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Yaphoto acte 4 : Une exposition qui appelle à la remise en question

L’image comme un véhicule des consciences et de l’histoire, Yves Chatap et son équipe veulent démasquer notre passé. Un déjeuner de presse a été organisé mercredi 18 mars 2020 à Yaoundé, pour cette quatrième édition.

Reconstituer le passé, reconstruire l’avenir. Tel est le maitre mot du Directeur artistique de cette nouvelle exposition de Yaphoto. « Désillusions » tel est le thème choisi pour cette année. Perte de l’illusion, sentiment d’une personne qui constate que la réalité est différente de celle qui était imaginée sont les sentiments phares qui animeront cet apostrophe culturel. Faire de la photo, une représentation de son état d’esprit, mais aussi une connexion vers la réalité telle qu’elle se présente.

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Rapport entre conscience et images : redessiner notre environnement

L’illusion perceptive bidimensionnelle se manifeste par la rencontre entre un objet perçu une image et un sujet percevant, le sujet considérant étrangement le perçu pour autre chose que ce qu’il est. Contrairement au cas de la tromperie, l’illusion n’est pas caractérisée par une croyance fausse du sujet concernant l’objet, mais par un leurre qui subsiste, même quand on sait que l’objet supposé n’existe pas.

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Sans distinction précise entre illusion et tromperie, il n’aurait pas été possible de se rendre compte que le leurre fait partie du quotidien. Ainsi, un individu voulant savoir ce qu’est un pâtisson et se rendant à la bonne page d’un dictionnaire illustré ne comprend pas qu’un pâtisson est un dessin avec telle et telle caractéristiques, alors même que c’est ce qu’il a devant les yeux. Il comprend qu’il s’agit d’une cucurbitacée, et donc de quelque chose pourvu de volume, même s’il n’en savait peut-être rien avant de voir l’illustration.

Antoine Tempé par exemple, a essayé de réhabiliter les mémoires de l’ancien palais de justice de Dakar, via Débris de justice : éloge de la ruine. Il s’agit d’un bâtiment inauguré en 1958 par Pierre Mesner, Haut-commissaire français de l’Afrique occidentale à l’époque. Cela renferme des dossiers, mais aussi les traces de la colonisation.

Les artistes ont tenté de perfectionner leurs techniques mimétiques. Il y aurait donc eu une époque historique particulière pendant laquelle les sujets auraient été leurrés par les images (parce que bien faites), tout en étant aussi prompts à considérer les images pour leur tracé bidimensionnel (parce que le pacte n’était pas encore de l’ordre de l’évidence). C’est dans une telle configuration que l’illusion s’avère intéressante : le spectateur a ce regard particulier, celui oscillant entre vision illusoire et vision fidèle, entre immersion dans l’image et émersion de l’image pour ne plus considérer que sa surface.

« Silence » d’Ange Kayifa en 2019, Sarah Dauphine Tchouatcha avec « Des…enchantements », essaient chacun de son coté, d’établir un lien entre le deuil, une communication non verbale et la découverte d’autrui, ou du dépassement de soi lors des épreuves. Nyaba Ouedraogo par contre fait appel à la magie en racontant des épopées, de Blanche Neige à la Belle au bois dormant, en mettant en valeur les communautés africaines, comme pour nous rappeler de l’universalité.

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