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[CONCERT] Bibiane Sadey toute en grâce reprend un classique du virtuose Eboa Lotin!

Son nom évoque une longue lignée de musiciens au Cameroun, et ne laisse aucun doute à la force et la responsabilité que cela représente. Bibiane, artiste polyvalente, a égayé le public Yaoundéen, lors d’un live à guichets fermés le 27 Novembre 2020 au Laboratoire musical.

Bibiane Sadey. Ce nom d’une authenticité incroyable, a encore fait battre les cœurs au cœur de la capitale politique Yaoundé. Il est 18h50 lorsque les sirènes de la scène retentissent pour laisser peu à peu place au silence. Et pas n’importe lequel, un silence assourdissant. Mais ce qui me frappe en premier dans cet étale de talent, c’est la simplicité avec laquelle, l’artiste parvient à passer d’une octave à l’autre, on dirait un synthétiseur humain. Voix grave et puissante, elle sait y apporter de la douceur notamment dans la production « Muna Nyango ». Ici, le vent léger du Makossa pur et dur, croise le fer avec l’Essèwè, la bolsa et les polyphonies d’un autre genre à l’Hervé Nguébo ou encore Richard Bona.        

Pendant ces 2 minutes et 36 secondes, je suis littéralement transporté. Bibiane tient sa guitare et la tire de la manière la plus posée possible. En chœurs, on retrouve deux figures habituelles qui l’accompagnent : Arlène et Carah dit Caroline dont l’album porte le nom d’Impact. La synchronisation des voix ici donne des frissons à n’en plus pâlir. On se croirait sur un chemin sableux et près des plages, ou les pensées et idées deviennent de plus en plus téméraires.

De meme, sa longue expérience avec des grands noms tels Manu Dibango, Gino Simpson, André Manga, Tom Yom’s, Ekambi Brillant, et bien d’autres se ressent dans le rendu vocal de la chanteuse. Guitariste et pianiste à ses heures, l’originalité de ses compositions lui a fait tomber amoureuse d’une section à la fois sobre et élitiste le Jazz.

Par ailleurs, l’histoire du jazz féminin notamment aux Etats-Unis, est celle d’un long parcours d’obstacles: de Bessie Smith aux stars actuelles comme Diana Krall ou Norah Jones, les «jazz ladies» durent affronter à la fois le racisme et la misogynie. Elles furent tout d’abord interprètes de ménestrels, puis «canaris» ou «grives» ainsi qu’on nommait les chanteuses d’orchestre, avant de trouver toute leur place durant la guerre, quand les hommes furent mobilisés. Elles seront plus tard des militantes des droits civiques avant d’être enfin reconnues, dans les années 60-70, comme de grandes artistes. C’est donc une rythmique engagée sinon politique.

Une tendance musicale qui l’a d’ailleurs inspiré vers une pointe Soul dans la proposition « Ou sont passés les humains ? », elle qui crie à la déshumanisation de l’âme dans plusieurs contrées du monde, et se veut le porte-parole d’une génération consciente et agissante.

L’artiste décide de se lancer véritablement dans une carrière solo en sortant le 1er  décembre 2017 un maxi single baptisé Nyangondedi, un jeu de mots composé de « nyango » et « ngondedi » signifiant respectivement « madame » et « mademoiselle » en langue Duala, populaire au Camerounaise, et donc d’autres nuances se retrouvent en Afrique centrale. « A zie me nda », ou encore « Imagine » sont en marge les chansons passées en anglais ou encore en ewondo, d’où elle tire son essence de griotte du présent.

Un présent qui se conjugue au passé, lors de son hommage en clôture à une légende africaine de la musique Eboa Lotin, dans un titre phare : « Elimba Dikalo » sortie en 1995.

« Je trouve ça très bien la voix de Bibiane Sadey, et l’ambiance est un peu spéciale comme dans un cabaret, le laboratoire, c’est intéressant et surtout ce sont des gens qui se battent pour surmonter les défis. C’est très varié, et elle fait référence à la culture et aux grandes chassons camerounaises, elle est exceptionnelle » témoignera au micro de www.lequatriemepouvoir.com Patrick Thomas.

« C’est une très grande joie d’être ici ce soir, parce qu’en tant que chanteuse on en a toujours besoin. Il faut toujours aller dans des endroits comme ça pour déstresser après une longue journée de travail » précisera Arlène.

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