SOCIETE

[Médias] L’ONG Mandela Center condamné le reportage haineux de Vision 4 et interpelle les autorités

Dans un communiqué officiel signé de ce 20 avril 2021, l’ONG est revenu sur le reportage incendiaire de la chaîne de Nsam vis à vis du journaliste JP Rémy Ngono installé en France. Nous vous en proposons la teneur.

 

Que Mandela Center International a suivi, avec effroi et consternation, le
journal télévisé de 20h du lundi 19 avril 2021 de la chaine de télévision privée basée à Yaoundé, Vision 4, au cours duquel un certain journaliste, Raoul Christophe BIA, foulant au pied tous les principes élémentaires en journalisme, a produit un reportage choquant et révoltant avec des propos d’une extrême
gravité qui suscitent des indignations au sein de l’opinion nationale et internationale ;

2. Qu’il s’agit d’un grand reportage de 3mn53s qui tourne en boucle sur les réseaux, sur le sieur J. Rémy Ngono, journaliste animateur sportif et animateur de radio camerounais qui vit en France, journaliste sportif /Chroniqueur sportif dans l’émission Radio Foot Internationale à RFI, dans lequel Raoul Christophe BIA s’est rendu dans son village à Ekoumdoum, dans l’arrondissement d’Akono, département de la Mefou et Akono, pour rencontrer les
oncles imaginaires de M. Ngono qui vont mettre en doute son orientation sexuelle;

3. Que le « reporter » choisi délibérément par la chaine de télévision pour cette
sale besogne s’est versé, éhontément, dans les attaques ad hominem ou adpersonam, comparant clairement J. Rémy Ngono à un singe, « (…) zéro comme
un homme (…)», « (…) devenu journaliste parce que la nature a horreur du vide
(…) » ou encore « (…) seul patrimoine dans son village cette vielle chaussure restée poser ici qui l’emmenait régulièrement au champ (…) » ;

4. Que dans la journée de ce 19 avril 2021, au cours d’une émission à grande écoute «Tour d’Horizon » diffusée de lundi à vendredi de 10h30 à 12h sur la même chaine de télévision « Vision 4 », le journaliste Raoul Christophe BIA, en compagnie de ses collègues dont un certain Bruno Bidjang, Rédacteur En chef Adjoint numéro 2 à Vision 4, ont tenu des propos gravissimes, vexatoires et diffamatoires à l’endroit de Sieur J. Remy Ngono pendant la deuxième moitié de l’émission qui a duré une trentaine de minutes ;

5. Que Mandela Center International est en mesure d’affirmer, sans le moindre doute, eu égard aux éléments en sa possession, qu’il s’agit d’un lynchage médiatique commandé directement par la hiérarchie de cette chaine de Télévision dans le cadre d’une guerre sans merci que se livrent les deux frères du clan Ekang Beti, du département de la Mefou et Akono, Jean Pierre AMOUGOU BELINGA,
patron du Groupe l’Anecdote, propriétaire de Vision 4 TV et J. Remy NGONO, depuis quelques années par médias interposés ;

6. Que ce lynchage médiatique fait suite aux élucubrations du journal
L’Indépendant qui a titré à sa Une, « Homosexualité, double vie de Rémy
Ngono » dans lequel le journal fait des révélations choquantes sur la vie sexuelle du journaliste « Depuis le 31 mars dernier, la toile est inondée du piteux sort de J. Point
Remy Ngono et des conséquences pitoyables de l’activité sexuelle qu’il mène volontairement ou par dépit (…) ’’ ;

7. Que Mandela Center International affirme que Vision 4 est coutumière de cette forfaiture honteuse et de bas étage pour avoir parlé, entre autres dérapages, de la « dératisation » de la communauté anglophone, en référence à l’action du Gouvernement camerounais à la suite des revendications violentes dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun ou encore un reportage vidéo tournée par cette chaîne de télévision pour le cas de Vincent Sosthène Fouda par un certain journaliste Sidoine Monkam, il y a quelques années;

8. Qu’il s’agit, pour le cas de J. Remy NGONO, d’un reportage immonde,
révoltant, choquant, ignoble et contraire aux valeurs du journalisme, en télévision surtout ;

9. Que ce type du Bashing Journalism ou du journalisme à charge ou à gage que laissent prospérer ou se nourrissent les autorités camerounaises, n’a pour but que le règlement de compte et constitue une pratique fétide et nauséabonde pour le plus beau métier du monde ;

10. Que ces propos, d’une inqualifiable gravité, sont contraires au Code de déontologie des journalistes qui stipule clairement que : « Le Journaliste exerce
une grande vigilance face à ce qui pourrait provoquer des réactions tribalistes, racistes, sexistes, homophobes, etc », « Aucun intérêt particulier, aucune influence
extérieure, qu’elle soit économique ou politique, ne peut déterminer la position éditoriale du journal ni modifier la hiérarchie des informations décidée. Le journaliste ne sert aucun intérêt autre que l’intérêt public »;

11. Que les Canons et fourches caudines de ce beau métier de Théophraste Renaudot qu’est le journalisme continuent malheureusement d’être mis à rude
épreuve, depuis quelques années, dans la chaine de télévision Vision 4 dirigée par un certain Jean Jacques ZE;

 

Lire aussi: Réseaux sociaux: L’amplificateur du discours haineux au Cameroun

12. Qu’il s’agit là clairement d’un appel à la haine et à la déstructuration sociale
comme ce fut le cas en 1994 avec la radio des « Mille Collines » au Rwanda,Vaux conséquences incommensurables ;

Lire aussi: Média: Vision4 déclare la guerre à Equinoxe télévision.

13. Que cette chaine de télévision s’illustre, depuis sa création, par des scandales d’une extrême gravité qui portent sérieusement atteinte aux droits de l’homme et à la dignité humaine et qui sont contraires au Code de déontologie des journalistes
qui stipule clairement que : «Le journaliste reconnaît que la défense du droit à l’information ne l’autorise pas à attenter aux autres droits des citoyens. Il s’engage à
respecter les principes et les règles établis dans le Code de Déontologie

14. Que Mandela Center International rappelle à l’opinion que la notion de dignité de la personne humaine, en droit international des droits de l’homme, a été introduite dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 qui reconnaît que tous les êtres humains possèdent une « dignité inhérente » (Préambule) et qu’ils « naissent libres et égaux en droits et en dignité » (article 1er) ;

15. Que dans le concert des droits de l’homme, la dignité désigne aussi une attitude de respect de soi, caractérisée par la gravité, la réserve, la noblesse
des sentiments, la fierté et est inspirée par un désir de respectabilité et traduit
le sentiment que la personne a de sa propre valeur ;

16. Qu’en droit international des droits de l’homme, le principe de dignité interdit alors de réifier l’être humain en l’utilisant comme une chose, c’est-à-dire en
l’aliénant à une autre fin que lui-même ;

Lire aussi: Médias: Amougou Belinga vire Jean Jacques Ze de son poste de DGA de Vision 4

17. Que le respect de la dignité des personnes nécessite cependant aux
professionnels du social et de la communication de connaître les principes de la dignité et les situations ; de concilier l’intimité, la confidentialité et le respect dans
son travail ; de transmettre ses règles à tous les professionnels de la communication sociale ;

18. Que Vision 4 continue malheureusement, en toute impunité, de piétiner les
«droits fondamentaux » de l’homme reconnus par la Loi n°96/06 du 18
janvier 1996 portant Constitution, la Loi n°90/052 du 19 décembre 1990
relative à la liberté de communication sociale modifiée et complétée par la loi n°
96/04 du 4 janvier 1996 et tous les textes internationaux relatifs aux droits de
l’Homme ratifiés par le Cameroun dont les articles 17 et 19 et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, les articles 18 et 20 du Pacte international relatif aux Droits Civils et Politiques de 1976, les articles 14, 17 et 28 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ou Charte de Banjul de 1981… ;

19. Que l’Etat du Cameroun ne saurait aucunement se réfugier derrière la tolérance
administrative pourtant encadrée par tous les instruments juridiques internationaux
ratifiés par le Gouvernement camerounais ;

20. Qu’en tant qu’Etat-partie à ces textes internationaux contraignants, l’Etat du Cameroun est IMPERATIVEMENT tenu d’en respecter les droits y contenus et d’exercer les diligences nécessaires pour prévenir et réprimer les violations de ces
droits ;

21. Que la responsabilité de tous ces faits est ainsi CLAIREMENT attribuée à l’Etat du Cameroun en vertu du droit international, au terme des articles 4 et suivants
d’une résolution 56/83 de l’Assemblée générale des Nations unies en date du 12
décembre 2001 sur la responsabilité de l’Etat pour FAIT INTERNATIONALEMENT
ILLICITE.

 

1. Condamne avec la toute dernière énergie le silence coupable des autorités politiques
et judiciaires sur ces dérives récurrentes qui n’honorent point cette noble profession;

2. Exige, avec insistance, l’intervention urgente du Ministre en charge de la
communication et porte-parole du Gouvernement avant qu’il ne soit tard;

3. Rappelle clairement au Gouvernement camerounais que la promotion et la
protection de la morale et des valeurs traditionnelles reconnues par la Communauté
constituent une obligation de l’Etat dans le cadre de la sauvegarde des droits de
l’homme consignés dans les textes internationaux dont l’Etat du Cameroun a
librement souscrits;

4. Tient formellement le Gouvernement camerounais entièrement responsable de
toutes les conséquences découlant de son laxisme ;

5. Interpelle, à nouveau et à haute intelligible voix, la HAUTE responsabilité et la
conscience des organes de régulation des médias au Cameroun dont le ministère de
la Communication; le Conseil National de la Communication (CNC); l’Union de la
presse francophone (UPF-Cameroun), l’Union des journalistes du Cameroun (UJC), le
Conseil camerounais des médias (CCM), les associations de journalistes par
thématique;

6. Exige immédiatement la radiation définitive de l’auteur de ce dérapage médiatique
de la profession de journalisme ainsi que la suspension de ce media de la haine ;

7. Recommande vivement au Gouvernement camerounais des mesures spéciales
conformément à ses engagements internationaux en vue de la protection
effective des droits fondamentaux qui sont ainsi violés au quotidien.

 

Lire aussi: SOCIÉTÉ : UN HAUT CADRE DE VISION 4 BANGUI , RECHERCHÉ PAR LA JUSTICE CENTRAFRICAINE.

 

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

Un ADLOCK de publicité à été détecté sur votre navigateur veuillez le désactiver pour pouvoir mieux bénéficier et soutenir notre projet merci d'avance
error: Alert: Tu copie ce contenu que c'est pour toi? !!