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Massacre des élèves à Kumba : ces étranges non-dits de la tuerie du 24 octobre

Empêcher toute reprise des classes, effectuer des recrutements massifs auprès des jeunes désœuvrés, prendre appui auprès des membres du clergé, telle semble être la nouvelle stratégie des leaders sécessionnistes qui planifient à partir de l’étranger des attaques contre les établissements scolaires dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

 

<<La journée du samedi 31 octobre est déclarée journée de deuil national en la mémoire des victimes de l’attaque le 24 octobre 2020, du complexe scolaire Mother Francisca International Bilingual Academy de Fiango à Kumba, département de la Mémé. Les drapeaux seront mis en berne toute la journée sur l’étendue du territoire national. » Ce sont-là les termes du décret signé le 28 octobre 2020 par le président Paul Biya, après les massacres de Kumba.

Le 24 octobre dernier à Kumba en effet, la Mother Francisca International Bilingual Academy était prise d’assaut par des sécessionnistes terroristes qui ont laissé sur le carreau 7 innocents élèves. Selon nos sources, 12 autres élèves sont aujourd’hui internés dans diverses formations sanitaires de la région où ils prennent des soins. Dans un élan de compassion, les Camerounais dans leur ensemble et la communauté internationale ont condamné cette folie meurtrière.

Curieusement jusqu’ici, aucun mot des organisations de droits de l’Homme donneuses de leçons, à l’instar du Réseau des Défenseurs des Droits de l’Homme en Afrique centrale (Redhac) de Maximilienne Ngo Mbe, irréductible féale de Me Alice Nkom, militante devant l’éternel des droits de l’Homme.

Outre cet acte barbare et inhumain perpétré le 24 octobre dernier contre des élèves à Kumba, nos sources indiquent que toutes ces tueries enregistrées ces derniers temps dans le Noso sont commanditées à partir de l’étranger par les Eric Ta-taw, Ikome Sako, Ayaba Cho, John Bah Akoro, Boh Herbert et notamment Akwanga Ebenezer, commanditaire de l’attaque de Kumba du 24 octobre dernier, à partir du Nigéria où il se trouve.

Commanditaires

Au moment où des voix s’élèvent pour donner des versions diverses après cette tuerie de la Mother Francisca International Bilingual Academy, certains observateurs avertis estiment que la stratégie des sécessionnistes aujourd’hui acculés sur le terrain par les forces de défense camerounaises, consiste à faire feu de tout bois pour empêcher toute reprise de l’école dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Une stratégie qui leur permettrait d’effectuer par la suite des recrutements massifs auprès de ces jeunes devenus désœuvrés, oisifs et sans école pour en faire des enfants soldats, après une brève initiation au maniement des armes et une intense imprégnation à l’idéologie sécessionniste, ponctuée des rites mystiques Odeshi et d’une abondante consommation de chanvre indien. De la vraie chair à canon en perspec-tive…

A en croire nos sources exclusives, les effectifs des groupes armés ayant connu une diminution drastique ces derniers temps à cause de meurtriers coups de boutoir des vaillants éléments de l’armée camerounaise, le désœuvrement ainsi provoqué par la psychose suscitée après la tuerie de Kumba, aiderait alors à pourvoir en hommes les-dits groupes armés. Pour nos observateurs, cette stratégie a déjà été expérimentée par Boko Haram en particulier dans la partie septentrionale du Cameroun.

Et même dans tout le Bassin du Lac Tchad en général. Il est donc question pour ces sécessionnistes de faire feu de tout bois pour créer inéluctablement cette psychose qui empêcherait aux enfants d’aller à l’école. C’est ce qui a été vécu le 24 octobre dernier à la Mother Francisca International Bilingual Academy.

On pourrait même dire que cette recherche d’instiller la peur dans le Noso est activement exécutée depuis quelques temps. C’est ce qui pourrait expliquer davantage tous les assassinats spectaculaires, filmés et diffusés sur les réseaux sociaux, des jeunes filles dans cette partie du territoire camerounais. L’objectif n’ayant pas été atteint, ils ont opté cette fois de monter d’un cran.

Le plus étonnant dans tout ceci, estiment nos sources, c’est le soutien qu’apportent certains membres du clergé camerounais à ces égorgeurs dont la barbarie est aujourd’hui entrain de dépasser le seuil de l’inacceptable. Il se raconte même en petits comités que des leaders sécessionnistes passeraient d’ailleurs par ce clergé pour financer les Ambazoniens. Vrai ou faux ? Une chose reste cependant certaine, des noms insoupçonnés de prélats commencent à être avancés à l’emporte-bouche.

On parle par l’exemple de l’évêque du diocèse de Kumbo, Mgr George Nkuo, qu’on voit d’ailleurs dans une vidéo devenue virale sur la toile, entrain de bénir les sécessionnistes terroristes. C’est également le cas avec le révérend Lafont Isidore ou encore Mgr Agabitus Nfon qui, après l’attaque des élèves à Kumba, aurait désigné les forces de défense et de sécurité comme étant les responsables de cette barbarie.

Comme si cela ne suffisait pas, nos mêmes sources indiquent que le même Mgr Agabitus Nfon aurait tenté d’entrainer ses ouailles dans une marche illégale organisée par ses soins. Une marche qui, indiquent nos sources, a été stoppée net par les forces de l’ordre. Et ceci, après une autre tentative du même évêque qui a voulu pondre un communiqué indexant ouvertement les forces de défense et de sécurité.

D’ailleurs apprend-on, l’actuel évêque de Buea alors en poste à Bamenda et Mgr Michael Miabesue, étaient régulièrement cités dans les milieux séparatistes comme des inconditionnels soutiens des Ambazoniens. Dans les milieux de l’église catholique dans le Noso, la sociologie de l’origine des différents évêques démontrent aisément que ceux-ci sont majoritairement originaires de la région du Nord-Ouest (département du Bui et de la Momo), épicentre de la cause irrédentiste.

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Ceci pourrait-il expliquer cela ? Toujours est-il qu’il devient impératif que ce jeu trouble de certains membres du clergé soit connu du côté du Vatican. Comme qui dirait : le diable est dans l’église. En guise de rappel, très touché par le massacre des élèves de la Mother Fran-cisca International Bilingual Academy, le Pape François a fait une sortie la semaine dernière pour condamner cet acte odieux des séparatistes du Noso.

Sur un tout autre plan, en perpétrant leur coup le 24 octobre dernier, nos sources indiquent que ces terroristes séparatistes entendaient créer un choc au sein de la communauté internationale qui pourrait décider d’intervenir directement au Cameroun par le biais d’une commission d’enquête indépendante, surtout que les donneurs d’ordre et les financiers américains des Ambazoniens ne savent pas dans quelle sauce ils seront mangés au cas où Donald Trump venait à perdre l’élection présidentielle du 3 novembre 2020. Lui dont (Ndlr : Donald Trump) l’administration, à travers Tibor Nagy, son sous-secrétaire d’Etat aux affaires africaines, n’a fait l’économie d’aucun parti pris à l’égard de ces sécessionnistes.

 

Source : La Nouvelle n°565

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