Tuesday, 03 July 2018 04:14

UN PLAN TRIENNAL À REPENSER – FREDERIK TCHOUNGUI: “PLUTOT QUE DE METTRE LA CHARRUE AVANT LES BŒUFS, NOUS DEVONS VALORISER LE PROGRES TECHNIQUE »

Written by FREDERIK TCHOUNGUI

Mis en place par le Chef de l’Etat, le plan triennal spécial jeunes fait l’objet de vifs échanges sur la place publique. Notre analyste politique, jette un regard transversal sur cette opportunité, via sa chronique 2.0.

Le 9 mars 2018, je me suis rendu dans l’après-midi en taxi à l’université de Yaoundé 1, pour échanger avec des étudiants et amis fréquentant ce campus.

Comment les ai-je rencontrés ? Plus jeune, quand je vivais encore de manière permanente au pays, nous nous retrouvions pour faire des parties de football et des liens indélébiles se sont créés.

 

Je les ai rejoints  à la suite d’un embouteillage indescriptible à la poste centrale. Nous avons parlé de la Can 2017, mettant en lumière l’exploit inattendu non sans fierté de nos Lions Indomptables et des préparatifs de la Can 2019. Nous avons ensuite abordé cette année 2018 ! Une année charnière tant elle est jonchée de nombreuses échéances électorales. Mes frères de l’université et moi, nous sommes amusés à faire des pronostics à tue-tête sur les futurs candidats et  la teneur de leurs programmes électoraux.

 

Par la suite, nous avons évoqué la prolifération des églises, nous en inquiétant car les lieux d’adorations informels qui poussent ici et là ne sont nécessairement pas de bonne augure pour une société et avons conclu que cela est sans doute dû au sous-développement. L’homme qui n’a plus vraiment foi aux pouvoirs publics se tourne vers les religions pour espérer des jours meilleurs.

 

Un sujet concret a néanmoins particulièrement retenu notre attention. En effet nous nous sommes longuement attardés, sur le fameux plan triennal qui a été lancé le 10 février 2016 à l’initiative du Gouvernement et plus précisément par le MINJEC (Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique).

 

Le mot Triennal, signifie : « pour une durée de trois ans ou dans trois ans » cet ambitieux projet a pour principal but de soutenir 1.500.000 jeunes dans leurs aspirations et afin de leur permettre d’accéder à une autonomie financière certaine en 3 ans! Assez utopique diraient certains… Certainement !

 

Ce plan est composé de trois axes :

- Comprendre les aspirations des jeunes Camerounais comme évoqué ci-dessus, - Le second axe est de renforcer les compétences de ces jeunes via des formations qui vont dans le sens de leurs ambitions afin d’insuffler « une fibre patriotique » à ces projets.

- Le dernier axe vous vous en doutez, est le contrôle qui va permettre d’évaluer les résultats de ce projet d’ici 2019. Le projet coûte pas moins de 102 milliards francs CFA. Ces échanges raisonnés, m’ont conduit à une problématique évidente.

 

Quels sont les ingrédients pour qu’une zone géographique parvienne à l’émergence?

Tout d’abord je tiens à saluer cet ambitieux projet gouvernemental, car toute initiative peu importe son degré de faisabilité, de concrétisation,  d’implémentation et d’impact sociétal doit être reconnu et encouragé.

Il faut savoir que pour qu’un plan économique ait de l’impact dans une région, il faut qu’il y ait trois aspects prépondérants :

- Le premier doit prendre en compte tous les acteurs économiques, afin que tous bénéficient des retombées.

- Le second est qu’il y ait une portée non pas conjoncturelle mais structurelle. Pour développer notre pays, il faudrait mettre en place des canevas viables sur 15 à 20 ans minimum.

- Le troisième aspect est d’œuvrer dans le sens de la création d’une classe moyenne car ce sont eux qui soutiennent les commerces de proximité nationaux.

Je prends en exemple le développement des pays d’Asie du Sud-Est où je me rends la semaine prochaine. L’avancé de cette région est due en partie au fait que les leaders politiques ont pris conscience qu’un effort national, incluant toutes les franges de la société est nécessaire pour se développer.

Cela débute par l’éducation, qui lance les jalons de l’appartenance nationale rejetant le tribalisme, qui oeuvre à l’ancrage d’une doctrine économique voulue.

Ce type de plan triennal est intéressant lorsque le pays a déjà connu un boom économique et qu’il est développé. La France, pour ne citer qu’eux, met en place des politiques semblables et en a le potentiel, car l’époque des trente glorieuses, qui a suivi la mise en place du plan Marshall pour reconstruire l’Europe d’après la seconde guerre mondiale, a fait ses preuves.

L’ancien Président français François Hollande, a mis en place des contrats d’insertion et de génération afin de favoriser l’emploi des personnes âgées, des jeunes et des personnes vivant dans des zones dits prioritaires. En effet, le gouvernement français est contraint de réaliser des ajustements socio-économiques.

Le gouvernement Camerounais ne devrait pas mettre la charrue avant les bœufs, afin de permettre à la jeunesse de se développer tout en investissant de manière concrète dans l’agriculture, il est primordial le développement le tissu industriel, ce qui permettra de favoriser le secteur des Biens/Services et des innovations tout en y ajoutant le progrès technique aux valeurs « made in Cameroon ».  Nous devons valoriser un progrès technique qui comporte des spécificités camerounaises à fortiori dans la sous-région. Le développement économique sera le moyen de la réappropriation de la culture et de la partager au monde.

Pour revenir sur la doctrine économique, que nous définissons ensemble. C’est un ensemble, élaboré par un même courant de pensée, de conceptions théoriques concordantes en ce qui concerne la production, la répartition et la consommation des biens et services. Les doctrines économiques peuvent avoir une influence déterminante sur les politiques économiques menées, par exemple le libéralisme économique pour la politique menée par Adam Smith ou le protectionnisme Keynésien.

Pour terminer, mes lectrices et lecteurs, prenons le cas du Nigéria, leur musique et leur code vestimentaire par exemple sont mondialement reconnus car ils sont la première économie d’Afrique ni plus, ni moins. Les politiques économiques sont réalisées dans le sens de favoriser l’essor d’une classe moyenne Nigériane, en sourdine leur spécificité qui est la réappropriation de leur culture.

A la lumière de ces différentes observations, nous pouvons soulever une question d’ouverture, non dénuée de sens :

Le Cameroun a été colonisé par l’Allemagne. Il a été ensuite divisé en deux entités sous protectorat Français et Anglais. Le Nigeria quant à lui par une puissance anglophone. L'échec et le retard qu'accusent notre pays en matière de développement et de réappropriation de ses valeurs culturelles, ne serait-il pas la résultante d'un système de valeurs inadéquats aux aspirations de volonté de construction d'une nation forte?

Ne serait-ce pas le glas d'un système francophone, qui au fil des générations, n'a guère porté de fruits? Le Cameroun se doit de manière plus effective intégrer les modes de pensée et développement issus de notre partie anglophone ?

Je vous laisse méditer sur cette question. Continuez à prendre des initiatives, nous sommes tous acteurs du développement. A lundi Prochain, mes chers lectrices et lecteurs.

 

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