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[Littérature] Gabriel Akoa Mbarga porte un regard transversal sur le corps humain

Dans son nouvel essai « Le corps humain et ses symboles » paru aux Éditions de Midi, l’auteur nous fait voyager dans l’univers de la symbologie, en rapport avec le corps des êtres vivants que nous sommes. Entre transfiguration textuelle, néologisme spirituel, l’ouvrage est un appel à la considération naturelle et extranaturelle de notre corps, dans une posture de choc des civilisations.

 

Entre image mentale, instinct, et système symbolique soumis en interprétation (Page 10), le chercheur en Anthropologie africaine pose un prolégomène pour une meilleure compréhension du corps humain. Il fait aussi fi que de nombreuses expressions utilisées correspondent aux parties du corps. (Avoir le cœur à la bouche, casser les pieds de quelqu’un, une grosse tête, mettre les pieds dans le plat, la langue de bois etc….) Une existence consacrée à travers des caractères imagés, de circonlocutions, paronymes ou pour briser des stéréotypes de type « les femmes sont le sexe faible », ou encore « un garçon ne pleure pas », « les sportifs ne sont pas très intelligents » entre autres.

Entre langage et conformisme 

Le corps humain est la structure culturelle et physique du corps d’un être humain. Le corps humain est constitué de plusieurs systèmes (nerveux, digestif, etc. ), ainsi que de 206 os et 639 muscles dont 570 sont des muscles squelettiques.

De plus, le corps humain est analysé dans sa structure intérieure par le biais d’un regard qui force ses confins et construit un nouvel espace de pertinence pour la définition de sa visibilité. Ce qui était caché, enfoui dans la profondeur anatomique et auparavant considéré comme matériellement insaisissable, devient l’objet d’une réflexion à la fois philosophique et scientifique qui passe par la notion de forme. La fragmentation anatomique devient le matériel expressif d’un discours et d’une image qui affirment l’existence du concept même de corps, et cela dans l’énonciation d’une double problématique : l’affirmation du corps en tant que réalité sensible et de la possibilité de décrire visuellement sa structure anatomique. (Page 25 à 29 de l’ouvrage)

L’auteure, qui est d’ailleurs Prêtre au Diocèse de Mbalmayo( Nyong et So’o région du Centre) fait savoir que presque toutes les parties de notre corps sont liées à des expressions courantes de la vie quotidienne, qu’il s’agisse de notre nez, bouche, seins, moelle, le visage, le cerveau, le pied notamment pour ne citer que ceux là. Entre l’enrichissement de vocabulaire pour de nombreux profanes, c’est une subtile déclinaison de l’auteure qui éveille le sens d’accorder importance première et protection à notre charnière naturelle. (A corps perdu, manger des yeux, avoir un chat dans la gorge, avoir les dents agacés, avoir le gros cou, etc …Page 70 à 79)

 

La dimension spirituelle

Dans notre monde productiviste où l’économie de marché est reine, l’homme est souvent considéré selon ses performances physiques ou intellectuelles. Or l’anthropologie fondamentale nous démontre que l’humain ne peut se réduire à ces deux dimensions, corps et âme (au sens de mental). C’est d’ailleurs ainsi que l’anthropologue comprend « l’enseignement fondamental du Christ », et notamment ces paroles de Jésus à Nicodème : « Personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3, 5).

Cette dimension spirituelle concerne le désir de l’être humain de trouver du sens à son existence, d’approfondir sa capacité à aimer, à vivre des relations en vérité et s’il est est croyant, de vivre selon la tradition qui lui est propre. De reconsidérer son corps en rapport avec les acquis immatériels de nos savoirs patrimoniaux est l’excellent conseil donné en postface par BINGONO BINGONO, dans cet ouvrage magnifique de 122 pages.

Par conséquent, l’être humain étant un être de communication, cette transformation progressive se fait par la convocation d’autrui ou avec son aide: l’existence humaine s’inscrit dans un devenir, mais son dynamisme est lié à la reconsidération du corps humain. 

 

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