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[The Voice Afrique Francophone] L’étrange invisibilité des gagnants

Depuis la diffusion du premier épisode le 15 Octobre 2016, le telecrochet musical adapté par John De Mol pour l’Afrique francophone a connu une vie en dents de scies. Si la Covid19 demeure le principal bémol de la dernière saison qui s’est achevée le 24 avril 2021, on ne peut pas dire autant pour les gagnants de la prestigieuse compétition depuis 5 ans. Il y trotte de multiples interrogations sur la quasi absence des vainqueurs dont la vie musicale est littéralement effacée, de Pamela Baketana à Victoire Baku. Décryptage.

Le principe du programme 

L’émission voit défiler plusieurs candidats qui débutent leur parcours par les auditions à l’aveugle pour choisir un coach (membre du jury) qui l’aidera à, s’il en a l’occasion, gagner la saison. Le candidat devra affronter ses adversaires dans l’équipe du même coach lors de battles et d’épreuves ultimes pour arriver aux GrandShows (prime en direct) où le public donne son avis sur les prestations en direct. Pour ses trois premières saisons de The Voice, on a eu droit à 8 coachs à savoir: Lokua Kanza, Asalfo de Magic System, Hiro, Nanyacka Bell, Charlotte Dipanda, Josey, Singuila et enfin le rappeur français d’origine congolaise Youssoupha.

 

Les coachs et le public se sont ils trompés dans leurs choix? 

Pour la première saison, Pamela Baketana (Saison 1) de l’Equipe Lokua Kanza est sortie vainqueur tandis que Victoire Biaku (Saison 2) pour l’Equipe Charlotte Dipanda + Josey. Lady Shine (Saison 3, la dernière) Equipe Nayanka + Youssoupha a été largement plébiscitée par les coachs et le public.

 

Sachant que les épreuves premières sont largement le résultat des choix des coachs, je constate personnellement que les critères de sélection de ces derniers, ont été plus subjectifs qu’objectifs. On dira, il faut un vainqueur. Mais faut il de faux vainqueurs? Dans le cadre de la saison 1, j’ai vu défiler de nombreux participants au potentiel énorme tel les camerounaises Daniela Ahanda (Ancienne Choeur d’Angélique Kidjo), Frédérique Ottou (qui compte un EP Mi chemin en 2021), Lesline ou encore Marie-Love de l’équipe Charlotte Dipanda, Verushka d’ailleurs voix puissante, Demi-finaliste The Voice France 2020.

La saison 2 se déroule du  au  avec les mêmes membres du jury. Cette deuxième saison voit la victoire de la togolaise Victoire Biaku face au camerounais Fulbert, (dont la carrière est bien amorcée au Cameroun) de l’ équipe du coach Josey (ex équipe de Charlotte Dipanda). Cependant, ce que l’on constate c’est une immersion incompréhensible des vainqueurs du programme.

Les gagnants maudits? 

Victoire Biaku est une compositrice et interprète togolaise qui prend goût à la musique dès son enfance, en écoutant les artistes en vogue sur la scène du rnb au début des années 2000. La chanteuse évolue actuellement dans un registre parsemée qu’est la world music. Entre les mailles et projet temporaire, elle a dévoilé le 14 mai 2021 la sortie d’un nouveau single baptisé « Dé Afo ».

La lauréate de la première édition du concours musical annonçait en 2017 qu’elle allait à Abidjan pour l’enregistrement de son album. Pamela Baketana, la jeune congolaise qui avait pourtant su  se démarquer tout au long de ce concours en face de redoutables adversaires.
Le grand prix du concours étant la production d’un album avec le label musical Universal Music, la chanteuse n’est jamais ressortie avec un projet abouti.

Dans une interview effectuée à l’époque par nos confrères de musicinafrica, la jeune chanteuse précisait l’immense changement qu’avait apporté dans sa vie cette participation à The Voice : « The Voice a changé toute ma vie ! Aujourd’hui avec cette victoire je suis reconnue. Au pays, et je suppose à travers l’Afrique je suis un modèle et une source d’inspiration pour beaucoup, je sens vraiment le poids de la responsabilité que je porte désormais. J’ai acquis une nouvelle expérience professionnelle du fait de la proximité avec les coachs que je rêvais de rencontrer et avec qui je désirais tant chanter un jour ».

Lady Shine pourra t’elle faire exception ? 

Les lampions se sont éteints sur la troisième saison de The Voice Afrique francophone le 1er Mai. A l’issue de la finale qui a eu lieu le  à Abidjan, la Burkinabè, Lady Shine, Augustine Naon à l’état civil, a décroché le gros lot de cette compétition de chant d’envergure continentale diffusée sur Vox Africa et sur plusieurs chaines de télé africaines. Unique représentante du Burkina Faso à ce télé-crochet, la lauréate est repartie avec un trophée et la coquette somme de 10 millions F CFA. Outre ces prix, la grande maison de production Universal Music Africa produira, pour la jeune chanteuse, un single et un clip vidéo, comme pour les deux premières.

Opposée à trois autres finalistes (Foganne, Carina Sen et Gyovanni), elle a séduit, par sa brillante interprétation de la chanson, «Death Society» de l’artiste ivoirienne Meiway et un duo avec Bailly Spinto sur l’un de ses classiques, «A Nouhoume», le jury et un large public. Ainsi, grâce à un important soutien (fans, mélomanes, influenceurs, acteurs du Showbiz et journalistes culturels) et un talent indéniable, Lady Shine, première Burkinabè à se retrouver sur la plus haute marche du podium de ce concours.

Agée de 28 ans, Lady Shine a commencé à chanter à l’âge de 9 ans, dans une chorale en Côte d’Ivoire, pays où elle a vu le jour. A son arrivée au Burkina Faso, elle participe en 2011 à son tout-premier concours, « Faso Academy », où elle terminera quatrième de la compétition. Ambitieuse, et déterminée à faire connaître son talent, elle prend part, en 2014, au concours « Karaoké Ouaga Fm », dont elle sera la lauréate. En 2015, elle se retrouve à la deuxième place du concours «Karaoké love ». En 2019, Lady Shine est finaliste à la compétition, «Sing La Perle».

Qu’il s’agisse d’un chanteur pop, d’un grand groupe mythique ou de choristes, vous devez ressentir des émotions. La musique est un connecteur émotionnel unique.
Qu’il s’agisse d’un trio de jazz ou d’un orchestre symphonique, vous avez découvert la magie du cocktail « maîtrise individuelle + cohésion du groupe ». Cette alchimie résulte à la fois de la maturité émotionnelle et de la  compétence technique de chacun. Pour un même objectif, offrir de la belle musique. Un travail minutieux, exaltant, et qui demande de grandes qualités d’écoute, de culture commune, de leadership, de délégation…
Finalement des qualités que l’on mobilise dans toute activité professionnelle.

L’individu ou l’équipe  efficace allie performance intellectuelle et écoute de ses émotions. Pour le cas de The Voice Afrique, aucun indicateur ne permet encore de sortir de l’ombre vers la lumière, ce qui est à la fois dommage et dangereux.

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