ECONOMIE

Crise énergétique au Cameroun:[Interview exclusive de David MOLA Expert en énergies renouvelables résidant en Allemagne]

Depuis le début des années 2000, le Cameroun connait une crise énergétique et malgré la vision, les plans stratégiques, les options de structuration du milieu, et les projets initiés par le gouvernement, le bout du tunnel semble encore bien loin. Quel état des lieux faites-vous de cette situation qui prévaut depuis une vingtaine d’années déjà ?

La situation est alarmante et le problème ancien et très compliqué. Comme vous le dites vous-même ce problème est connu depuis le début des années 2000, cela fait 21 ans aujourd’hui. Un enfant né en 2000 est majeur aujourd’hui et le Cameroun n’arrive pas à résoudre une crise énergétique en 21 ans. Sa politique énergétique excelle par une médiocrité chronique. En fait, les mots me manquent.
Au pays, la principale source de production d´énergie électrique est la centrale hydroélectrique, parce que l´énergie produite est moins coûteuse (du mois c’est ce que pensent ceux qui soutiennent cette thèse même si elle fausse !), bien que la planification et la construction d´une centrale hydroélectrique soient onéreuses. C’est ici même que le problème commence. Miser seulement sur les centrales hydroélectriques et thermiques pour résoudre la crise énergétique est une erreur très grave. Les conséquences de cette erreur sont visible aujourd’hui.

Le pays dispose aujourd´hui du troisième potentiel hydroélectrique d´Afrique. Cependant, la crise énergétique qu´il traverse s´explique moins par l´absence d´exploitation de ce potentiel que par la volonté de ses dirigeants, en particulier par la mauvaise gérance et la mauvaise politique énergétique qui exclut l’énergie solaire alors que son potentiel est très énorme. Il varie de 4 kWh/m2/jour dans le sud du pays à 6 kWh/m2/jour dans le nord mais reste inexploité. A titre d’exemple de comparaison l’Allemagne n’a que 0.9 kWh/m2/jour mais a investi massivement dans ce secteur où il le premier mondial aujourd’hui.

Le potentiel naturel hydroélectrique, doublé d´une hydrologie capricieuse (cause naturelle) demeure très instable. A tout cela s´est ajouté les contraintes de l´ajustement structurel (cause conjoncturelle) qui limite le financement optimal de l´aménagement de ce potentiel et le potentiel d’autres ressources énergétiques. La difficulté de financement des sources d´énergie est liée à la crise économique qui a frappé le pays à partir des années 1986 et dont il ne s´en est pas encore remis jusqu’à ce jour. Cette crise a conduit le pays vers les bailleurs de fonds que sont le FMI et la Banque Mondiale dont la politique économique l´a mise sous ajustement structurel. Le budget de l´État très affecté par cette crise financière est aujourd´hui sous contrôle de ces bailleurs. Ce qui limite dans une certaine mesure le financement des grands projets structurants. Il n´y a pas que la nature et la conjoncture économique qui expliquent la crise de l´énergie électrique au Cameroun, les structures mises en place par les dirigeants dont la vision affirmée contraste avec la volonté constituent les causes humaines de cette crise (dette non payée de l’Etat vis-à-vis ENEO, dette d’ENEO envers ses fournisseurs, corruption, médiocrité managériale, surfacturation, vol du courant par les abonnés, etc

En effet, il y a une crise aigüe de liquidés au sommet du secteur énergétique qui crée le déséquilibre dans le secteur en général et c’est la population qui paye les pots cassés. ENEO a une dette vis-à-vis des fournisseurs d’énergie KPDC et DPDC d’un montant de 83 milliards de FCFA, une vis-à-vis de Tradex au sujet de l’achat des combustibles et encore une autre dette vis-à-vis des entreprises publiques comme EDC ou SONATREL. De l’autre côté l’Etat a une dette vis-à vis d’ENEO. En effet, la CAA estime la dette de l’État due à ENEO à 40,1 milliards de FCFA à fin 2020, ce qui handicape très sérieusement ses opérations et ses capacités de développement. En plus de cela, en début d’année 2020, ALUCAM et ENEO ont signé un contrat de validation des créances et des dettes au 31 décembre 2019. Mais ALUCAM connait manifestement de graves difficultés, car les factures ne sont plus réglées à temps. En difficulté, la société d´aluminium ALUCAM, n´arrive plus à payer ses factures d’électricité depuis 2019. Factures qui s´élèvent déjà à 52 milliards en 2021. Ceci conduit toujours à une augmentation de sa dette et impacte la capacité d’ENEO à payer les autres opérateurs du secteur.

Après avoir transféré le réseau de transport à la SONATREL, ENEO demande une compensation de 40 milliards de FCFA à l’État conformément à l’application des dispositions de la règlementation générale du secteur et du contrat de concession qui prévoit le principe de l’indemnisation de l’opérateur en cas de fin anticipée d’une concession.

Il faut y ajouter encore ceci : Rien que pour combler le déficit énergétique au Nord dû à la mauvaise hydrologie dans le bassin de la Bénoué le surcoût en fuel n’est estimé à 3 milliards de FCFA mensuels, pour lesquels ENEO a demandé à l’État d’aider mais l’État ne paye à ENEO qu’un milliard de FCFA par semaine. Cette somme couvre seulement les factures de consommations d’électricité de l’État et de ses démembrements, et en aucun cas les besoins pour 2021 du Septentrion. Malheureusement, la seule réponse que ENEO obtenu est le rappel d’un précédent engagement du chef de l’État de faire payer à ENEO un milliard de FCFA par semaine. Cette somme couvre les factures de consommations d’électricité de l’État et de ses démembrements, et en aucun cas les besoins pour 2021 du Septentrion. Cela n’est pas nouveau et ne répond pas à l’urgence signalée pour la bonne alimentation des populations du septentrion.

Il y a vraiment un contentieux au sommet du secteur énergétique que l’Etat Camerounais doit apaiser. Il faut une volonté ferme du gouvernement camerounais de normaliser le secteur énergétique en général en réglant sa dette vis-à-vis d’ENEO et la société ENEO pourrait à son tour régler ses dettes vis-à-vis de ses fournisseurs et autres. Ce serait un bon début pour solutionner la crise.

Une autre idée non-ingénieuse est celle de la création de la SONATREL (Société Nationale de Transport d´Electricité) pour récupérer les énergies électriques produites dans les barrages hydroélectriques et les centrales à gaz qui s´échappent lors du transport avant la distribution à hauteur de 40% dans un contexte où le Cameroun n’a pas des ressources financières pour deux sociétés non profitables. C’est une erreur fatale à mon avis qui ne va pas résoudre le problème des délestages. L’accent devrait être sur l’assagissement financier et la restructuration complète d’ENEO pour la rendre plus performante.
Le problème des pertes avant la distribution à hauteur de 40% est un problème d’ordre technique et ne peut être résolu que par un investissement additionnel et non par la création d’une nouvelle société car depuis la privatisation, des investissements colossaux ont été réalisés par ENEO dans le transport, notamment depuis 2005 par la construction de nouvelles lignes de transport, construction de nouveaux postes sources, renforcement du réseau de transport, mise en place d’un nouveau centre de contrôle du réseau moderne avec liaison fibre optique, etc. En créant la SONATREL (Société Nationale de Transport d´Electricité) ces investissements d’ENEO restent non amortis jusqu’à ce jour et c’est la valeur de ces investissements non amortis qui fonde le droit à indemnisation d’ENEO. Il faut comprendre qu’ENEO est une société privée. Pour survivre et payer ses employés ainsi que ses factures elle doit faire des bénéfices sinon elle doit déclarer faillite et fermer ses portes.

L´énergie est un secteur économique sensible et d’importance majeure, quand l’Expert que vous êtes analysez la boucle du processus à savoir la production, le transport, la transformation, la distribution et la commercialisation des diverses sources d´énergie, où pensez-vous que ça coince ?

Les failles et en particulier les pertes sont à tous les niveaux. Le problème est vraiment très profond car tout cela remonte à la société défunte SONEL et après AES-SONEL. Il y a des failles liées à la qualité globale intrinsèque des infrastructures de production, de transport et de distribution de l’énergie électrique en place et celles découlant de l’existence ou non et de la performance relative d’un dispositif de planification et de prospective, à même d’anticiper les dynamiques sociodémographiques et les évolutions technologiques, en les intégrant à temps dans le processus d’élaboration des différents programmes d’investissements en matière de recherche et développement, de construction et de modernisation des équipements électriques.

Pour ne pas revenir sur trop de détails, il faut dire que la distribution est le maillon faible du secteur énergétique au Cameroun. Les pertes de transport étaient déjà estimées à 40 % en 2018. De plus, les vols d’électricité représentent jusqu’à 48 % des raccordements dans certains quartiers, pour ne citer que ces deux points.

Vous êtes une fierté et une expertise avérée dans le domaine des énergies renouvelables, nous pinçons ici votre fibre patriotique, quels projets avez-vous initié et proposé et quel relation entretenez-vous avec le gouvernement camerounais depuis une vingtaine d’année que dure la crise énergétique ?

Merci, je suis flatté. J’aime mon pays et j’avoue que je suis un fou du Cameroun. Depuis 1996, encore étudiant, je m’engageais déjà pour le bien-être de toute la population camerounaise sans aucune. Cela n’a pas changé et ne changera jamais. Pour répondre à votre question, je suis en troisième reprise en ce qui concerne projets initiés et proposés. Je dis charité bien ordonné commence par les autres mais comme chez nous, elle commence par soi-même, alors je voulais commencer par mon village Djongdong dans l’arrondissement de Wina dans le département du Mayo-Danay dans la région de l’extrême-Nord. Le premier projet pilote datant de 1996 pour électrifier l’école primaire et le dispensaire de mon village natal a été bloqué et ma personne arrêtée.
Le deuxième projet pilote était d’installer 10 centrales solaires photovoltaïques de 10 MW chacune dans les 10 régions du Cameroun, soit une puissance de 100 MW pour électrifier le pays. Ce projet a été également bloqué car AES-SONEL aujourd’hui ENEO a le monopole de la production de l’électricité.

Malgré toutes ces mauvaises expériences je ne suis pas rancunier et je ne désarme pas. J’ai appris mes leçons du passé. Je dois changer les rapports de force et m’imposer. Je m’imposerai. Soit dit en passant, c’est ce que toute la diaspora camerounaise devrait faire, s’imposer. Elle s’imposera.

En effet, le 02 Mars 2021 je viens de lancer un nouveau projet de 2 milliards d’Euros (soient 1.310 milliards de F CFA) appelé RENEWABLE ENERGY PROJECTS FOR CAMEROON-WRC sur la plateforme PLATIN HERON, basée sur la technologie Blockchain, la crypto-monnaie PLC et spécialisée dans le financement participatif. Ce projet a pour but d’électrifier le Cameroun à base des énergies renouvelables et promouvoir l’intégration de la monnaie digitale dans la vie quotidienne de la population camerounaise. Tout le monde peut y contribuer. Je profite de l’occasion pour lancer un vibrant appel à toutes les Camerounaises et tous les Camerounais d’y participer et contribuer à l’électrification rurale et urbaine du pays et gagner 10% de dividende sans risque à la fin de la collecte des fonds. Ce projet d’électrification n’est qu’un préalable au projet d’industrialisation du secteur avec un investissement massif de 7 Milliards d’Euros (soient 4 585 milliards d’Euros) car sans énergie il n’y a pas d’industrialisation.

Cette fois-ci j’ai pris des mesures et précautions pour empêcher que l’on bloque ce projet. Prière de m’excuser si je ne parle pas de ces mesures ici.

La politique énergétique du Cameroun s’est longtemps adossée et focalisée sur l’hydroélectricité et une problématique bien pointue se dégage autant sur la maintenance continue des barrages, l’arrimage technologique, les solutions alternatives et l’intégration des énergies renouvelables. A votre avis quelle analyse et quelle option optimale et efficace pour la croissance ?

Comme je le disais tantôt c’est une très mauvaise politique énergétique basée sur la thèse selon laquelle l’hydroélectricité serait moins coûteuse que celle des autres ressources comme l’énergie solaire tout en oubliant d’inclure le temps de planification et de construction, subventions et autres dans le calcul de la rentabilité.
Une bonne politique énergétique de l’avenir doit réussir la transition énergétique (énergie mixte et fossile) et passer à 100% aux énergies renouvelables.

L´électricité est produite à partir d´une source d´énergie; pour les aménagements hydroélectriques ou centrales hydroélectriques, la source d´énergie est l´eau, le gaz oïl ou le gaz pour les centrales thermiques, le vent pour les centrales éoliennes, le soleil capté par les plaques photovoltaïques ou plaques solaires ou encore panneaux solaires.
En plus des solutions citées ci-haut, une piste de solution est de rompre avec le fétichisme séculaire des énergies non renouvelables, opter pour un partenariat public-privé intelligent et fiable, mieux rentabiliser le secteur énergétique par la vérité des prix, optimiser l’investissement-formation, améliorer la gouvernance du secteur (pour ne pas dire de tous les secteurs), privilégier les projets à caractère communautaire, régional et international, etc.

De gros investissements sont engagés et non livrés dans le secteur de l’hydroélectricité LOMPANGAR, MEMVELE, Nachtigal, … après analyse de l’expert que vous êtes, à quel niveau pensez-vous que ça fait problème ?

Tous ces projets souffrent d’une médiocrité de management. L’idéal dans le management d’un projet et de le terminer en temps et coûts prévus. Ce n’est pas du tout le cas dans les projets de LOMPANGAR, MEMVELE, Nachtigal…C’est très désolant.

Quelles sont les conséquences de cette crise énergétique sur l’économie camerounaise?

Le dysfonctionnement des entreprises, des administrations et des ménages, entraînant une baisse considérable du taux de la croissance économique. En clair, la crise énergétique hypothèque l’économie et sa croissance. C’est une situation très alarmante.

Quelle peut être selon vous l’option stratégique efficace et quels leviers faudrait-il activer pour une sortie de crise imminente ?

L’État actuel du réseau de transport doit être analysé, au regard de son âge et des circonstances suite à la promulgation de la loi N° 2011/22 du 14 décembre 2011 régissant le secteur de l’électricité. Il faut le moderniser en y investissant. Mais malheureusement ENEO n’est plus autorisée à réaliser des investissements sur ce segment depuis 2012, et le réseau de transport souffre chroniquement de sous-investissement. Ce qui peut expliquer les congestions et la recrudescence des incidents majeurs. Seul un investissement massif dans le réseau peut solutionner ce problème.

Il faut débureaucratiser et réduire la lenteur administrative héritée de l’ère coloniale et vraiment décentraliser la production de l’électricité et permettre aux producteurs indépendants de s’établir. La concurrence entre les producteurs profiterait aux consommateurs camerounais. Cela permettrait aux producteurs indépendants privés de mobiliser des capitaux privés et d’investir dans les énergies renouvelables comme l’énergie solaire. A cause de son énorme potentiel, de son caractère décentralisé et de sa courte durée de planification et de construction, elle est prédestinée pour résoudre le problème de délestages au Cameroun dans un temps record.

On ne saurait pensez à la mue du secteur de l’électricité au Cameroun sans intégrer ou évaluer l’apport des investisseurs étrangers et les bailleurs de fonds. Quelle appréciation faites-vous ?

Je suis d’accord avec sur ce point mais les investisseurs étrangers et les bailleurs de fonds ont leurs critères que le Cameroun doit respecter. Les investisseurs disent être prêts pour investir dans l’énergie solaire au Cameroun, mais sont freinés par les lenteurs des procédures administratives. Il faut accélérer les procédures administratives pour réaliser les projets en temps et en coûts prévus.
En plus de cela, il faut une justice équitable pour rassurer les investisseurs. Aucun investisseur au monde ne peut accepter d’investir dans un secteur pour ensuite voir son argent détourné et le ministre de tutelle à Kondengui en prison d’où la question générale d’une bonne gouvernance au pays.

Le code d’investissement du Cameroun en matière d’énergie et l’environnement juridico légal rassurent-ils les investisseurs étrangers ?

Le code d’investissement est bon. C’est son application effective qui ne rassure pas. En plus, la justice camerounaise n’est pas équitable. Les deux points ne rassurent pas du tout les investisseurs étrangers.

En terme de model business quelle appréciation faites-vous du concept de concession actuel dans le domaine de l’énergie au Cameroun?

Le concept de concession est une bonne chose. C’est le respect du concept qui fait défaut. A titre d’exemple : si le contrat de concession prévoit le principe de l’indemnisation de l’opérateur en cas de fin anticipée d’une concession, alors il faut lui payer cette indemnisation. Les modalités de calcul sont strictement définies mais au Cameroun il faut des discussions supplémentaires avec l’État.

Des solutions endogènes sont-elles envisageables pour une sortie de crise et une option de croissance durable?

Oui bien sûr. Pour cela il faut décentraliser la production de l’électricité au Cameroun. L’énergie solaire est très bien prédestinée pour cela. Toute personne ou toute entreprise locale qui a un toit ou un terrain et ayant les moyens financiers devrait avoir la possibilité de produire son ´électricité (producteur indépendant), de l’injecter dans le réseau et de la vendre à ENEO. Pour cela il faut d’abord investir dans le réseau vieillissant et le moderniser. Cette stratégie permettrait de libérer le capital privé et de l’investir dans le secteur de l’énergie. En clair, il faut vraiment casser le monopole de la production d’électricité d’ENEO et lui laisser le monopole de vente l’électricité.

Votre mot de fin

L´énergie est un secteur économique de première importance. J’invite le Président de la République du Cameroun S.E.M Paul Biya, en qui la population Camerounaise a mis sa confiance, et son gouvernement à prendre ses responsabilités face aux coupures d’électricité au Cameroun, en cette ère du tout numérique où l’électricité a presque valeur d’oxygène. Il doit faire de cette crise une affaire de Chef et promouvoir la bonne gouvernance.

Pointer du doigt les sociétés ENEO et SONATREL, comme étant les responsables des coupures d’électricité intempestives, ne suffit pas à mon avis.
La politisation de cette crise par des consommateurs, qui croient dénoncer un complot contre la sécurité de l’Etat, n’est pas du tout constructive et relève de la pure fiction.

Le Cameroun émergent doit en outre encourager la recherche dans le secteur énergétique, promouvoir l’innovation et rompre avec le fétichisme des énergies non renouvelables, passer à la transition énergétique pour aboutir à un Cameroun alimenté à 100% en énergies renouvelables en quantité suffisante (avec réserve) et en qualité (propre).

Propos recueillis par Seidou Ernest MOLUH MOUGNOL

 

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