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Cameroun: Les raisons du faible taux de participation

La peur et les appels au boycott de l’opposition ont plombé le double scrutin législatif et municipal de ce week-end.

Dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, soldats et séparatistes se sont affrontés pendant quelques heures hier dimanche 9 février juste avant l’ouverture des bureaux de vote. Ce climat d’insécurité a dissuadé les électeurs qui ont préféré rester calfeutrés chez eux.

« Il y a eu énormément de violence et nous regrettons vraiment que le régime Biya, pour consolider son pouvoir, puisse mettre en danger la vie de ses propres citoyens, tout simplement parce qu’ils veulent s’imposer par la force, comme dirigeants du Cameroun », soutient Edith Kahbang Walla, la présidente du CPP (Cameroon people’s party) qui est aussi originaire du Nord-Ouest anglophone.

Boycott

Le fort taux d’abstention s’explique aussi en partie par l’appel au boycott lancé par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun de l’opposant Maurice Kamto.

« Même les représentants de l’Union africaine disent que le taux de participation est de 28 %. Donc nous sommes à un taux d’abstention de plus de 70% », se rejouit Okala Ebodè, trésorier national adjoint du parti.

Selon lui, « ce taux d’abstention, ce taux de boycott, est la preuve que les Camerounais pensent à autre chose, rêvent d’autre chose de mieux, notamment pour ce qui est du système électoral, Ils rêvent de l’amélioration de leur condition de vie, du retour de la sécurité. Nous ne regrettons pas d’avoir appelé au boycott. Nous sommes plutôt satisfaits. »

Transition

En dépit du boycott actif de l’opposition, le président Paul Biya pense à l’avenir du processus électoral. Il a annoncé la tenue de prochaines élections régionales. Pour éviter l’enlisement, Edith Kah Wallah propose la mise en place d’une transition politique :

« Nous continuons sur notre plan d’action qui est celui de former, d’éduquer, de préparer la population camerounaise à l’action non-violente et massive pour une transition politique au Cameroun. Toutes les formations politiques qui sont pour une transition politique sont les bienvenues au sein de la plateforme », explique Edith Kahbang Wallaqui a été candidate à l’élection présidentielle de 2011 dans son pays.

Les résultats des élections municipales devraient être connus dans les 72 heures, et ceux des législatives au plus tard dans 20 jours.

/ DEUTSCHE WELLE

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