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Le groupe d’Elon Musk enfin admis dans la cour des grands à Wall Street

Attendue depuis juillet, l’inclusion de Tesla au sein du S&P 500, l’indice boursier de référence, va accroître la demande pour le titre. Le cours du constructeur de voitures électriques a grimpé de près de 14 % lundi dans les échanges électroniques après la clôture.

 

Après plusieurs semaines plutôt calmes, le cours de l’action Tesla s’apprêtait à connaître mardi une nouvelle décharge d’adrénaline. La société qui gère les deux indices boursiers S&P 500 et Dow Jones a en effet annoncé lundi soir dans un communiqué que le constructeur californien de véhicules électriques allait rejoindre le mois prochain l’indice S&P 500, qui regroupe les 500 plus grandes entreprises de la place new-yorkaise. Dans la foulée, le cours de la société avait bondi de 14 % dans les échanges postérieurs à la clôture

L’inclusion dans le S&P 500 va favoriser mécaniquement la hausse du cours de l’action : celle-ci va être systématiquement incluse dans de nombreux produits financiers qui suivent mécaniquement ses fluctuations, les ETF, ce qui va accroître la demande pour le titre.

Cinq trimestres de suite dans le vert

 Cette décision était attendue depuis juillet dernier, lorsque Tesla a rempli le dernier critère qui lui faisait défaut pour intégrer le prestigieux indice : aligner quatre trimestres de profits consécutifs, ce que Tesla a réalisé pour la première fois cet été. Mais le nom de la société avait été absent des changements annoncés en septembre dans la composition de l’indice, ce qui avait surpris le marché et brièvement fait dégringoler l’action. L’annonce d’un cinquième trimestre bénéficiaire fin octobre a, semble-t-il, fini de convaincre les gestionnaires du S&P 500.

Cette décision vient couronner la spectaculaire progression du cours de l’action, qui s’est envolé de 483 % en un an, à plus de 400 dollars aujourd’hui. La firme a bénéficié ces derniers mois d’un engouement et d’une exubérance qui ont déconnecté sa valorisation (plus de 386 milliards de dollars lundi soir) des critères d’évaluation classiques. Tesla vaut désormais plus en Bourse que Toyota ou Volkswagen, alors que la société vend 20 fois moins de voitures que ses deux concurrents, et dégage des profits bien moins élevés, même s’ils sont en nette progression

Cette situation scinde les investisseurs et le milieu de l’auto en deux camps. Les uns voient en Elon Musk, le patron de Tesla, un visionnaire. Ils sont persuadés que l’avance prise par la firme dans les batteries, les logiciels de bord ou encore la création d’un réseau de « super-chargeurs » vont continuer de faire la différence à l’avenir

Brevet de respectabilité

Les autres dénoncent une bulle spéculative, entretenue par des annonces calibrées pour soutenir le cours de l’action, et qui va se dégonfler sous la pression d’une concurrence de plus en plus vive sur le marché du véhicule électrique. « Nous perdons quand il s’agit de prix de l’action. Mais quand on en vient aux produits, nous avons un menu complet qui sera choisi par les clients », s’est ainsi agacé il y a une dizaine de jours Akio Toyoda, le patron de Toyota

Dans ce débat, l’inclusion dans l’indice S&P 500 est loin d’être neutre. Elle consacre la réussite de la société (au moins à ce stade) et équivaut à un brevet de respectabilité sur la place financière américaine. L’avenir dira si cette reconnaissance va pousser Elon Musk, réputé pour ses frasques (il avait, entre autres, annoncé la faillite du groupe un 1 er avril) et ses tweets déjantés, à s’assagir.

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