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[CONCERT LIVE] Pour sa première, INDIRA BABOKE incarne Myriam et file vers sa Terre Promise!

La musique accompagne toute la vie. On pourrait presque dire que la musique, c’est la vie. Expression rythmique, forme mélodique, vibration, chant, danse, instruments de plus en plus perfectionnés, musique profane et musique sacrée, chansons d’amour, chants de deuil, chants de travail ou de guerre : la musique est partout. Elle rythme la vie, elle relie les hommes entre eux et avec l’univers, elle exprime ce que les mots ne peuvent pas dire, elle régule le tempérament, tend vers la transcendance comme le Gospel. Au Cameroun, le mois de la jeunesse s’est refermé via le tout premier spectacle live de la chanteuse de 19 ans, Indira Baboke à l’esplanade du Musée National de Yaoundé le 27 Février 2021. Comme sur le chemin béni dans le livre d’Exode extrait de la Bible, elle a entrepris de chanter son amour pour Dieu pendant 114 minutes, accompagnée par un orchestre panaché. Reportage.

26 degrés à Yaoundé. Il est exactement 16h40 mns lorsque j’arrive au Musée National proche du Ministère des finances. Le ciel est dégagé, le temps nous est clément. A l’entrée, un dispositif de sécurité des plus complets, entre détachement de gendarmerie, des policiers eux s’occupent de fouiller minutieusement les sacs et autres objets qui rentrent dans le site. Le public venu presqu’en masse commence à affluer vers le check point mis à cet effet. Proche des grilles vertes du fleuron historique, se trouvent des hôtesses chargées de la billetterie qui n’hésitent pas à proposer les pass d’entrée, formulés aux prix de 2000 F, 5000 standard & premium et 10.000 FCFA pour les VIP. Dernier coup d’œil, les forces de l’ordre veillent au grain pour le respect des mesures barrières contre la Covid19, notamment le port systématique du masque pour accéder au Musée. En cadeau, chaque visiteur reçoit un drapeau miniature du Cameroun, comme une sorte de symbole.

Check point lors du concert

A l’intérieur, je remarque dans les yeux du public le sentiment d’impatience et une atmosphère de pression qui flotte dans l’air. Il faut dire qu’il s’agit du premier grand concert nature de la jeune chanteuse de 19 ans. Les techniciens eux, font des vas et vient entre la scène, les loges et s’assurent des derniers câblages techniques. Un faux pas serait dévastateur en plus de l’ogre Eneo qui plane dans la cité capitale ces dernières semaines.

Image de la scène

Pour l’occasion, de nombreux people et autorités ont également fait le déplacement. J’aperçois nettement entre 17h40 et 18h05 mns, le ministre du travail et de la sécurité sociale Grégoire Owona et son épouse, le Directeur de la CRTV Charles Ndongo, la députée Nourane Fotsing, le ministre délégué auprès du ministère de la justice Momo Jean de Dieu, ou encore l’influenceur web Steve Fah, l’artiste Majoie Ayi, l’ancien lion indomptable Rigobert Song. Alors que des sonorités trépidantes sont diffusées, les Hosts de la cérémonie font enfin leur apparition dès 18h13 : il s’agit de Master Ivo (CRTV Tam Tam Weekend), et de Pascal Pierre, un ancien de la maison aujourd’hui installé en France.

Quelques invités VIP

Le bal est ouvert, vive le bal !

La chorale jumelle de Yaoundé est invitée sur scène pour l’ouverture des hostilités. Habillés en pagne bleu, chemise blanche, fouleur double coloré pour les femmes, les hommes eux sont en pantalon blanc et chemisette à motifs bleu ciel. 25 choristes au total qui vont animer pendant 30 minutes 4 chansons situées entre le ndombolo et les rythmiques d’ailleurs, tel le titre « Bethestha », sous une ambiance énergique !

La grande Chorale jumelle

La troupe Art of Worship fera une prestation toute en douceur comme pour épurer les âmes à travers l’adoration, tout comme la talentueuse Bénédictions dans sa robe rouge qui se transfigurera en haret le temps d’une soirée. Les points marquants de cette première partie vont être les prestations du camerounais Guy Michel et de l’Ivoirien KS Bloom.

L’artiste camerounais Guy Michel

Le chantre 237 viendra réveiller les esprits en tournant ses reins comme il sait le faire sur ses tubes « Il est là », « héritage » ou encore « lambo la manyaka » en langue duala. KS Bloom viendra exprimer sa fierté car ayant dégusté l’un des mets les plus prisés du pays. « J’ai mangé le ndolè. Vous avez failli me coloniser ! Les camerounais vous êtes forts ! » a-t-il tancé à la foule avant d’enchainer en mode hip-hop/rap un langoureux gospel.

L’ivoirien KS BLOOM

Une mise en scène atemporelle

Il est 20h35. La régie du Concert passe en mode furtif et lumières éteintes. Fumigènes lancées, feux d’artifice et autres, le public réclame déjà sa star après deux heures d’attente. Six danseurs apparaissent en jogging noir et pull à capuches de couleur blanche, all star aux pieds, à l’américaine. Quelques secondes plus tard, on voit la jeune chanteuse faire son entrée au milieu des 6, en longue robe noire aux motifs dorées, pieds nus à la façon Yannick Noah.

L’entrée en scène de l’artiste INDIRA

La pyramide version Dena Mwana

« Es ce que vous êtes là ce soir ? » lance-t-elle à son public. Et les quelques 4000 personnes présentent de crier leurs joies à l’artiste. « Je veux te louer » extrait de son nouvel album « souffle nouveau » sorti le 13 novembre 2020, sera la toute première chanson interprétée sur scène avec 8 danseurs dont 6 femmes et 2 jeunes hommes. Les  danseuses habillées en tenue de ménagère-cuisinière répondaient au même standard que l’on peut observer dans le clip officiel, lors de la scène dans le salon de coiffure de la résidence familiale à Yaoundé.

Le « Saint-Esprit » sera invoqué ici lors de la deuxième piste toute en douceur par la chanteuse, qui sera seule sur scène le temps d’un instant. Avant d’enchainer dans des polyphonies traditionnelles Baka, originaires de la localité de Dimako, région de l’Est Cameroun, dont elle va exécuter la danse en compagnie de sa team 2.0 sur la track « Duma ». Juste après une pause qui aura duré 9 minutes, la princesse Baboke fera son apparition surprise dans la foule avec la complicité de l’équipe artistique, et de quelques proches. L’effet est réel et le public est en extase. Cette fois-ci, la jeune chanteuse arbore une robe rouge bouffante au niveau des épaules, comme un signe de la providence ( même style portée dans le clip « je veux te louer »), avec un drapeau à la main.

Le pasteur EKANI va la rejoindre sur le podium. La léthargie se transforme en un chapelet de prières, de proclamations prophétiques contre les dérives sociales observées au Cameroun, en marge de la protection du Très-Haut. Une image forte, pleines d’émotions qui rappelle curieusement l’une des apostrophes de la chanteuse internationale RDC Dena Mwana lors de son concert au Cameroun le 12 Décembre 2020, sous Motown Gospel Africa, la branche du label Universal Music. L’équipe créative autour d’INDIRA BABOKE a-t-elle manqué d’inspiration pour congédier la scène ? La réponse est oui.

La jeune chantre insufflera un « Souffle nouveau » à 21H17, avant d’embrayer sur son tube qui l’a littéralement transformée avec le concours du beatmaker Salatiel Sala’a en 2019. « Le gout de ça » sera acclamé et repris en cœur par les mélomanes présents. Des titres les plus anciens au récents, elle les convoquera pour additionner nostalgie et évolution. « Appelle à l’existence », « quelle joie immense », ou encore « score de honte » seront revisitées avec une certaine spiritualité.

Entre force de l’audace et limites vocales

La jeune chanteuse a eu le mérite d’avoir essayé ce challenge. A la fois défi artistique et choix personnel, la frontière n’était pas très épaisse. Cela est à saluer, pour ce courage. Toutefois, en phase terminale du concert, certaines limites sont apparues. Bien avant 22h16 minutes, j’ai pu constater que la voix d’ INDIRA ne portait plus la même intensité du fait de la fatigue et du stress. Cela peut-être un détail anodin, mais il joue énormément sur la prestation des spectacles. INDIRA BABOKE a suivi des cours de chants pendant 6 mois en 2019. Ce qu’il faut savoir c’est que la voix se travaille tous les jours. L’équipe autour d’elle devrait travailler sur ses deux impératifs : la gestion de son souffle et la modulation de sa voix qui va intervenir dans moins de deux ans. La preuve, le fait d’avoir improuve vocalement entre 6 ans et 18 ans se ressent au sein de ses propositions musicales. « Le gout de ça » reste toujours selon les canons, une véritable claque au plan positif à l’écoute.

Autre point saillant durant le spectacle a été Pascal Pierre qui n’a pas été à la hauteur durant la présentation du show, balbutiant énormément, contrairement à un Mister Ivo plutôt naturel et plus à l’aise.  En marge des remerciements faits à la presse et aux partenaires, on a également constaté de l’absence d’un carré réservé aux hommes de médias qui sont pourtant les portfolio du circuit culturel et cela quelque soit le pays, au regard de leurs poids transnationaux. Le passage fréquent du Maestro sur la scène a participé dans une moindre mesure à la déconcentration de l’artiste durant plusieurs minutes, entre allez et venues, les déplacements semblaient non synchronisés.

Aux chœurs, nous trouvons les habitués de la scène avec de l’expérience. Ils sont 7 au total : Stevie Akono, Dominique Nkom, Daniela Evina, Caroline Etoa (dit CARAH qui a un album sur le marché nommé « IMPACT » sorti en 2020), Eva Mengue, Gaby Hend, Dany Ele, sous la supervision du maestro Ghislain Mbock. Pour les instruments, je remarque COCO à la batterie, Didier au Saxophone, Papi Bass à la guitare bass, Michel Mbarga à la guitare solo, Joshua en qualité de deuxième soliste, Bertrand EBA aux claviers numéro 1, Hervé Nguiba aux claviers numéro 2 entre autres.

« La victoire » en featuring avec Serge Beynaud (dont la doublure était sur scène pour la circonstance) a été précédée à 22h16 mns par une entrée-parade à la « militaire » avec ses danseurs. Cette fois ci habillée en tailleur blanc, pantalon et veston. L’ancien Capitaine des Lions indomptables Rigobert Song et l’un des membres du groupe X-MALEYA, le guitariste HAIS qui viendront mettre le feu sur scène, en esquissant quelques pas de danse avec INDIRA en sourires et sous les cris de la foule.

« Je laisse tout à Dieu » l’un de ses titres éponymes de l’album et du film sorti fera objet d’interprétation spéciale en termes de bouquet final, « Jésus est vivant », fera l’entre deux avant l’appel de tous les artistes invités au Live pour un grand Au revoir au public, signification de « Souffle Nouveau » pour sa carrière qui ne fait que démarrer !

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