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[Littérature] Le Quotidien controversé d’enfants raconté dans l’ouvrage « Chérubins & Bretteurs »

De l’Afrique en passant par l’Inde ou encore l’Europe, Fritz Bell a bien voulu peindre des réalités non augmentées vécues par des enfants. En 10 nouvelles, l’écrivain dessine l’environnement dans lequel baigne parfois ces êtres innocents de prime, qui se terminent parfois en drame, en infractions, face à un monde où l’enrichissement compulsif est devenu le maître-mot pour pouvoir s’en sortir. L’auteur nous invite au voyage, entre cultures surréalistes, et tyrannies des mondes en 162 pages.

L’atrocité de la guerre dans « ou enfant, ou soldat »

L’ouvrage s’ouvre avec une nouvelle assez morose. Une réalité bien connue à l’époque en Sierra-Leone, plus précisément dans les broussailles lointaines à Freetown la capitale actuelle: les enfants soldats. Un Journaliste canadien du nom de Bryan Turner qui malgré les conseils et avertissements de ses collègues, va dépasser sa peur pour tenter d’obtenir un reportage exclusif, avec pour seules armes: carnet de notes, appareils photographiques. Un geste qui a mis sa vie peser dans une balance en étant menacé par deux enfants soldats: Bob Lawson sur qui il est tombé la première fois kalachnikov à la main, puis Rody le chef de cette unité militaire qui le défendra au gré des circonstances contre un responsable hiérarchique : Nnamdi. Une cruauté savamment vécue dans les années 1990 avec les guerres fratricides en territoire Sierra-Léonais.

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La guerre civile qui a déchiré la Sierra Leone depuis 1991 est un exemple particulièrement éclairant des relations entre les conflits dans le tiers monde et la consommation de drogues qu’ils génèrent. Dans ce cas précis, des enfants sont en outre concernés.

Durant les conflits, toutes les forces en présence ont recruté des enfants-soldats à partir de l’âge de huit ans. Après une formation militaire d’une semaine à six mois, ils étaient employés comme gardes du corps, cuisiniers, sentinelles, ou envoyés au front. Un certain nombre d’entre eux se sont engagés après le massacre de leur famille et étaient animés par un désir de vengeance. Dans le but de les rendre inconscients du danger, ces enfants ont été systématiquement drogués par leur chef, qui ont employé par cela la marihuana, les psychotropes et même parfois l’héroïne. A défaut de ces drogues « classiques », les enfant soldats consommaient la poudre extraite des balles dissoute dans du thé ou de la bière.

2-L’amitié au delà du choc des civilisations

Le conflit israélo-palestinien existe depuis plus de 100 ans déjà, avec des annexions, colonisations, et conflits sous forme parfois de chantage religieux, quand on sait parfois que la bande de Gaza et le Temple de Jérusalem se retrouvent au centre de fermetures, interdictions de déplacements. Dans un contexte de « peuples enemis », deux jeunes filles de 9 ans chacune, vont se lier d’amitié par la magie des réseaux sociaux. Il s’agit de Fahmya une arabe(musulmane) de Gaza, et Iliana, une juive. Une amitié qui se verra étreinte à rude épreuve avec le décès de SAMIR, frère de Fahmya lors d’un contrôle des forces armées israéliennes. Décédé à la fleur de l’âge, Iliana sera au courant par l’entremise du hasard, des circonstances exactes du décès du frère de son amie. Une amitié interdite, secrète, pendant plusieurs mois, au regard des conflits et préjugés culturels. Un quotidien que ne devrait vivre aucun enfant dans le monde. Iliana va en vouloir terriblement à son frère Hillel. « Amies, malgré tout » est un testament de l’avenir.

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3-Le drame d’une vie de star dans « Top model »(page 43)

À seulement 11 ans, Vanessa Polansky va être au centre des projecteurs, à la Une des magazines tendances, des shooting photos, coiffures, apparaissant dans des spectacles, régimes sur mesures, activités sportives et vie à 100km/h. Une réalité que veut vivre tout mortel, mais pour un enfant vivant celle d’un adulte, cela va lui être fatal. Michèle Boulanger, sa mère qui avait des années auparavant mis entre parenthèses sa carrière va se réjouir de celle de son enfant. Malgré les conseils de son grand père à Michèle, les tournées vont s’enchaîner pour l’irréparable.

4-La mort en silence au sein des mines africaines (page 75)

Après le décès de son père Kuwanza Bululu, le fils seulement âgé de 13 ans, Malenge va être héritier de l’horreur et de la souffrance pour subvenir aux besoins de la famille. Au prix de sa vie, le coltan qui quelques semaines avant avait emporté son père dans la tombe. Rubengo, cette ville est le dessin vécu dans de nombreuses campagnes de la République Démocratique du Congo (RDC) centre d’enormes gisements miniers au monde. Si le petit frère Kakuyu viendra comme un messie pour ces neuveus, la réalité sera d’abord brutale pendant près de 3 mois, pour une promesse de non retour qui porte le nom « Le supplice du tantale » ce minerai extrait du coltan avec lequel les Smartphones sont fabriqués dans le monde.

Si ces nouvelles traduisent les frontières culturelles et interrogent sur les droits des enfants à des meilleures conditions de vie, il s’agit d’un ouvrage-leçon qui doit trouver place dans votre bibliothèque. « Vive les mariés » par exemple, revient sur le mariage d’un jeune couple d’enfants de 4 ans (femme et hommes), en Inde richissement pourvu en pratiques singulières traditionnelles et mystiques, ou encore « Habsatou » qui se fait enlevée très jeune, pour être transformée en kamikaze potentielle après une vie de débauche forcée, de drogues et d’endoctrinement nauséabond. Des parallèles retrouvées dans des groupes extrémistes et meurtriers à l’instar de Boko Haram dans la zone saharienne. « La roulette russe » qui s’apesanti sur les villages de Voulga, Birawa, ou des enfants sont assassinés par pur plaisir d’un commandant révolutionnaire et torsionnaire, avec à la clé une fin sanglante d’une jeune femme de 23 ans éprise de vengeance: Imelda. Des difficultés rencontrées, face à des enfants qui méritent une vie épanouie, c’est une plume pleine de sensibilité qui dénonce ces environnements hostiles. Pédagogue et ingénieur, l’auteur a voulu allier la justesse des mots à la profondeur émotionnelle et pédagogique de nos sociétés de plus en plus fractionnées et incomprises. Des réponses qui se trouvent dans la nature humaine. « Chérubins & Bretteurs » met les hommes face à leurs responsabilités.

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