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[Littérature] Boris Kiampi nous convie au voyage du futur dans « Chemins étoilés »

« Lorsque la paix tirera ses bras des ombres du trépas nous danserons! Des mêmes chansons clappant sur les tambours. Nous danserons le rythme de nos souvenirs sanglants » extrait de « Ma Colombe » en page 26 de ce receuil de 18 poèmes aussi incisifs les uns des autres. L’auteur brise complètement le mur de glace habituel dans un style d’écriture peu commun pour ce trésor de 77 pages.

La poésie scientifique. Une technique que je découvre à titre personnel au sein de l’ouvrage de Boris paru aux Éditions de Midi en 2020. Rédigé sur 18 poèmes entre 2016 et 2020, c’est un auteur éclectique que je remarque. En effet, d’emblée on est transporté dans un univers scientifique, corporel, spirituel à la limite. Il conte à travers « Eséka » par exemple, la catastrophe survenu en Octobre 2016 dans la dite ville suite à l’accident ferroviaire. Ce qui me surprend le plus, c’est l’utilisation parfois des termes médicaux qui font partie des titres ou des mots inclus dans ses poèmes. De « Acétylcholine », « Dopamine », « Monocytes », « Macrophage » j’ai d’abord cru à un environnement medico-criminel, avant de me rende compte que l’auteur en effet, transposait ces termes pour leur donner une dimension plus pertinente face aux lecteurs.

 

L’ouvrage retrace la crise Anglophone en cours dans nos régions du Nord-Ouest & Sud-Ouest (« Hommage aux soldats », « Le petit soldat ») la passionnante des liens entre la poésie et la science, qui est autant l’histoire d’une rencontre ou des amours (« Femme », « Dopamine », « J’aime ») ou des péripéties de paix « Ma colombe ».

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Par sa structure comme par le choix des textes, l’ouvrage insiste sur la diversité des liens entre la forme poétique et les réalités selon les civilisations : lien mythique et originel entre le poète et le savant, le Cameroun ou des mythologies grecques dans ses partielles évocations.

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Tout en mettant en avant les textes, l’ouvrage offre donc le résultat de recherches approfondies sur la question de la poésie et du savoir. La perspective diachronique est éclairante, et apporte de nouveaux éléments pour comprendre les grandes étapes de la séparation entre science et littérature. Fondée sur l’idéal du poète polymathe comme ce fut le cas à la Renaissance, la poésie « scientifique » trouve ses lettres de noblesse et ses grands défenseurs chez Ronsard, Scève, Belleau, du Bartas ou Peletier notamment. Boris lui, veut rompre avec la légèreté des textes et la monotonie comme le mentionne Pauline ONGONO dans son avant-poème. 

« Je suis Pandore, Le seigneur Rune, Je retourne à Orphée l’âme d’Eurydice Si vous êtes mauvais ange » extrait du poème Jardin d’À côté.

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La poésie scientifique, en tant que poésie, s’attache aux idées générales de la science, capables d’émotion, plus encore qu’aux faits eux-mêmes. Boris Kiampi a additionner de l’espoir, de l’amour, des valeurs maternelles dans une technique spéciale à lui pour ce receuil magnifique de poèmes. Coup d’essai ou coup de maître? Je dirai Coup de Prince!  La réponse se trouve dans la lecture de cette proposition littéraire disponible dans les villes du Cameroun et aux Éditions de Midi à Yaoundé. Bonne Lecture à vous!

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