Société: Jean Claude Mbarga réclame 700.000.000 de FCFA à la CUD

Par un recours gracieux préalable, l’ex-receveur municipal de la Communauté urbaine de Douala dit avoir subi un préjudice pluriel. Il réclame par ailleurs que la décision le suspendant de ses fonctions soit rapportée.

Fritz Ntone Ntone et Jean Claude Mbarga sont loin d’avoir fumé le calumet de la paix. L’escalade entre le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala (CUD) et l’ex-receveur municipal de cette institution, a franchi un nouveau cap ce 3 septembre 2018. Dans une correspondance, ayant en objet «Recours gracieux préalable», adressée au délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, Jean Claude Mbarga dénonce successivement, «les scellés apposés sur les portes donnant accès» à son bureau, «sa suspension de fonctions» et «la nomination d’un intérimaire». Estimant par conséquent que Fritz Ntone Ntone «a indéniablement outrepassé ses fonctions et prérogatives ». Jean Claude Mbarga relève dans cette correspondance, «un acte entaché d’irrégularités», «d’excès de pouvoir et d’abus de fonctions». Il est également constant que cet acte, de par sa large publication, a jeté «l’opprobre et du discrédit sur le serviteur de l’Etat que je suis en responsabilité continue depuis 1996 sur le plan national, président du comité d’audit du Réseau africain des instituts des finances publiques depuis 2017 sur le plan international et par ailleurs Officier de l’Ordre national de la valeur», poursuit le recours gracieux formulé par l’ex receveur municipal au délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala.

Fort de ce constat, Jean Claude Mbarga pense, «conformément à la loi», que Fritz Ntone Ntone devrait «rapporter son acte» signé le 22 août 2018. Se réservant également «le droit de réclamer juste réparation du préjudice pluriel» que l’acte du délégué du gouvernement lui aurait causé. 700.000.000 millions de FCFA, c’est «la modeste somme» fixée «provisoirement» par Jean Claude Mbarga pour «réparation du préjudice» subi.
En lieu et place de Jean Claude Mbarga, Mme Halima, epse Touko Marlyse avait été désignée pour assurer les fonctions de receveur municipal, par intérim. De bonnes sources, le receveur municipal désavoué aurait été admis à faire valoir ses droits à la retraite depuis 2015. Trois ans passés, Jean Claude Mbarga a curieusement occupé ce poste jusqu’à la décision de Fritz Ntone Ntone de faire sceller son bureau par la police municipale. D’autres sources font plutôt état de «rapports difficiles entre les deux personnalités». La décision signée par Fritz Ntone Ntone enjoint Jean Claude Mbarga à «libérer son logement de fonction».

La mesure du délégué Ntone Ntone a pourtant été fortement décriée. D’abord, sur le vice de forme dans la désignation d’un receveur municipal, dont les prérogatives appartiennent conjointement aux ministres des Finances et de l’Administration territoriale, apprend-on d’une source. Par la désignation même à titre intérimaire, d’un receveur municipal, Fritz Ntone Ntone aurait ainsi fait voler en éclat ce parallélisme administratif de forme.
Ensuite, sur la qualité de la police municipale, la même source indique «une confusion de missions régaliennes entre la police municipale et la police ou la gendarmerie nationale». La police municipale dotée de pouvoir de police en matière de lutte contre le désordre urbain dans la ville de Douala ne saurait ainsi intervenir dans le cas d’espèce. Le ministre des Finances Louis Paul Motaze décidera, lui aussi, également pour «nécessité de service », de désigner un autre receveur municipal intérimaire, en la personne de Champlain Meyanga Bitoumou, inspecteur du trésor, précédemment fondé de pouvoirs à la paierie spécialisée auprès du ministère des Travaux publics. Si la décision signée ce 27 août 2018 confirme la mise en retraite de Jean Claude Mbarga, elle prévoit également «une régularisation par un acte ultérieur du ministre des Finances». Il y a quelques jours encore, Fritz Ntone Ntone intimait l’ordre à Champlain Meyanga Bitoumou et Jean Claude Mbarga d’effectuer dans les meilleurs délais une passation de service. Faute de quoi, il menaçait de sévir.

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