POLITIQUE

POLITIQUE : QUEL AVENIR POUR JOSHUA OSIH ?

Dans un pays normal où les gens ont le sens de la dignité et du respect de soi, il aurait dû démissionner après la triple déculottée aux Présidentielles, législatives, municipales et par conséquent régionales. Il aurait pu tout aussi, lui qui en tant que premier vice président tenait de fait les rênes du parti avec le retrait du Chairman, remettre en question ses orientations et ses positionnements afin de ramener au sein du parti pionnier de la lutte pour la démocratisation au Cameroun, ceux qui étaient partis ou à défaut s’associer aux autres formations de l’opposition histoire de vraiment peser dans le champ politique camerounais, divisé sans ambages en deux camps distincts, les conservateurs et adeptes du statu quo et ceux qui aspirent à autre chose , et par là de se faire le digne héritier de l’incontestable leader de l’opposition le Chairman.

Sa prise de position dans la lettre des parlementaires RDPC au congrès américain est la goute d’eau qui a fait déborder le vase, provoquant une courte crise et un violent affrontement avec jean Michel Nitcheu qui a débouché comme il fallait un peu s’y attendre sur son éviction du parti où il a négligé de se constituer une clientèle et des réseaux.
La grosse question est maintenant celle de savoir ce qu’il adviendra de celui qui semble ne s’être imposé que grâce au parrainage du charismatique Chairman Ni John Fru Ndi, va-t-il comme les Kah Walla et les Muna créer sa propre formation politique ? Va-t-il rejoindre le RDPC duquel il semblait étrangement de plus en plus proche ? va-t-il opter pour l’option de rejoindre un parti politique centriste? (le PADDEC ou le PCRN ?) ou alors va-t-il choisir de finir son mandat et de se consacrer à autre chose ? ( le football par exemple)
UN POIDS PLUME POLITIQUE MALGRE TOUT.
Le simple fait qu’il ait été évincé avec autant de facilité et sans que cela ne provoque une vraie crise (scission comme dans les cas des Muna ou des Kah Walla) ne plaide pas en faveur du député originaire du Sud-ouest mais parachuté à Douala pour pouvoir obtenir un strapontin. Elle prouve si le besoin en était encore que Joshua Osih n’a ni épaisseur ni réseaux politique. Et par cela aucune capacité à créer un parti politique crédible, à moins de faire comme tous ces milliers de promoteurs de partis politiques qui créent des partis plus pour avoir accès à la manne des campagnes électorales que pour faire de la politique.
Si on ajoute à cela sa très honteuse 4e position à la présidentielle (même sans le NOSO) on voit difficilement comment il aurait une quelconque valeur pour le RDPC, à moins d’y aller pour faire le bouffon comme Jean de Dieu Momo. Sauf que contrairement au président du PADDEC, il n’a pas un combat à mener dans un fief menacé. Sa faible implantation dans son Sud-ouest où il sera d’ailleurs en concurrence avec les gros bras du RDPC qui ne lui cèderont pas de gaité de cœur le terrain, ne joue pas en sa faveur. Sans parler de sa faible emprise sur le Wouri où il a été élu. Rejoindre le RDPC semble donc suicidaire pour Osih, même si Paul Biya aime bien remercier ceux qui lui ont permis d’affaiblir les formations politiques adverses ( le Cas de Kodock est assez illustratif). Mais si d’aventure le pouvoir ne lui tend pas la perche, est-il possible qu’il rejoigne un des partis tièdes ? ( dits de propositions ou nationalistes par eux même, et traitres par les radicaux).

REBONDIR DANS UN AUTRE PARTI D’OPPOSITON ?

Un parti de moyenne importance où il sera un cador est peut-être la solution pour l’ex premier vice président du Social Democratic Front, et à ce titre rejoindre le PCRN qui a déjà quand même une importance remarquable et semble assez ouvert à le recevoir ne serait pas un mauvais choix pour Osih, surtout qu’il apporterait au parti de Cabral Libii, un député supplémentaire lui permettant de renforcer son groupe parlementaire. Sans oublier que les positons du parti, qui semble avoir migré de l’opposition à une position d’allié non déclaré –un peu comme lui– sont proches des siennes. Sauf que le parti de Libii, est un boubou cousu pour le député du Nyong et Kelle et l’irruption d’une autre tête d’envergure nationale qui pourrait avoir la prétention de challenger Libii, véritable gourou aux yeux de ses militants ferait désordre.
A moins que dans un coup de théâtre dont seul la politique a le secret, il ne trouve une entente avec le MRC qui permettrait au parti de Maurice Kamto de présenter un candidat à la présidentielle de 2025 ? bien sûr ce scenario là semble assez improbable surtout qu’il n’est pas exclu un rapprochement entre le SDF de Nintcheu et le MRC de Kamto, qui de fait ne rendrait plus Joshua Osih aussi séduisant pour le parti de la renaissance, sans parler de l’opposition que cela susciterait chez les militants de base du MRC qui le considèrent à tort ou à raison comme un tiède voire un traître.

RACCROCHER LES ARMES OU ESSAYER DE RECONQUERIR LE SDF ?

L’un des derniers scenarii, assez improbable est qu’à coup d’arguties juridiques et en activant tous ses réseaux (en dehors du SDF) Osih ne livre bataille pour garder le SDF, avec à la clé un remake du scénario UPC, avec l’apparition de multiples SDF ce qui ne semble pas être son intention vu que jusqu’ici il n’a pas enclenché la riposte. Sans parler en outre de la qualité du NEC et de son respect scrupuleux des textes du parti dont le fameux 8.2. Surtout qu’avec le retrait de Fru Ndi et la disparition de Me Mbah Ndam, on ne voie pas sur qui pourrait s’appuyer Osih pour aller à la reconquête du parti.

Mais peut-être que Joshua Osih est las des joutes politiques et voudrait aller s’occuper d’autre chose ? Peut-être songe-t-il à se retirer de la politique et à s’occuper de ses affaires ?
De toutes façons, l’éviction d’Osih, si elle rentre dans le cadre de la lutte politique , pose quand même une fois de plus la problématique de ces partis néo-soviétiques qui animent la scène politique camerounaise et dans lesquels les défaites sont toujours suivies d’évictions avec ce que ça entraine comme affaiblissement des partis concernés ( surtout dans l’opposition), qui sait ce qu’il serait advenu si les Kah Walla et les Muna n’avaient pas été débarqués du SDF ? Si l’UPC n’avait pas implosé en des millions de factions qui aujourd’hui l’on complètement détruite ? Le SDF, assez mal en point n’est-il pas là sur la pente glissante qui l’amène tout doucement mais surement vers l’abîme, faisant disparaitre du paysage une des meilleures chances d’alternance au Cameroun.

#lanationlejournal

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