SOCIETE

Langue maternelle : apprentissage à la base

Afin de maintenir le lien entre l’individu et sa culture, le système scolaire camerounais prévoit d’intégrer certaines d’entre elles dès la maternelle. 

Le 21 février était journée internationale de la langue maternelle. Cette année 2021, elle se célébrait sous le thème « Promouvoir le multilinguisme pour l’inclusion dans l’éducation et la société ». Un appel à renouer avec une pratique qui fait partie de l’identité de l’individu.

Au cours de la célébration de la fête nationale de la Jeunesse 2021, un constat clair était perceptible. Les jeunes sont de moins en moins accrochés à leur culture. Ils deviennent rares, ceux qui peuvent aligner deux phrases en leur langue maternelle. A l’occasion de la journée de retour aux sources organisée au collège Jean Tabi de Yaoundé, la Sœur Principale exhortait les élèves à ne pas avoir honte de leurs racines.

Atout identitaire

Pour Patricia Binele, professeur de langues maternelles comme l’eton et le bassa au lycée d’Obala, la pratique est nécessaire. « Nous évoluons dans une société qui tend à nous faire perdre nos racines. Pourtant, la langue maternelle est un signe d’appartenance à un clan, une famille, un village, etc. Le français ou l’anglais doivent venir en second plan. Si vous vous retrouvez en terrain inconnu ou hostile, le fait de savoir que dans la foule il y a une personne avec qui vous pouvez parler est rassurant ».

L’enseignante précise que s’exprimer en langue maternelle doit être une fierté. « Si on me demande de quelle tribu je suis, je réponds naturellement Eton. Mais quelle honte, si je ne peux même pas aligner deux phrases en Eton! Autant mieux répondre que je suis française, puisque c’est le français que je maîtriserais le mieux. La langue maternelle est un signe d’appartenance à un agrégat bien défini ».

Stratégie du gouvernement

Au Cameroun, quarante trois écoles primaires-témoins donnent des cours de langues locales. Depuis 2013, l’initiative Écoles et Langues Nationales en Afrique (ELAN-Afrique) favorise l’apprentissage de cinq langues nationales au primaire (duala, ewondo, bassa’a, fulfulde et ghomala). Interviewée par le quotidien Cameroon Tribune la directrice de l’Alphabetisation au Minedub, Fatime Bilamo, affirme que le bilan est jusqu’ici satisfaisant. « Non seulement les élèves lisent couramment en la vie maternelle, mais ils les écrivent et comprennent »

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