SOCIETE

[OPINION] Pierre Laverdure Ombang « Le journalisme est plus que jamais et au regard de la situation qui prévaut, un métier dangereux au Cameroun »

Cameroun : seul le journalisme peut sauver le journalisme.

Ma modeste contribution à l’occasion de la liberté de la presse.

Des journalistes camerounais sont victimes des cas de menace à la liberté d’exercice de leur métier. A cela s’ajoutent des actes d’intimidation. Du coup, la liberté de la presse reste un sujet préoccupant, ce qu’admet difficilement le gouvernement.

Le Cameroun compte plus de 600 organes de presse écrite, près de 200 stations de radio et une trentaine de chaînes de télévision. Mais cette floraison médiatique n’est pas forcément synonyme de liberté de la presse, selon de nombreux journalistes.

Au Cameroun, de nombreux journalistes dénoncent les menaces des autorités. Des exemples sont légions en cette année de 2021 et dont le cas le plus récent sont les violences physiques perpétrées à l’encontre d’une équipe de reportage de canal 2 International par les agents de la  » police municipale  » de la commune d’arrondissement de Yaoundé 5 ème et fortement soutenue par le premier magistrat de cette localité .

ll y’a quelques années encore, c’est le ministre de la Justice qui convoquait un journaliste pour lui dire d’  » arrêter de traiter des affaires judiciaires dans le journal », confiait Christophe Bobiokono qui dirige le journal Kalara, spécialisé dans les affaires judiciaires.

  • Le journalisme est plus que jamais et au regard de la situation qui prévaut, désormais un métier dangereux au Cameroun. Le pays qui poursuit sa longue marche arrière en matière de liberté de la presse et fait désormais partie des pays les plus dangereux pour l’exercice du journalisme sur le continent.

Le nombre pléthorique d’organes de presse souvent mis en avant par les autorités ne suffit pas à assurer un environnement favorable aux médias, et il n’est pas rare que les journalistes subissent détentions arbitraires et poursuites, notamment devant des tribunaux militaires ou des juridictions spéciales.

Alors qu’il est emprisonné sans avoir été jugé depuis août dernier, Emmanuel Mbombog Mbog Matip croupit dans les geôles du pays en dehors de toute procédure légale. Reporters sans frontières (RSF) dénonce une nouvelle détention arbitraire et demande sa libération.

Arrestation violente, détention provisoire arbitraire ayant déjà expirée, traduction devant une Cour militaire… Le traitement infligé à ce journaliste est indigne, dénonce le responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger. La prolongation de sa détention en dehors de toute procédure légale est clairement motivée par la volonté de l’empêcher de poursuivre son travail d’investigation. RSF demande sa libération immédiate. »

Et comme lui de nombreux journalistes subissent des menaces de tout genre au Cameroun qu’elles soient physiques ou psychologiques.Mais il faut résister et mieux , penser le journalisme de demain .

Une autre voie pour le journalisme de demain…

Il existe pourtant une autre voie pour le journalisme de demain : celle qui consiste précisément à imposer sa différence et sa singularité. À l’univers où tout se dit – c’est-à-dire le vrai et le faux, la rumeur et le fait –, au monde où rien ne se distingue – public et privé, information et intoxication –, la « marque » journalistique, qu’elle soit de presse écrite, de radio ou de télé, ou même qu’elle soit une marque internet pure, peut choisir d’opposer l’information validée, contrôlée, vérifiée.

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Elle peut choisir de poursuivre l’exigence d’investigation croisée qui fait sa marque de fabrique, de continuer à gêner le pouvoir non en disant n’importe quoi mais en exigeant la vérité et en contrant les effets de propagande. Elle peut choisir d’opposer aux discussions de café du commerce la force des signatures, la rigueur du débat scientifique. Bref, seul le journalisme peut sauver le journalisme.

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Pierre Laverdure OMBANG

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