Monday, 05 February 2018 20:21

CRISE ANGLOPHONE : ERIC VARENI, DP DU QUATRIEME POUVOIR « L’ETAT DU CAMEROUN DOIT POUVOIR MAINTENIR SON ROLE REGALIEN »

Written by LA REDACTION

L’arrestation des sécessionnistes anglophones au Nigéria il y’a quelques semaines, continuent d’alimenter les conversations. Leur « extradition » suscite de nombreuses interrogations. Le journaliste Eric Vareni pose un regard sur cette question pertinente. Des propos recueillis par le Journal L’Emergence.

 Finalement Sisiku Ayuk Tabe et 46 autres sécessionnistes ont été extradés par le Nigéria au Cameroun. L’information a été confirmée par le gouvernement camerounais. On se rend finalement compte qu’il y a eu au préalable une certaine omerta sur cette affaire entretenue à la fois par le Cameroun et le Nigéria qui n’a jamais officiellement accepté avoir capturé ces individus. De même, alors que le HCR croyait que les mis en cause étaient toujours au Nigéria, ils déjà au Cameroun. Ce n’est qu’après confirmation du Cameroun qu’ils se sont rendus à l’évidence. Qu’à cela ne tienne, ces prisonniers sont quand même une patate chaude entre les mains camerounaises dont les autorités ont déjà promis de faire entrer en jeu la justice. Mais nul doute que sachant que certains des prisonniers ont soit des nationalités étrangères (américaine notamment) soit des cartes de réfugiés, la pression internationale risque d’être forte. D‘où les questions suivantes :

 

EMERGENCE : Le Cameroun peut-il supporter la pression internationale sur ce dossier ?

 

ERIC VARENI : Le régime de Yaoundé a bel et bien pu gérer la pression des acteurs internationaux relatifs à leur extradition. Il s’agit d’un dilemme qui concerne avant tout la sureté de l’Etat, sinon sa sécurité. Le gouvernement camerounais saura bien prendre les mesures qui s’imposent notamment en ce qui concerne leurs parutions judiciaires et la pluralité de leurs statuts.

 

EMERGENCE : On a vu comment « l’étranger » Nganang a été libéré grâce à la pression car on excipait bien sa nationalité américaine. Sachant que certains des prisonniers ont soit des nationalités étrangères (américaine notamment) soit des cartes de réfugiés, qu’est-ce que cela pourrait changer dans ce dossier ?

 

ERIC VARENI : Il est difficile de savoir ce qu’il en retourne pour plusieurs raisons ? D’abord, le cas Nganang était un dossier à part entière qui allait au-delà des superstitions politiques et des déclarations qui ont suivi. L’écrivain jouit d’une notoriété à l’échelle mondiale dans son art. L’équation était donc difficile pour le gouvernement d’appuyer dans l’ombre le dossier. La seconde raison est que l’extradition s’est passée suivant les accords inscrits au sein des commissions mixtes au vu de la coopération conjointe avec Abuja. En conséquence, la substance de cette affaire sera plutôt concentrée sur les chefs d’accusations plutôt que sur le statut des accusés, au regard des exactions commises (à la justice d’en décider) par les accusés dans le cadre de la crise anglophone. Il est à rappeler que Yaoundé et Abuja se sont entendus pour ne pas être les bases arrières négativistes visant leur sécurité mutuelle. (Ainsi martelé par le Ministre de la communication Issa Tchiroma Bakary au dernier point de presse)    

 

EMERGENCE : Mais est-ce que dans ce genre de situation où des individus sont accusés de séparatisme, l’Etat ne doit-il pas rester fort et réprimer si leur culpabilité est avérée, ce sans tenir compte des pressions internationales ?

 

ERIC VARENI : L’Etat du Cameroun doit pouvoir maintenir son rôle régalien en matière de préservation de la sécurité et de l’ordre public. Cependant, des gardes fours doivent être érigés pour ne pas absolument perdre la face dans la gestion de cette crise qui aujourd’hui en est au stade de la violence, sinon de la militarisation. Lorsqu’on observe ce qui se passe du côté de la région du Nord-Ouest ces derniers jours, on y voit un théâtre de guerre plutôt qu’une période d’accalmie. Les pressions internationales doivent s’accompagner de certaines garanties au cas les deux parties montreront des signes de bonne foi. Car, il est clair que la crise ne s’éteindra pas demain et risquera de créer un déphasage ou un décalage vis-à-vis du calendrier électoral en approche.

 

 

Propos recueillis par La Rédaction du journal EMERGENCE

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