

La conception de l’homme en tant qu’image de Dieu caractérise l’œuvre de Comenius. L’homme a été fait « à l’image de celui qui est depuis le commencement ». C’est de cette notion qu’il tire les principales caractéristiques qui constituent l’homme dans son humanité et les différentes directions dans lesquelles l’éducation devra développer l’enfant.

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Les principes de la pensée sociale de l’Église sont tous orientés vers le respect et la promotion de la dignité humaine et condition humaine. La dignité procède du fait que toute personne est créée à l’image de Dieu et qu’elle est appelée au salut. L’auteur va plus loin sur sa recherche: « l’Eglise peut elle emmener en enfer ou au paradis »? (Page 71).

Par ailleurs, à côté de la critique, mais en permanence sous son contrôle, l’Eglise assure aussi une fonction de développement d’un versant positif non pas tant fondé sur une (théologie) métaphysique, mais, ainsi que cela s’atteste durant la période patristique et se réouvre dans la modernité, notamment après la rupture épistémologique kantienne, une théologie fondée sur la révélation, c’est-à-dire la parole de Dieu.

Si Dieu paraît donc juridiquement intouchable, il n’est pas le seul membre de la sainte famille à avoir été inquiété par « la justice ». L’auteur convoque des procès contre Dieu, des questions multiples relatives aux souffrances ou aux non réponses au devant des Hommes.

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Enfin, il fait appel à une nouvelle forme de morale: L’Essethique. Aucune morale concrète n’apparaît comme particulière aussi longtemps qu’elle est simplement vécue et n’a pas besoin d’être défendue contre d’autres morales qui existent à côté d’elle et mettent, par leur existence même, en doute sa validité. Le problème naît, dans les situations caractérisées plus haut, là où aucun système ne réussit à s’isoler ou à éliminer tous les autres. Il fait référence à un question dont il essaie de connecter Morale, autonomie, hétéronomie, Theonomie. (page 287). Un ouvrage paru aux Éditions de Midi Yaoundé, que je vous recommande vivement !

 

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