POLITIQUE

Le dangereux recul de la démocratie en Afrique

En Tanzanie, Côte d’Ivoire et Guinée, les dirigeants s’accrochent au pouvoir. Sans respect de la Constitution et des droits des partis d’opposition.

 

Sale temps pour la démocratie en Afrique. En Tanzanie, l’élection présidentielle contestée du 28 octobre a donné lieu à des violences contre les opposants. Celle du 18 octobre en Guinée s’est soldée par la victoire douteuse (et un troisième mandat) du président Alpha Condé. Une trentaine de personnes ont été tuées lors des affrontements qui ont suivi la proclamation des résultats. Et la Côte d’Ivoire est en crise après que le président Alassane Ouattara a remporté un troisième mandat, le 31 octobre, à l’issue d’un scrutin boycotté par l’opposition

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Il n’y a pas si longtemps, la Tanzanie paraissait en bonne voie de devenir une démocratie relativement prospère. Mais depuis que John Magufuli est parvenu au pouvoir en 2015, le pays régresse. Affirmant avoir obtenu 84% des voix lors du dernier scrutin, il entend se dispenser de la limitation du nombre de mandats imposée par la Constitution. En Côte d’Ivoire, depuis son élection en 2011, Alassane Ouattara a lui aussi modifié la Constitution afin de se ménager la possibilité d’accomplir quatre mandats successifs. Après avoir promis de se retirer de la course, il est revenu en août sur sa décision. Le Conseil constitutionnel a approuvé sa candidature tout en interdisant à 40 de ses 44 adversaires de se présenter… L’opposition a appelé à la désobéissance civile et mis en place un gouvernement parallèle dirigé par Henri Konan Bédié. Mais la police a encerclé les domiciles des principaux opposants. L’appui quasi systématique apporté aux sortants par des organismes panafricains comme l’Union africaine ne fait qu’alimenter la fureur des partis d’opposition

Tanzanie, Côte d’Ivoire et Guinée constituent un très mauvais exemple, alors que le continent s’apprête à l’organisation de nouvelles élections. Le Burkina Faso, la République centrafricaine, le Ghana, le Niger et l’Ouganda doivent bientôt se rendre aux urnes. Leurs dirigeants seraient bien inspirés de tourner leurs regards vers les Seychelles, où, le mois dernier, l’opposition a remporté une élection présidentielle pour la première fois depuis l’indépendance de 1976. Le perdant a courtoisement assisté au discours de victoire de son adversaire.

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