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[OPINION] DERNIER COMBAT DE Thomas Tankou

DERNIER COMBAT

Par Thomas Tankou_________ La sortie de Tomaïno Ndam relativement au décès du Sultan roi des Bamouns est la preuve à suffire que l’affrontement UDC/RDPC ressurgit de plus belle dans le Noun. Alors même que l’heure a sonné pour le dernier round du duel fratricide entre deux princes Njoya.

Mbombo Njoya/Ndam Njoya, l’ultime round d’outre-tombe

Le ciel s’est assombri sur le royaume Bamou, dans son manteau qui forme une demie sphère. C’était le 27 septembre dernier avec la disparition de Sa Majesté Ibrahim Mbombo Njoya, le souverain de la dynastie de Share Yen. Le bûcher vient de s’éteindre après 29 années de flamme vive. Le de cujus rejoint ainsi à l’au-delà son oncle, Docteur Adamou Ndam Njoya qui a quitté cette vallée des larmes le 7 mars 2020. Le sultan s’était alors fendu d’un communiqué pour signifier l’amertume et la tristesse du peuple Bamoun. Dans un message empreint de compassion et d’éloges, commis le dimanche 9 mars 2020, jour de l’inhumation du président de l’UDC à Foumban, le monarque avait alors rendu en son nom propre et au nom du peuple Bamoun un vibrant témoignage post-mortem à celui qui fut par ailleurs son oncle.

Un extrait du message du Sultan des Bamouns à l’annonce du décès du Dr Ndam Njoya…

« Notre famille est amputée d’une de ses figures emblématiques », écrivait-il en exprimant la douleur qui s’est emparée de l’ensemble de la communauté, le sultan avait alors indiqué que le «Noun pleure un de ses nobles fils et porte-étendard».

Avant d’ajouter : «Nous ne partagions souvent pas les mêmes points de vue dans certains domaines, ce qui est tout à fait naturel dans une société. Toutefois, le Malheur qui nous frappe nous rassemble au-delà des clivages partisans, au-delà des différends, propres à toutes les grandes familles. En effet le défunt aura contribué efficacement à la mise en place des institutions démocratiques de notre pays», conclura le monarque.

Rappelons ici que l’Udc est la principale force politique du Noun qui depuis le retour du multipartisme au Cameroun, réussit toujours à dominer le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), le parti d’Ibrahim Mbombo Njoya dans ce département.

Le comportement peu élégant du maire Tomaïno Ndam Njoya…

Tomaino Ndam Nyoya n’a pas rendu hommage particulier au défunt, ni à titre personnel encore moins au nom de l’institution dont elle a la charge. Bien au contraire, elle a été très dure dans ses propos envers le de cujus.

« L’institution culturelle traditionnelle séculaire des Bamoun vient de traverser un autre pan important de sa riche histoire : une histoire que nous connaissons tous, unique, glorieuse, remontant au XIVe siècle, d’une dynastie de Rois Guerriers, bâtisseurs, inventeurs. .. que l’arrivée des Occidentaux au début du XXe siècle, avec une organisation politique et administrative différente, avait sonné le glas. Le roi Njoya a quitté ce monde alors qu’il était en exil à Yaoundé », sérine-t-elle. Avant de préciser que seules les règles publiées par l’Etat sont contraignantes. Selon elle, rien n’oblige la population à se soumettre aux valeurs traditionnelles.

« Chers peuples, tout le monde est interpellé : alors que l’autorité de l’État nous oblige, l’adhésion aux valeurs traditionnelles ou aux autorités de la république est volontaire. La voie à suivre est l’égalité de tous devant la loi, le respect des droits de l’homme, rassurons-nous que nous sommes bien inscrits en tant qu’acteurs de la reconstruction du patrimoine de demain », a-t-elle déclaré dans son message.

Duel d’outre-tombe en perspective…

Comme nous le rappelle les rimes croisées ci-dessous extraites des contes d’Amadou Koumba de Birago Diop, le peuple Bantou a une autre perception de la mort différente de celle qui a pris bateaux et avions pour s’imposer à nos peuples.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :

Ils sont dans l’ombre qui s’éclaire

Et dans l’ombre qui s’épaissit.

Les morts ne sont pas sous la terre :

Ils sont dans l’arbre qui frémit,

Ils sont dans le bois qui gémit,

Ils sont dans l’eau qui coule,

Ils sont dans l’eau qui dort,

Ils sont dans la case, ils sont dans la foule :

Les morts ne sont pas morts.

Birago Diop, « Les Souffles », Les Contes

d’Amadou Koumba

(Paris, Présence Africaine)

Fort de cette conviction du poète sénégalais, il est fort à parier que l’ultime combat entre les deux fils de Share Yen dans l’au-delà, continuera d’être plus intrépide pour ces princes qui, pendant leur asile terrestre auront été toujours d’accord sur leurs divergences de point de vue, surtout en ce qui concerne les problèmes politiques, et pas seulement. Vivement que dans la béatitude éternelle, les titans apaisent les cœurs de ceux qu’ils ont laissés sur le ring derrière eux.

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