SOCIETE

Violences : Les avocats suspendent le port de la robe

Ce qui entre en exécution du 30 novembre au 4 décembre 2020 est une résolution du Barreau lors d’une session extraordinaire.

 

Le Conseil extraordinaire de l´ordre réuni le 21 novembre 2020 a pris d´importantes décisions en signe de protestation. Ceci jusqu´à ce qu´il soit mis fin la véritable cabale par la libération de tous les avocats détenus d´une part, et d´autre part dans le but de redorer le blason de la profession ainsi souillée.

A l´unanimité des membres du Conseil de l´Ordre présents, trois décisions importantes ont été prises. Il a été décidé de la suspension sur toute l’étendue du territoire national du port de la robe du 30 novembre au 4 décembre pour tous les avocats. Le Conseil invite à renoncer aux hommages judiciaires initialement programmés sur le parvis de la Cour d ́Appel du Littoral et de la Cour Suprême du Cameroun du Bâtonnier Charles Tchakoute Patie, pour les orienter en d’autres lieux plus accueillants pour les avocats, qui seraient ultérieurement indiqués. Et enfin suspend jusqu´à nouvel avis pour tous les avocats toutes interventions devant les juridictions statuant en matière criminelle à tous les degrés de juridiction. Y compris la Cour Suprême et le Tribunal Criminel Spécial et les juridictions statuant en matière de contentieux électoral, y compris le Conseil Constitutionnel.

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Tout en condamnant les brutalités policières perpétrées le 10 novembre 2020 au Tpi Bonanjo, le Conseil de l´Ordre des avocats au barreau du Cameroun réuni en date du 13 novembre, avait exigé contre leurs auteurs intellectuels et opérationnels des sanctions exemplaires. Il faut le rappeler, les avocats Richard Tristel Tamfu Ngarka et Armel Tchuenmegne Kenmegne exerçant dans la ville de Douala, témoins desdites brutalités, avaient été, sans convocation préalable ni mandat, appréhendés à l´avantage de guet-apens tendus par les éléments de la drpj du Littoral pour y répondre à leur tour des intimidations sur une affaire en cours. Gardés à vue du 18 au 20 novembre 2020, date à laquelle ils ont été déférés devant le procureur et placés sous mandat de détention provisoire. Ces derniers ont été notifiés de la date de leur première audience de flagrant délit le 23 novembre 2020 devant le Tpi de Douala en matière correctionnelle

Concernant les éléments d’enquêtes, il ressort que le Procureur de la République près le Tpi de Douala Bonanjo a instruit l´interpellation d´un total de 15 avocats tantôt victimes, tantôt témoins de la barbarie du 10 novembre 2020. Avec la mise en détention des deux premiers, ne permet aucune spéculation sur le sort des treize autres recherchés. Ce qui met à jour, selon le Conseil de l´Ordre, un programme de persécution des avocats par l´utilisation des moyens de l´appareil judiciaire et de certains magistrats ouvertement déterminés. Une étape pour le Conseil qui succède à la précédente, qui aura consisté à les mépriser et à compliquer leur exercice professionnel à tous les stades quoi qu’auxilliaires de justice.

Face à cette situation qui s´analyse de toute évidence en une persécution programmée des avocats transformés en délinquants, le Conseil de l´Ordre invite les avocats plus que par le passé, une attitude de prudence, de calme et de vigilance. De se dominer pour ne point céder, ni à la provocation, ni à la confrontation violente, au risque de tomber dans des pièges multiples tendus affaiblir la corporation, a un moment non anodin, où le barreau, orphelin de son bâtonnier s´apprête à lui rendre hommage.

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