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[CHRONIQUE] Avec « Love & Hustle », la rappeuse Kameni met-elle le Game 237 d’accord?

Même si la jolie Kameni est cataloguée dans la rubrique devenue un peu fourre-tout, de l’afropop, elle a en réalité un don pour revisiter la plupart les genres musicaux qu’écument les artistes camerounais de la nouvelle génération. Eboube Kate Kameni de son vrai nom, entre une attitude de « Good  girl gone bad » et « Street Queen », tente d’ouvrir une porte dont les clés lui ont été données d’avance. Immersion au sein de son premier projet musical de 6 titres, dévoilé le 31 juillet 2020 à Douala, par celle qui est surnommée « la reine des Mashup »!

 

Kameni ou l’histoire d’un destin déjà tracé?

Originaire de Bafang, dans l’Ouest-Cameroun, elle a grandi à Limbé, région du Sud-Ouest dont une partie est en proie aux violences nées de la crise anglophone. Née de parents musiciens, c’est littéralement le point de départ de sa passion de son enfance à sa vie adulte. C’est d’ailleurs à l’Université de Buéa, qu’au fil du temps, elle va s’y accomoder. Kameni fait donc la rencontre de plusieurs sœurs et frères d’armes dont Daphné de Steven Musics ou encore Mr Léo, qui est aujourd’hui son mentor, et CEO de LION productions, le label qui l’a produit. Elle en redemande, et se met au travail afin d’attirer les étoiles vers elle.

Elle va donc caresser son rêve en 2018 notamment en se dévoilant via les réseaux sociaux. INSTAGRAM lui fera donc la part belle par sa reprise du titre « BamBam » de l’artiste nigérian TIMAYA. Elle se fait donc repérer, et son talent est mis à rude épreuve.

En avril 2019, elle met sur le marché son premier single « Boss », comme pour remercier toutes ces personnes qui l’ont soutenue dans sa voie de chanteuse. « Soulever » un son club aux sonorités afro en feat avec Gomez & Mr Léo dévoilé le 12 juillet 2019 lui a servi de pont, tout comme plusieurs Mashup.

Elle enchaine cette fois ci en Aout de la meme année, « Nayo Nato » son véritable premier tube qui cumule à ce jour à 2 millions de vues sur Youtube. Ici, elle dénonce les pressions sociales que subissent les gens dans leurs familles au gré des réussites.

« Love & Hustle » ou le Couteau suisse 237

Dans le premier extrait « Ghetto », Kameni a un flow très mordant, elle prend des allures de rebelles, de dominantes, de bad girl pour crier à qui veux bien l’écouter qu’elle vient du Ghetto, dans un décor style de guerre elle implore à ceux-là qui savent être des obstacles pour les autres de bien vouloir laisser passer. Avec une rythmique très enjouée, il s’agit d’un cri à sa propre personnalité, dirait-on son identité, auditivement, il est reggae dance hall.

Merci. La chanson démarre similairement au duo FUL-DAPHNE dans « Reviens-Moi », avec une guitare en fond sonore qui laisse place à la curiosité. Les samples ne sont pas si différents des couleurs qu’introduisaient le groupe nigérian P-SQUARE. La philosophie dans ce titre est la reconnaissance envers Dieu, l’appel à l’humilité.

Announcement. Ici, pas d’efforts au niveau de la créativité, de la composition. La chanson se rapproche tellement du titre « Away » de P-Square, on dirait d’une pâle copie. Dansant et agrémenté d’une sauce Soul, Kameni essaie d’imposer son style.

Tombé. Certainement la meilleure chanson de son EP. La rappeuse fait du rap-chanté son crédo dans une histoire d’amour mélancolique. La chanteuse pourrait faire une réédition de ce titre avec des voix francophones ou anglophones que la colonne musicale resterait. Dancehall, afropop, reggae, trois identités sont présentes dans cette chanson.

Touch Me. A la façon « Work » de Rihanna, il s’agit d’une chanson club d’addiction et de provocation, séduction à l’américaine. « Baby Touch me now, arrête de trop parler » quoi de plus explicite. Mais ce qui est surprenant dans cette chanson, c’est qu’il se détache progressivement, dansant et entrainant.

Sweet Mama. Kameni y propose un style très alternatif dans ce titre hommage aux mamans du monde, à sa propre mère, pour tout le bien fait durant toute notre vie. Black Uhuru, Peter Tosh, ou Damian Marley feraient certainement semblant de se retourner sur peut être 20 écoutes, mais il ne laisse pas place à un véritable coup de cœur qui laisserai saliver un Festival de Musiques contemporaines.

Un style Jamaïcain: Sean Kingston version féminine

La particularité de KAMENI est qu’elle conjugue les styles musicaux à sa sauce, et réussi par un tour de passe-passe à donner vie à une production musicale. En témoignent ces nombreux Mashup. Avec une voix semi-grave, qui se confond à un pratiquant du créole jamaïcain, l’une des langues de l’Ile, on peut dire que c’est réussi. « Nobody Has Know » l’une de ses cover sortie en 2019 le démontre. Elle combine la Soul, le reggae, et le reggaeton, l’une des rythmiques prisées en Amérique Latine et enfin du shuffle jamaïcain.

Le shuffle, est un style musical américain de blues né dans les années 1940. Il est caractérisé par l’emploi d’accords à contretemps, qui incitent à danser. Le groupe jamaïcain dominant les séances de studio de blues dans l’île s’appelaient Clue J and the Blues Blasters à l’époque, menée par le bassiste Cluett Johnson entre 1956 et 1962, où le shuffle était très populaire sur les pistes de danse de l’île. C’est sur cette lancée que se situe la rappeuse.

Le Cameroun à la conquête du Monde

La démographie et le talent n’expliquent pas à eux seuls le succès phénoménal de l’industrie musicale sous d’autres cieux tout comme au Cameroun, qui s’appuie aussi sur de puissants lobbies et réseaux d’influence. L’afrobeats (à ne pas confondre avec l’afrobeat, créé par la légende Fela à la fin des années 1960) a fait du chemin depuis sa naissance, il y a une quinzaine d’années. Ce courant musical, qui doit son nom à un DJ londonien, DJ Abrantee, s’appuie sur des rythmiques nigérianes et ghanéennes, des influences hip-hop, R’n’B, généreusement saupoudrées d’Auto-Tune.

C’est exactement ce qu’essaient de composer les artistes 237 sur du rap chanté et leurs variantes, entre Stanley Enow, Bantou Possi, Krotal, Roggy Stentor, Blaise-B, Salatiel, Blanche Bailly, et bien d’autres. Pour le moment, bien qu’il y’ai un mouvement visible au 237, l’aspect compétitif devra exploser avec la multiplication de moyens, et la naissance de stratégies nouvelles musicales, en additionnant, les besoins du public, la connaissance du marché, la valorisation de l’artiste, la créativité et les perspectives.

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Au Nigéria, il a commencé à dominer les charts grâce à des artistes comme P-Square (10 millions de disques vendus pour l’album Get Squared), D’banj (et son hit « Oliver Twist ») ou encore 2Face Idibia (« African Queen »), pour des transformations intervenus avec des perles tels Angélique Kidjo, Yemi Alade ou encore Burna Boy.

 

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