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[Filière avicole] Selon l’IPAVIC, le Cameroun n’a pas validé l’importation du poulet congelé brésilien

Les camerounais demeurent révoltés et interrogateurs sur la correspondance du Ministère de l’élevage, des pêches et industries animales au sujet des sous produits aviaires du Brésil au Cameroun. Alors que la filière avicole est en grande difficulté suite au Covid19 et des acteurs locaux aux abois, des questions fusent au niveau de ces produits, tandis que Yaoundé dément toute importations. Il est à noter que même  l’importation des sous produits aviaires(oeufs à couver et poussins d’un jour) avait été provisoirement  interdite par le Cameroun le 17 Novembre 2020.

Pékin soupçonnait le poulet congelé brésilien d’être porteur du Covid19

Le coronavirus à l’origine de la maladie Covid-19 a été découvert au cours d’un contrôle de routine sur du poulet importé du Brésil, premier producteur mondial, ont annoncé en Août 2020 les autorités chinoises. Le virus était présent sur des échantillons d’ailes de poulet congelées prélevés, avait alors précisé dans un communiqué la mairie de la métropole de Shenzhen (sud), aux portes de Hong Kong.

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En juin de l’année dernière, l’immense marché de gros de Xinfadi à Pékin avait été fermé après l’apparition d’un foyer épidémique concernant plusieurs centaines de personnes. Des traces de virus y avaient été détectées sur une planche à découper du saumon d’importation. Le Covid-19 est une maladie respiratoire et rien ne laisse supposer pour l’heure qu’elle puisse se transmettre via l’ingestion de produits contaminés.

Un marché en perte de vitesse

En février 2019, Pékin avait imposé pour cinq ans de lourds droits anti-dumping au poulet brésilien, taxé entre 17,8% et 32,4%. Le Brésil, de loin le premier producteur mondial de viande de poulet, était encore en 2017 le premier fournisseur de poulet surgelé en Chine, pour une valeur annuelle approchant le milliard de dollars et représentant près de 85% des importations du géant asiatique.

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Le Cameroun ne retournera pas au poulet congelé

Yaoundé n’est pas engagé sur le chemin d’un retour des importations du poulet congelé. C’est en substance l’assurance développée par le président de l’Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic), François Djonou, dans une sortie ce mercredi 7 avril 2021 sur le poste national de la Cameroon radio television (Crtv). L’organisme regroupant la majorité des acteurs de la filière a essayé de lever les équivoques nés des entendements multiformes au sein de l’opinion, à la suite d’une correspondance du ministre de l’Elevage, des pêches et des industries animales, Dr Taïga, à l’Ambassadeur du Cameroun au Brésil le 22 mars 2021, autorisant l’importation des produits et sous-produits aviaires du Brésil.

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« Dans le cadre du développement de la filière avicole camerounaise et de la diversification des fournisseurs d’intrants, j’ai l’honneur d’accepter l’importation de produits et sous-produits aviaires du Brésil, dans le respect des exigences sanitaires et zoosanitaires du Cameroun et du Brésil, selon les normes de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) », lit-on dans ce document. Il a germé au sein de l’opinion l’idée de l’importation du poulet congelé, alors que le gouvernement a signé en 2016 une mesure portant interdiction du poulet, nous rapporte nos confrères du Journal ECOMATIN.

« Il y a pénurie sur le marché parce que depuis mars 2020, il y a une réduction drastique de vols commerciaux entre l’Europe et le Cameroun, et c’est l’Europe qui est notre principal pourvoyeur en intrants avicoles. Avec cette réduction de vols, nous ne pouvions pas importer des parentaux depuis l’Europe. Ça a donc créé une pénurie dans le sein parental, et en novembre dernier, la grippe aviaire est venue aggraver la situation. C’est ce qui explique la pénurie de poulets sur le marché », ajoute François Djonou.

Il va sans dire que cette démarche gouvernementale vise à relancer les activités de la filière à travers un approvisionnement en œufs à couver ou des poussins d’un jour, le pays souffrant d’une carence de ces intrants en raison des facteurs sus-évoqués. Mais pour résoudre définitivement cette problématique, l’Ipavic recommande au gouvernement d’encourager la mise en place des grands-parents car, « si nous avons les grands-parents au Cameroun, nous allons produire localement, donc les reproducteurs, et nous n’allons plus dépendre des pays extérieurs pour les parentaux. Et on aura suffisamment de poussins au Cameroun », préconise François Djonou.

Pour mémoire, la demande nationale en poulets se situe autour de 60 millions, mais pour l’heure le Cameroun n’en produit que 20 millions.

 

 

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