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Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara fait la promesse d’une « année électorale paisible » dans ses vœux du Nouvel an

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a promis mardi « une année électorale paisible » en 2020, année de la prochaine présidentielle en Côte d’Ivoire. Ses deux opposants, Henri Konan Bédié et Guillaume Soro, ont répondu avec leurs propres messages de vœux dénonçant des atteintes à la démocratie.

Comme un air de campagne électorale avant l’heure… Mardi 31 décembre, le président de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara, l’ex-président Henri Konan Bédié et l’ex-président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, ont lancé quasi simultanément sur les ondes et sur Internet leurs allocutions du Nouvel an.

Alassane Ouattara a promis « une année électorale paisible » en 2020, année de la prochaine présidentielle, tandis que ses deux opposants ont dénoncé les atteintes du régime à la démocratie.

Dans sa traditionnelle allocution diffusée sur la télévision publique à 20 h (locales et GMT), le président Ouattara s’est en effet voulu rassurant, alors que la vie politique est déjà tendue à dix mois de la présidentielle prévue en octobre, dix ans après la terrible crise post-électorale qui fit 3 000 morts. « 2020 sera une année électorale paisible, je vous en fais la promesse », a-t-il affirmé, exhortant « tous les acteurs de la vie politique ivoirienne à faire preuve de responsabilité en préservant la paix ».

Pour préparer les élections, le président ivoirien a indiqué avoir demandé au Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, de « rencontrer les partis politiques et la société civile dès janvier, avant de finaliser le travail sur le code électoral ».

« Aucune tentative de déstabilisation ne pourra prospérer », a-t-il martelé, répétant des propos déjà tenus samedi.

Guillaume Soro dénonce une « cabale » à son encontre

La candidature de Guillaume Soro, premier candidat déclaré à l’élection, est obérée par ses ennuis judiciaires. Alors qu’il voulait rentrer en Côte d’Ivoire après six mois en Europe, l’ancien Premier ministre, ex-chef de la rébellion ivoirienne des années 2000, s’est vu accusé de « complot » par la justice ivoirienne, qui le soupçonne d’avoir préparé « une insurrection civile et militaire » pour s’emparer du pouvoir.

Défiant le président Ouattara en s’exprimant à la même heure que lui, mais sur les réseaux sociaux dont il est un adepte pour sa communication, Guillaume Soro, 47 ans, a réfuté vivement ces accusations.

« Toute cette cabale vise à m’écarter de la course présidentielle dont je suis le favori », a-t-il affirmé. Il a fustigé « les innombrables atteintes aux droits humains, à la faveur d’un durcissement inouï du régime », qui cherche à « museler l’opposition ».

Henri Konan Bédié parle d' »instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif »

Un peu plus tôt, Henri Konan Bédié, chef du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principal mouvement d’opposition, a dénoncé une « instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif », qui « rabaisse l’État de droit et la démocratie », sur la webTV du PDCI lancée en novembre.

Il a critiqué « le refus du gouvernement de créer les conditions propices pour un scrutin présidentiel apaisé », mettant en cause la commission électorale qu’il juge déséquilibrée en faveur du pouvoir, et soulevant la question de la gratuité de l’établissement des cartes d’identité, nécessaires pour voter.

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