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Avec sa voix, Joyce Babatunde offre un sublime voyage dans le temps

Dans le cadre du concept « Sérénades tropicales », l’artiste a gratifié le public d’un spectacle inédit à Yaoundé le 6 mars 2020. Elle était accompagné pour la circonstance, du groupe « Drums & Bass ».  

À guichets fermés, le concept naissant des « Sérénades tropicales » souhaite redonner gout aux mélomanes, pour le live et surtout de la bonne musique. Le groupe mythique « MACASE » sous la houlette de Serge Maboma, met les petits plats dans les grands. Pour cette deuxième sortie, c’est la chanteuse Joyce Babatunde qui est à l’honneur. Elle n’est pas venue seule. Dans ses bagages, se trouve un crew assez atypique : Drums & Bass.

les musiciens à l’œuvre

Il est 21H15 à notre montre. Annonce faite, les hostilités peuvent commencer. C’est avec une pointe de piano, ensuite à la batterie, puis guitare solo et Bass que les couleurs sonores se montrent. Un savant mélange de Jazz, d’afropop et de bossa nova dans une symbiose extraordinaire près de 40 minutes. L’aura qui s’en dégage donne des frissons, mais aussi emporte sur une composition singulière made in Cameroon. Bien que la musique ait une dragée universelle, ils donnent du sourire. C’est sous les acclamations que Joyce fera son entrée sur scène. Quoi de mieux pour terminer la semaine de la femme en beauté.

 

Une incroyable ressemblance vocale avec Lauryn Hill

Joyce se classe parrmi les voix soprano dans tous les sens du terme. Mais grâce à sa polyvalence, au travail acharné, elle réussit à nous séduire suivant quatre voix dans une ballade locale de la région de l’Ouest, teintée de folk, ben skin et pop. Ténor, lyrique, soprano, ou à voix, sa capacité à transmettre les émotions sont sans égal. Joyce conte le vécu, autrui, et ses découvertes, mais surtout son amour pour sa « patrie » dont elle est originaire : Le Nord-Ouest. Bilingue, elle manie avec dextérité dans « Grace », ou encore « My everything » ou elle parle d’amour et de protection du Très-Haut.

Lorsqu’on écoute Joyce, l’on pense à certaines voix de Harlem, ou de Californie aux Etats-Unis. Ce que Babatune nous propose, se rapproche considérablement avec l’une des meilleures voix pop au monde : Lauryn Hill du groupe Fugees dont les concerts sont inoubliables.

 

Lauryn a une voix absolument intacte, brisée comme il faut, un timbre qui ne connaissait alors aucun équivalent dans la nouvelle génération américaine. Deux albums avec le groupe Fugees (1994 et 1996), un album solo (1998) et un enregistrement live (2002), puis des disparitions ponctuées par quelques rares titres dévoilés sur Internet, seront ses canaux. Sa tournée internationale sur les 20 ans de son seul album studio de sa carrière The Miseducation of Lauryn Hill en septembre 2019 l’a poussera dans ses derniers retranchements.

D’ailleurs, la scène RnB est alors dominée vers la fin des années 90, par une poignée de chanteurs-producteurs tels R. Kelly, Teddy Riley, Boyz II Men, et des interprètes comme Toni Braxton, TLC, ou la défunte Aaliyah qui ont imposé un style teinté de gospel.

Joyce Babatunde s’inscrit dans ce modèle. Lorsqu’elle chante, on dirait que la partie pop et RnB en elle,  fait resurgir les glorieux anciens à l’image d’Otis Redding, Al Green, Bill Withers, ou plus récent Mary J Blige. Joyce c’est la performance vocale, l’émotion surjouée, la soul dans l’âme en quelque sorte lorsqu’elle nous chante « Happy sing », et la reprise du song à coloration gospel de Deep Forest (reprise éhalement  par wes Madiko).

Une sublime magicienne

Elle figure par ailleurs sur l’album « Akiba » du chanteur à voix Cysoul, via le titre « Hope » dévoilé le 14 juin 2019.

Sa musique mélange dans un coloris unique Soul, Afro jazz, Rap et Reggae. Encore étudiante en droit des affaires, elle a sorti quelques chansons en ligne parmi lesquelles « Bountiful Faces » et « Chill’am ». Depuis 2016, elle a publié deux chansons sur des plateformes numériques de musique : «Baby Did It», une chanson afro-pop. Elle qui fait du slam, prépare actuellement son premier album.

Sa réaction d’après spectacle (Interview traduit de l’anglais)

Le Quatrième Pouvoir : Comment fait Joyce pour naviguer entre différents styles musicaux?

Joyce : (Rires) C’est une question difficile à répondre. J’écoute de nombreuses chansons sorties de différents univers, que ce soit de la musique indienne ou autre. C’est un peu facile pour moi de naviguer entre les genres musicaux. J’ai été danseuse à l’école, j’aime beaucoup les musiques qui sortent de l’ordinaire, qui touchent mon âme. J’essaie de m’inspirer de tous ces trésors, c’est un peu lorsque quelqu’un a plusieurs voitures, aujourd’hui tu es avec une lamborghini, demain avec une autre. La musique c’est comme la nage, elle me permet d’explorer ailleurs.

« L’album sera intitulé Caléidoscope (…) ce sera une production expérimentale emplie de diversités ! »

Le Quatrième Pouvoir : Une voix polyvalente comme Asa, Lauryn Hill ou Demi lovato. Vous avez mentionné un projet d’album, comment s’appelle-t-il et que réservez-vous au public ?

Joyce : L’album sera intitulé « Caléidoscope ». Ce sera exactement comme ce qui vous été servi cette soirée. Ce sera de la diversité, un album expérimental, donc différentes musiques. Avec une bonne coloration afro, des nuances africaines. Je peux vous promettre que ce sera magique et extraordinaire, par conséquent croiser les doigts, car la température sera extrême!

Le Quatrième Pouvoir : Des scènes en dehors des sérénades tropicales ?

Joyce : Oui bien sûr. Pour le moment mon agenda est axé sur les travaux en studios. Mais si vous souhaitez en savoir plus je vous conseille de me suivre sur mes comptes sociaux officiels pour des mises à jour de mes déploiements.

Merci Joyce !

Thank You !

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