SOCIETE

Centres de désarmement : les ex-combattants ont faim

Les pensionnaires de Bamenda, Buea et Mora se plaignent de leurs mauvaises conditions de vie, mais aussi du rallongement de leur maintien sur les sites de cantonnement.

La ville de Buea (Sud-Ouest), qui vit déjà au rythme des troubles sécuritaires des milices séparatistes, a connu une effervescence particulière le 1er février. Munis de gourdins et criant à tue-tête, des dizaines de jeunes gens étaient bruyamment descendus vers le centre-ville. Ils disaient leur mal-être, déclaraient avoir faim et être maltraités, lis décriaient également le long séjour auquel ils étaient astreints dans le centre de démobilisation et de réintégration de cette cité, soit plus que les 7 mois initialement prévus. Il faudra de longues de négociations, et grâce à une intervention tout en diplomatie des forces de maintien de l’ordre, pour ramener les pensionnaires à la raison. Mais rien ne garantit un nouvel accès de colère…

Comme eux, plusieurs centaines de leurs congénères vivent le même psychodrame à travers les autres sites de cantonnement de Bamenda (Nord-Ouest) et Mora (Extrême-Nord). Selon des sources proches du dossier, l’on a plusieurs fois frôlé l’émeute ici et là où le moins que l’on puisse en dire est que les conditions de vie sont rudes. Au premier rang de leurs revendications, la plupart de ces • jeunes désarmés crient famine. Ils déclarent être peu et mal nourris.

Mis en place le 30 novembre 2018 par décret du chef de l’Etat, le Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (Cnddr), placé sous l’autorité du Premier ministre, a pour mission d’organiser, d’encadrer et de gérer le désarmement, la démobilisation et la réintégration des ex-combattants du Boko Haram et des groupes armés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest désireux de répondre favorablement à l’offre de paix du sommet du pays en déposant les armes.

Pendant les 7 mois de cantonnement, les repentis sont initiés à l’éducation à la citoyenneté, mais aussi aux métiers tels que l’agropastoral, la couture, l’électricité, la maçonnerie, la menuiserie ou encore la peinture, de manière à favoriser leur insertion sociale. En novembre 2020, l’on comptait 500 pensionnaires dans les 3 centres d’accueil depuis l’enrôlement du premier ex-combattant, le 28 janvier 2019

Le texte de Paul Biya précise que les ressources du Comité sont constituées par les subventions de l’État, fês dons et legs, les contributions des partenaires techniques nationaux et internationaux ainsi que toutes autres ressources pouvant lui être affectées. Et c’est le coordonnateur national qui est l’ordonnateur principal du budget dudit Comité. Et on ne voit pas comment le président de la République aurait pu engager un processus aussi important sans y mettre des moyens conséquents. Or, des fonds du Cnddr, personne n’en parle – même en interne.

Tout juste, interrogé en novembre dernier par la télévision à capitaux publics (Crtv) le coordonnateur national du Cnddr, Faï Yengo Françis, reconnaissait que l’atmosphère n’était pas identique dans tous les centres. Il expliquait que tous les pensionnaires n’assimilaient de la même manière le suivi et la compréhension de leur encadrement, particulièrement les sujets drogués ou à déradicaliser. Au point où monte la tension, il est urgent que le gouvernement reprenne la main afin qu’une opération salutaire de reconversion ne se transforme en fiasco nationale.

 

Source : La Météo n°1112

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