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[NOTE D’ÉCOUTE] Shura signe son grand retour en mode disco avec « Another »

6 mois après son depart de Steven’s Music via « Nyamagonro » écrit par Blanche Bailly, la chanteuse camerounaise de 28 ans fait son come-back. Cette fois ci, celle qui a pour plat préféré le taro, et qui compte l’artiste nigériane Simi parmi ses préférés, est littéralement sortie de sa zone de confort. Immersion autour d’une production conduite par Godemma, dévoilée le 6 mars 2021. 

 

Comme une odeur de disco

Découverte en Février 2018 par son quatrième single « Allez dire » qui cumule à plus de 3 millions de vues sur Youtube, la chanteuse a décidé de prendre une autre manette. Très à fleur auprès de son ancienne boîte Steven’s Music, cette fois ci c’est en solitaire qu’elle se lance. « Another » est un titre qui trotte avec des couleurs disco des années 1970 aux États-Unis. Il s’agit en effet à la fois d’un style musical, d’une danse et d’un look. D’ailleurs dans le clip « Another », Shura mise sur une coiffure afro, maquillage léger, vêtements afritudes comme pour contextualiser sa proposition.

Il faut dire que dans les années 1980, la house et le disco apparaîssent dans deux night-clubs principaux à l’époque, le Warehouse de Chicago et le Paradise Garage de New York, où les barrières sociales et raciales tendaient à s’estomper. À Chicago, des DJ comme Ron Hardy recyclaient certains éléments du disco et commençaient à créer une musique qui aller vite rencontrer son public initial. En Afrique, il n’est littéralement pas présent au sein des productions musicales francophones notamment. Plus qu’un rythme, c’est un état d’esprit. Le titre « Another » fait référence à une histoire d’amour compliquée partagée entre incertitude et manipulations du coeur.

 

Fela Kuti represented

 

Ce nom n’est plus à présenter. Le fondateur de la rythmique Afrobeat mondialement connu se retrouve en quelque sorte dans cette chanson. Les racines et les modulations effectuées au niveau de la production tendent vers du Soft Naija. Lorsque qu’on écoute cette chanson, elle est plus proche identitairement des compositrices telles Asa sur « Fire in the Mountain », « Eyo » ou encore « Ba Mi Dele » sorti en 2013. Les nuances de Jo Bisso ou Dj culture s’y retrouvent. C’est un parallèle et panache culturel intéressant que Shura dévoilé au public. Bien loin des propositions qu’elle a eu à faire dès sa signature à SM en 2016. Entre « Voilà moi » en 2019, « Dis Moi tout », ou « Tranquille » c’est en toute prise de risques qu’elle tente de séduire une nouvelle audience.

 

La voix douce et profonde de Shura et sa musique située entre l’afropop et la World music, heureux métissage artistique se situant bien dans la lignée des polyphonies sans tape-à-l’oeil.

On peut reprocher à Shura une relative aseptisation de certains morceaux, qui par certains côtés adapte un peu trop la musique africaine au goût occidental, à l’image de la plupart des artistes dits « urbains » au Cameroun,  transmutant la soul en modeste pop pour plaire au plus grand nombre. On y reviendra.

 

Un album d’une dizaine de titres à venir 

En 2017, la chanteuse originaire de la Région du Nord-Ouest(village Akum) sort plusieurs singles. «Te Be Kwih» qui veut dire «Nous grandirons », est une source d’inspiration, une piste d’espoir qui encourage le travail acharné comme un moyen d’aller de l’avant. Puis vient «Gweme Bo Za» (tiens ma main). Une confession émouvante. Une conversation entre une mère et son enfant. Cette dernière encourage sa progéniture à toujours compter sur sa mère qui lui tendra toujours la main. Vient enfin «Atalakou» qui parle d’amour. Dans ce titre, la chanteuse demande à son amant de ne plus jouer avec son coeur. L’année 2017 sera pour elle un tournant dans sa jeune carrière où elle va participer au Fomaric à Douala et accompagner les X-Maleya lors de leur Campus Tour.

Shura prépare activement la sortie de son tout premier album de 14 titres dont la sortie se fera dans les prochains mois.

Lire aussi: Dans « Voilà moi » Shura dénonce la violence faite aux femmes!

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