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Covid-19 et système de santé camerounais : Comment panser les retombées de la crise ?

La covid-19, en endeuillant des milliers de familles dans le monde, a paralysé le fonctionnement de plusieurs pays. Les systèmes de santé se trouvaient alors mis à rude épreuve. Le Cameroun, pays ayant déjà un système hospitalier fragile, n’a pas été épargné par cette pandémie et ses répercussions sur l’hôpital.

 

L’utilisation d’une technique de recherche documentaire a permis de constater que les conséquences de cette crise sur les soignants et les infrastructures sanitaires pourraient être catastrophiques. En effet, au-delà des ravages humains et économiques occasionnés par la covid-19 au Cameroun, il y aura certainement d’autres dégâts qui seront davantage inquiétants. Entre autres, le pays assistera assurément à un affaiblissement sévère de son système de santé, déjà très fragile.

Synthèse des conséquences de la covid-19 sur le système hospitalier

Hormis les pertes dues aux décès des suites de covid-19, le personnel de santé pourrait être sujet à d’importants stigmates psychologiques. Dans des situations de pandémie sans véritable thérapie médicale, le personnel de santé se sent impuissant face à de multiples décès dans les hôpitaux, ce qui l’affecte psychologiquement (François, 2020). Par ailleurs, Si la covid-19 perdure, la reconversion des dispensateurs de soins, autrefois spécialisés dans certains domaines de santé précis, à la cause de la covid-19 pourrait créer des pénuries d’agents de santé dans ces secteurs. C’est ce qu’on a observé dans les pays concernés par l’épidémie d’Ébola entre 2014 et 2016, où les services de santé maternelle et infantiles ont drastiquement été pénalisés par la reconversion du personnel (Pierre, 2020). Ainsi, les indicateurs sanitaires concernés pourraient être au rouge. Concernant la vaccination, par exemple, l’OMS alertait les Etats sur les risques de perturbation des activités de vaccination systématique et de baisse de la demande de vaccination consécutifs à la pandémie. En Guinée, en Sierra Leone et au Liberia, par exemple, concomitamment à la crise d’Ébola de 2014, il a été constaté une chute des taux de couverture vaccinale (De 71% en mai 2014 à 55% en octobre 2014 au Libéria, par exemple) (UNICEF, 2020). Le chapelet de conséquences est loin d’être épuisé, cependant penchons-nous davantage sur les pistes de solutions

Pistes de solution

De ce qui précède, il apparait clairement qu’au lendemain de la pandémie de la covid-19 au Cameroun, adviendra une nouvelle « épidémie » qu’il faudra urgemment endiguer. Il s’agit des retombées de la crise sur le système sanitaire, déjà très fragile avant l’arrivée de la pandémie. En plus, comme une épée de Damoclès, le spectre d’une recrudescence éventuelle de cette maladie planera toujours sur les populations, ainsi que l’apparition d’un nouvel agent pathogène ou la mutation d’un autre virus déjà existant.

Le meilleur moyen d’apporter une réponse efficace serait de réaliser une étude d’impact de la coivd-19 sur les systèmes hospitaliers. Celle-ci devrait intégrer des psychologues et des experts en sciences sociales. Ceux-ci seront notamment utiles pour évaluer les impacts psychologiques de la crise sur le personnel de santé et ajuster les stratégies de prise en charge des patients et des cas de décès. Car, ils sont les mieux placés pour comprendre les peurs, les comportements des communautés face à la douleur et la mort (François, 2020). Leur rôle à ce moment est de contribuer à la compréhension des pratiques socioculturelles qu encadrent les maladies et la mort, afin de proposer, en conséquence, des solutions permettant d’ajuster les stratégies de communication autour de la crise dans les communautés, mais aussi d’atténuer la frustration des familles qui voient leurs morts inhumés parfois indignement (sans les rites indiqués). Bien qu’ayant été mobilisés avec retard en RDC, les spécialistes des sciences sociales se sont révélés presqu’aussi indispensables que les médecins dans la gestion de l’épidémie d’Ébola.

Une fois l’étude d’impact réalisée, l’augmentation du budget de la santé est un impératif pour remédier efficacement aux séquelles de la crise. Les enjeux d’une amélioration des financements de la santé ne se situent pas seulement au niveau d’une thérapie des retombées de la covid-19 sur le système de santé, mais aussi le renforcement du système de soins. Lequel renforcement devrait permettre aux autorités sanitaires d’effectuer une véritable cure de jouvence aux institutions dont elles ont la charge afin d’assurer un bon fonctionnement des services de soins, mais aussi d’améliorer les dispositifs de prévention pour des éventuelles futures flambées virales et épidémiques.

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Aussi, il est important de maintenir la veille en adoptant des stratégies de préventions adéquates, en plus d’un renforcement conséquent du système de soins. Rappelons que, la propagation de ce nouveau coronavirus a dévasté les systèmes sanitaires les plus sophistiqués au même titre que les plus précaires. Le déterminant majeur de la gestion d’une pandémie de ce type n’est pas seulement la faiblesse ou la solidité des systèmes de santé, mais l’impréparation de ces derniers à la prise en charge du risque épidémique aigu (François et al., 2020). En guise d’illustration, l’émergence globale et la propagation rapide du VIH/SIDA dans les années 1970 ne sont devenues une préoccupation mon diale qu’après la détection du premier cas aux États-Unis, au début des années 1980, alors que le virus sévissait déjà dans de nombreux pays en développement bien avant cette découverte (OMS, 2007).

Au demeurant, demain, plusieurs crises sanitaires se présenteront encore dans la société camerounaise, d’autant plus que certaines maladies sont devenues endémiques dans l’écologie du pays. Les autorités sanitaires doivent donc accentuer la sensibilisation sur les bonnes pratiques pour éviter la maladie. Lesquelles pratiquent étant notamment l’hygiène corporelle et alimentaire, un suivi régulier de son état de santé, la vaccination, le sens de la thérapie clinique en cas de maladie et le signalement rapide des cas de maladie. Toutefois, les mêmes autorités doivent comprendre l’urgence de repenser le modèle thérapeutique du pays, qui est cloisonné entre une pharmacopée moderne et une pharmacopée traditionnelle, en harmonisant ces deux secteurs. Par ailleurs, les autorités sanitaires devraient conseiller la vigilance aux populations. Car, ces dernières risquent de lâcher l’observance des mesures barrières, une fois que les risques de contamination vont baisser. Pourtant, les pandémies de ce genre se propagent souvent en plusieurs vagues ; il peut même arriver que la première vague soit moins dangereuse que les autres. L’exemple de la grippe espagnole est fort éloquent pour illustrer cette assertion. En effet, après la première vague de propagation du virus responsable de cette maladie, au printemps 1918, une autre vague, plus virulente, et plus meurtrière, s’est répandue dans le monde à partir d’octobre 1918 (Freddy, 2018).

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