Monday, 11 December 2017 11:03

L’AGGRAVATION DE LA CRISE ANGLOPHONE : LORSQUE POURPARLERS SE TRANSFORMENT EN DOIGT D’HONNEUR À LA REPUBLIQUE ET DEBOUCHENT VERS UNE GUERRE

Written by MANFRED ESSOME/ LE QUATRIEME POUVOIR
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Alors que le dilemme anglophone bat son plein dans les régions du Nord-ouest et Sud-ouest, les autorités publiques sont passées à la vitesse supérieure au regard d’évènements troublants.

Un nouveau cap a été franchi à la mi-septembre avec l’usage pour la première fois de bombes artisanales. Du 14 au 20 septembre, deux bombes ont explosé dans le Nord-Ouest sans faire de victimes, une troisième a explosé contre un poste de police à Bamenda, blessant trois policiers, et une quatrième a failli exploser à Douala. Bien que non revendiquées, le gouvernement, ainsi qu’une majorité de l’opinion publique camerounaise, ont attribué ces explosions aux sécessionnistes. Mais c’est surtout l’assassinat en Novembre dernier, de 6 membres des forces de défense et de sécurité qui a embrasé la situation.

En effet, l’assassinat de ces militaires et policiers ont poussé le Chef de l’Etat Paul Biya de retour du sommet Union africaine-Union Européenne d’Abidjan le jeudi 30 Novembre à s’exprimer à partir de l’Aéroport international de Nsimalen : : « Je pense que les choses sont désormais parfaitement claires pour tout le monde. Le Cameroun est victime des attaques à répétition d'une bande de terroristes se réclamant d'un mouvement sécessionniste. Face à ces actes d'agression, je tiens à rassurer le peuple camerounais que toutes les dispositions sont prises pour mettre hors d'état de nuire ces criminels et faire en sorte que la paix et la sécurité soient sauvegardées sur toute l'étendue du territoire national ».

Une déclaration de guerre, qui a suivie dans la foulée d’une réunion d’urgence spéciale avec les responsables du Haut Commandement militaire à Yaoundé sous la coordination du Ministre en charge de la défense pour tordre le coup aux séparatistes. 24h plus tard, le 1er Décembre, une correspondance signée du Préfet de la MANYU, Joseph Oum 2 demandant aux populations de plusieurs villages de Mamfé dans le Sud-Ouest de libérer les lieux, était démentie quelques heures plus tard par le concerné à Radio Evangélium un média local, et le gouverneur OKALA Bilai sur les ondes de la CRTV à l’édition du 17h : erreur de communication ou infantilisation de l’opinion publique ? Tout porte à croire à un creux mortuaire administratif dont les acteurs seuls en connaissent les tenants et aboutissants.

Bien que de nombreux hommes politiques et leaders d’opinion eu condamné les actes concernés. Le plus surprenant est la condamnation faite Ayuk Tabe, Enemi public numéro 1 du Cameroun, président autoproclamé de la république virtuelle d’Ambazonie, interviewé le 16 novembre dernier par nos confrères de France 24.

Alors que le dialogue se mêle à l’installation d’une base pour les opérations militaires le 7 décembre dernier dans le Sud-Ouest, des missives d’une extrême singularité vont se croiser dans les réseaux sociaux : En effet, l’écrivain et activiste de 47ans Patrice Nganang en court séjour à Yaoundé, va hausser le ton par le biais de sa plume au président Biya sur son compte facebook le 3 décembre dernier: «  si je suis en face de lui et si j'ai une arme, je vais lui lettre une balle dans la tête ». Des déclarations fortes qui ont eu le mérite de diviser les opinions même au milieu de la classe éclairée, des médias du monde entier aux réseaux sociaux. Entre « pro-Nganang et anti Nganang », d’aucuns estiment que le rubicon a été franchi, pour d’autres, Patrice a dit plus haut ce que d’autres personnes pensent plus bas. La conséquence immédiate a été son arrestation à l’Aéroport international de Douala, le Mardi 5 décembre, après une petite virée en zone anglophone qui s’est soldé par la parution d’un article extrêmement critique envers le pouvoir d’Etoudi intitulé « Carnet de route en zone anglophone » sur la plateforme numérique de JEUNE AFRIQUE. Une publication de plus que n’a certainement pas digéré le sérail au regard des précédentes sorties de ce Doctorant en Littérature d’Afrique Noire de l’Université Stony Brook de New-York.

Romancier, poète, essayiste… Patrice Nganang a publié une dizaine d´ouvrages à ce jour, dont Temps de chien, aux éditions du Serpent à Plumes en 2001, qui a obtenu le Grand Prix de la littérature de l´Afrique noire et le prix Marguerite Yourcenar. La reconnaissance de son talent lui ouvre de nouveaux horizons.

Son sort désormais scellé entre les « doux tortionnaires » du SED à Yaoundé et la justice camerounaise qui n’ont pas fait mieux de lui coller un Outrage au président de la république, suivant son avocat Me SIMH Vendredi 8 Décembre par le biais d’un communiqué officiel. Un évènement parallèle à celui qu’avait subi un citoyen français de 23 ans interpellé dans le Val-D’Oise le 28 juin, qui avait menacé de tuer le président Emmanuel Macron, au défilé du 14 juillet.

Les organisations internationales dont l’ONU ont appelé vendredi dernier à la libération de cet écrivain car, estiment-elles avoir agi dans le sens de son étiquette professionnelle dont littéraire en conséquence de liberté d’expression. Cependant les lois camerounaises sont claires à l’article 153 du Code Pénal. Restent donc l’interprétation plurielle d’une telle sortie.

Le président Biya a toutes les cartes en main pour résoudre cette crise, mais ne semble pas véritablement vouloir le faire. Il lui incombe d’éviter au Cameroun un enlisement menant à une impasse politique à un an de l’élection présidentielle. Les signes avant-coureurs d’une possible insurrection armée ne manquent pas : les groupuscules violents se multiplient, la désobéissance civile et les violences sporadiques se poursuivent. Selon certaines sources, de petits groupes de jeunes seraient allés au Nigéria pour s’entrainer à la guérilla, malgré l’opposition de principe d’Abuja à un Etat indépendant anglophone, qui risquerait de servir de base arrière aux mouvements sécessionnistes nigérians. Une thèse qu’est venu défendre l’envoyé spécial de l’Etat fédéral Nigérian Jeudi dernier lors d’une audience au Palais de l’Unité avec son homologue camerounais. Les zones d’ombres demeurent, et les esprits s’échauffent, malgré l’apparente retenu des acteurs tapis dans l’ombre : Quel sera le titre du prochain épisode ? L’avenir nous le dira assez tôt.

Pour la Rédaction Centrale du Quatrième Pouvoir

www.lequatriemepouvoir.com

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