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[Changement climatique] Pour l’ancienne Secrétaire d’État française Rama Yade, il est impossible d’envisager le climat sans l’Afrique

Lorsque le président congolais Félix Tshisekedi s’est exprimé lors du sommet pour le climat de Joe Biden, il avait derrière lui la force d’un continent, en tant que président en exercice de l’Union africaine. Il a déclaré que les nouveaux engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris par les pays riches n’étaient pas suffisants. « Il est important que ce sommet accélère la mobilisation de ressources financières additionnelles et conséquentes », a déclaré Felix Tshisekedi, l’un des cinq chefs d’État africains à participer au sommet aux côtés du Gabonais Ali Bongo, du Kényan Uhuru Kenyatta, du Nigérian Muhammadu Buhari et du Sud-Africain Cyril Ramaphosa.

 

« Cela exige aussi de simplifier les procédures d’accès aux financements climatiques pour les pays les moins avancés dont la majorité se trouve en Afrique, a ajouté le président congolais. À cet égard, je voudrais rappeler l’importance de l’engagement des pays développés à mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 et à le rehausser à l’horizon 2025. »

En pointant les promesses trahies des pays riches, les pays africains ont mis en évidence l’enjeu de ce sommet, à savoir l’insuffisance des fonds de financement climatique. Le président américain Joe Biden s’est, certes, engagé à augmenter la contribution de son pays de 5,7 milliards de dollars par an d’ici à 2024.

 

Il est vrai qu’alors même qu’il est le plus faible contributeur au réchauffement climatique, le continent africain est celui qui en paie le prix le plus élevé, lui qui aurait à apprendre au monde sur la façon de faire face à la crise climatique. À condition toutefois que le monde veuille bien l’écouter…. Alors qu’elle abrite 15 % de la population mondiale, l’Afrique n’est responsable que de 4 % des émissions mondiales de carbone.

Parmi les sept pays responsables des deux tiers des émissions totales de gaz à effet de serre, aucun n’est africain, selon le Center for Climate and Energy Solutions. Pendant ce temps, l’Afrique est confrontée à des sécheresses, à des inondations, à une baisse de la productivité agricole, à la déforestation, à un accès difficile à l’eau, à la montée des mers, à l’avancée des déserts, à l’exode rural.

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L’Afrique lutte contre le réchauffement climatique

Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), un réchauffement de deux degrés réduirait les rendements agricoles en Afrique subsaharienne de 10 %. À trois degrés, le climat ne permettrait plus la culture du maïs, du mil et du sorgho. L’Afrique n’est pas une victime passive du réchauffement climatique.

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Elle se bat ! Si les pays occidentaux cherchent à réduire leur empreinte carbone, les Africains sont déjà en première ligne de la lutte contre le climat. Autour du lac Tchad – qui a perdu 90 % de sa superficie dans les années 1970 et 1980 – près de cinq millions de réfugiés se déplacent du Nigeria, du Niger, du Tchad et du Cameroun, sous la double pression de l’assèchement du lac et d’une autre menace, celle de Boko Haram.

 

Source: Jeune Afrique

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