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[CHRONIQUE] Ko-C et Coco Argentée ressuscitent Racine Sagath dans « Caleçon »

Revenons 20 ans en arrière. « Nem Mi tié » l’album éponyme de Racine et de son groupe nommé Sagath, percent au marché du disque camerounais. Entre percussions, guitare électrique, le doigté de Patou Bass, et pas de danses énergiques, le Bikutsi, symbole de la célébration sexuelle chez la femme, connaitra une seconde vie à cette époque. Le rappeur KO-C et la « Go galaxie » sont allés revisiter à leur sauce ce titre, dont le vidéogramme a été dévoilé le 21 Octobre 2020.

Dans cette chanson, les deux artistes font mention de l’amour par intérêt qui se termine par des infidélités. Des images que l’on a en mémoire dans de nombreuses relations aujourd’hui, surtout si l’on s’en tient aux schémas sponsor-femme au foyer. L’affaire qui se termine en justice, va laisser éclater la vérité au grand jour, lorsque la dame mariée, dos au mur se retrouve à nier l’iniable. Ne dis-t-on pas qu’une vérité avouée est à moitié pardonnée ? L’amant s’est donc retrouvé obligé de montrer les preuves de l’adultère consommé ! Quelle image !

Ce qui est frappant c’est la fusion afrobeats-bikutsi-BenSkin qui y interagit. Surtout lorsqu’on sait que le rappeur est habitué à un style des plus intriguant et se transforme en apôtre de la polyvalence musicale. Cependant, il n’est pas totalement sorti de son carcan, mais ose plutôt une collaboration des plus affranchies, et des plus colorées de la fin d’année. Mais à y bien regardé, la rythmique n’est pas différente de son tube « balancé » par lequel il s’est fait connaitre de son public, mais l’addition de l’un des classiques de Talla André Marie, font du titre un pont musical original.

Ko-C a-t-il tenté le diable?

Des textes crus qui abordent les relations amoureuses et la sexualité, des métaphores hardies chantées par des voix chaudes et puissantes, des coups de reins vertigineux à en donner le tournis: voilà la savoureuse recette du bikutsi. Un rythme frénétique Coco Argentée refuse la fatalité liée à l’infertilité dans « Martha »aux allures d’exutoire, originellement pratiqué par les femmes du centre et du sud du Cameroun, qui a occupé le devant de la scène musicale de 1985 à 2010;

La plupart des chanteuses de bikutsi abordent sans détour la question du plaisir féminin. « Dans une société où on apprend aux jeunes filles à être réservées et discrètes, des femmes se sont mises à chanter haut et fort leurs envies sexuelles. Des femmes comme K-Tino, la mère du bikutsi qui, au début des années 90, marquées par une vague de revendications démocratiques, enflammait les Camerounais autant qu’elle les choquait avec ses titres « La queue de ma chatte », « Action 69 » ou « le 7ème ciel ». Coco Argentée, fait partie de cette génération de fire-woman, qui laisse ses traces notamment à travers son album « Ouragan ». L’hypersexualisation est omniprésente dans le bikutsi.

 

 

 

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