SOCIETE

[Région de l’Ouest – Galim] Psychose chez les habitants de Menfoung après l’attaque séparatiste

Le 29 avril dernier, le poste militaire avancé de Menfoung, localité située dans l’arrondissement de Galim, département des Bamboutos a été attaqué par une bande armée aux environs de 23 heures. Le bilan officiel fait état de 4 militaires tués et un grièvement blessé. Les séparatistes ont revendiqué cette attaque à travers une vidéo amateur relayée sur les réseaux sociaux. Comme pour s’en féliciter, le narrateur de cette vidéo promène son objectif sur une dizaine d’armes lourdes et légères emportées après l’affront. D’après l’auteur qui s’exprime en pidgin, cette attaque est une riposte à l’assaut mené le 29 Septembre 2020 par l’armée dans leur fief dans le département du Ngo-Ketunjia.

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Quelques jours après cette attaque du poste militaire avancé de Menfoung, la situation reste tendue. Les séparatistes essayent de traverser d’après nos sources pour récupérer les trois corps des leurs tombés lors des affrontements de la nuit de Jeudi. Pour les repousser, l’armée procède à des tirs de sommation. Les populations qui vivent essentiellement de l’agriculture sont prises de panique et ne peuvent plus se rendre au champ en toute quiétude. « C’est la peur qui nous habite. Vous savez les maïs ont déjà pris assez de taille et nous ne nous sentons pas vraiment en sécurité pour aller cultiver. Tout le monde est à la maison depuis quelques jours. Et si cette situation perdure, les plantations risques être non productives » nous confie une source.

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Autorités absentes

Au lendemain de cette attaque, François Etapa, préfet du département des Bamboutos, avait présidé dans la ville de Galim (située à 18 km de Menfoung) une réunion de crise avec les autorités traditionnelles et administratives. Le même jour, le gouverneur de la région de l’Ouest Awa Fonka Augustine et tout son état-major s’étaient rendus à l’hôpital régional de Bafoussam où le militaire grièvement blessé avait été transporté pour des soins intensifs. Mais aucune de ces autorités n’est descendue sur les lieux de l’attaque. Le maire de la commune de Galim pourtant annoncé samedi n’est finalement pas arrivé. « Les populations ont été informées que Saker [Maire de la commune Ndlr] arrivait samedi pour réconforter les hommes en tenue et rassurer les populations. Les militaires nous avaient même sollicités pour le nettoyage du camp en attendant l’arrivée de l’édile. On l’a fait et on est même resté là toute la journée mais il n’est pas venu », relate un habitant de la localité joint au téléphone.

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Attaque répétée

L’attaque du 29 Avril n’est pas la première du genre visant les éléments du poste militaire avancé de Menfoung. Le 26 Mars dernier les séparatistes avaient également tendu une embuscade aux militaires de ce poste en posant deux bombes à côté du Lycée de Bafanji, plus précisément au lieu-dit « three conners ». Le bilan de ce guet-apens faisait état de deux blessés côté armée républicaine. En rappel, le poste militaire avancé de Menfoung a été mis sur pied en 2020 après les attaques de la gendarmerie et du commissariat de Galim qui avaient fait 9 morts (dont cinq hommes en tenue et quatre civils) le 08 Mars 2020

Yanick BEZANG

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