Monday, 18 June 2018 09:12

CAMEROUN – POLITIQUE : FREDERIK TCHOUNGUI : « LES CAMEROUNAIS SE BATTENT TOUS LES JOURS DANS UN ENVIRONNEMENT OU LES POLITIQUES QUI SONT MENEES SONT PARFOIS A DIX MILLES LIEUX DE LEURS REALITES PROPRES »

Written by FREDERIK TCHOUNGUI

Jeune expert en politique internationale, Frederik Tchoungui fait partie de cette génération entreprenante. L’ancien coordinateur du parti démocrate en Floride, nous livre sa lecture de l’environnement sociopolitique camerounais via sa tribune spécialisée « L’œil de Fredo » acte 1.

Lors de mon dernier passage au Cameroun, il y a précisément trois mois de cela, afin de présenter aux médias nationaux mon premier ouvrage intitulé « Out Of My Comfort Zone ». J’ai eu « la chance » d’atterrir dans notre bon vieil aéroport de Nsimalen, un fameux 2 mars 2018, jour où le gouvernement subissait un remaniement ministériel tonitruant et je pèse mes mots. Aux nominations des uns, succédait la destitution des autres. Toute la population de notre chère patrie était en émoi.

 

En tant qu’analyste politique, je me suis alors interrogé de manière presque inconsciente : « Pour quelle raison la politique passionne autant les Camerounais ? ». Cette question centrale m’a alors guidée vers de multiples hypothèses non dénués de sens :

 

  • Sans doute parce que les Camerounais sont hautement concernés par les politiques qui sont mises en place pour atteindre l’émergence de 2035 tant fantasmée.

 

  • Le fait « d’enlever » un ministre de son perchoir et par ricochet, perdre la grande majorité de ses courtisans, amuse le peuple.

 

 

  • Avoir une promotion gouvernementale est à ce jour l’un des rares moyens de voir sa destinée basculer dans notre Cameroun. D’où le fait que les Camerounais soient à l’écoute de leurs postes de radio « priant » d’entendre la symphonie salvatrice de son nom ou de celui d’un proche.

 

  • Rire de la personne que l’on a délogée, défoule la population et nous fait oublier les conditions de vies parfois catastrophiques dans lesquelles se trouvent bons nombres de nos compatriotes.

 

  • Cet homme d’état haut placé, qui semble emprunt d’arrogance (‘qui semble emprunt d’arrogance pour les uns’ du fait qu’il jouit de la toute-puissance liée à son poste, redevient comme vous et moi c’est-à-dire un être ordinaire sans privilège, doit subir des railleries.

 

De nombreuses hypothèses j’en ai posées,  mais pour confirmer leur teneur et leur véracité. J’ai sillonné les deux plus grandes villes de notre tendre allant de Bastos à Biyem-Assi en passant par Essos dans la ville de Yaoundé. De Bonapriso à Bonabéri en passant par Bonamoussadi dans la ville de Douala. Débattant, me déplaçant de lieu en lieu vers mes frères et sœurs.

 

Au crépuscule de ces journées chargées en rencontre plus enrichissantes les unes que les autres, je découvris avec stupeur, qu'en réalité, ce que souhaite avant tout les Camerounais c’est améliorer leur quotidien ! Le Camerounais n’en a que faire de nos personnalités politiques qui sont censées nous représenter. Ils n’en ont pas non plus après les personnes, ils souhaitent seulement voir les politiques qui sont menées porter des fruits.

 

Le constat est le suivant : si d’aucuns estiment que la fonction publique est la voie royale de l’accès à la promotion sociale, en réalité, ce que souhaite le camerounais avant tout est d’améliorer son quotidien.

 

Pour une grande partie des frères avec qui j’ai échangé, nos gouvernants ne semblent être qu’un lointain (réseau de personnes qui souhaitent conserver coûte que coûte les privilèges liés aux fonctions qu’ils occupent (l’affirmation du primat de l’individu qui suscite à force quelques formes de néo-tribalisme indifférent à la conception citoyenne d’un pluralisme tolérant.

De l’opulence des uns, il découvre ce dont ils sont grotesquement privés. Tout se passe comme si les politiques menées par les gouvernements qui se sont succédé jusqu’ici, ont engendré des mouvements populaires qui secrètent des forces contraires. En même tant qu’elles favorisent le souci de se former, et donc une forme de connaissance chez les uns, elles accentuent la méconnaissance chez d’autres.

 

Tenailler entre les réalités locales et la mondialisation virtuelle visible depuis les Smartphones. Les Camerounais se battent tous les jours dans un environnement où les politiques qui sont menées sont parfois à dix milles lieux de leurs réalités propres ou de petites envergures.

 

Et si la mondialisation est dominée par l’économie, les réalités locales qui génèrent des crises identitaires s’inscrivent dans le politique. Les conséquences de l’un comme de l’autre débordent les limites de leurs compétences respectives; ce qui est en jeu c’est une reconfiguration des rapports sociaux.

 

Je pars de l’analyse d’Emile Durkheim selon laquelle la cohésion sociale repose sur les liens sociaux qu’entretiennent les individus et la capacité de la société à intégrer ses membres. Face à l’affirmation du primat de l’individu, les instances de socialisation se transforment et favorisent une certaine anomie, quand elles n’assument plus leurs fonctions d’intégration et de transmission des normes et valeurs de la société.

 

Epousant les aspirations de l’ensemble des Camerounais de par ma vision Keynésienne de la société ; je me sens le devoir de partager avec vous mes analyses de notre vie politique. D’où ma tribune une fois par semaine dans le Quatrième Pouvoir.

 

Le Quatrième Pouvoir, une équipe dynamique et en phase avec les enjeux politiques du Cameroun. Nous nous rejoignons de par notre envie d’être acteur de notre destinée à tous, le Cameroun. Je remercie l'équipe pour cette opportunité. J’ai rencontré son Président, le très dynamique monsieur Eric Vareni. Nous avons convenu que mon expertise en Politique reconnu internationalement me permettrait d’apporter une analyse neutre et qu’un partenariat devait voir le jour. Il est nécessaire que nous puissions avec vous discuter des problématiques politiques que nous rencontrons et de devenir tous en ensemble acteur du développement du Cameroun.

 

Mes premiers mots en tant qu’analyste politique vont naturellement vers vous mes chers lectrices et lecteurs. Pouvoir partager mes réflexions est une joie et un honneur immense. Sachez d’ores et déjà que nous aborderons tous les sujets politico-économico-socio-culturel sans tabou. Car en réalité la politique est l’essence de la cité. Ma théorie est simple : « La politique propose et les autres secteurs disposent ». Sans limite, nous naviguerons de manifestations majeures à des actions sans grandes conséquences, que ce soit au niveau national ou international.

 

Vous n’êtes pas sans savoir que nous sommes dans une année électorale charnière dans notre cher pays le Cameroun. Vous vous doutez bien que d’une manière ou d’une autre mon œil passera au peigne fin, les agissements des partis politiques en place, les différents programmes électoraux et les prises d’initiatives de nos «leaders». Les sujets ultra-sensibles comme la crise anglophone et la lutte contre Boko-Haram n’échapperont pas à mon œil avisé.

  

Plus globalement, nous discuterons aussi d’événements de diverses régions du monde. Pour avoir travaillé en politique en Europe, en Amérique et en Asie du Sud Est, je suis bien placé pour vous parler de Politique Internationale.

 

Il est parfois bon d’avoir un œil extérieur quant aux événements politiques liés au Cameroun. Je vous le dis de manière solennelle, je n’ai aucune attache avec aucun mouvement politique au Cameroun. La neutralité et l’impartialité seront les valeurs fondamentales de ma tribune.

 

Tchoungui Frederik

 

Le 18 juin 2018

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