Monday, 20 November 2017 03:29

BIYA N’EST PAS UN ENFANT DE CŒUR : MA LECTURE PROFANE ET CRITIQUE DU « K-O LENT »

Written by MONO ARISTIDE
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« Au lieu de conduire à la chute de Biya, la « K-O lent » contribue plutôt à son maintien à vie ».

Depuis peu, j’observe des envies grandissantes de voir Biya quitter le palais de l’unité le plus tôt possible. Un rêve éminemment légitime  si on s’en tient à la moisson peu glorieuse  de ses 35 ans de règne, si on s’en tient également à sa la longévité un peu encombrante ou  l’éternisation gênante de ses courtisans dans la cour. Une  obsession qui finit par provoquer l’anxiété  chez les impatients, même si au demeurant le chandelier de la foi reste vif. On croit toujours vivre l’imminence du « K-O rapide »,  phase terminale du « K-O lent », érigé d’ailleurs en model explicatif des évènements douloureux ayant émaillé le règne de Biya, prédisant son eschatologie puis sa chute.  Nous saluons au passage l’exploit de la chapelle scientifique à qui nous devons cette théorie.

 Le « K-O lent », à partir duquel tous les tristes sorts de la république sont appréciés a convié au débat l’herméneutique pour les plus téméraires et la stochastique pour les moins laborieux. Sinon la théorie fait foule. Cependant nous avons l’impression que certains amateurs l’utilisent de plus en plus pour requinquer l’espoir, revitaliser le vœu en lui forçant un contenu, un sens, se convaincre bel et bien que la fin est imminente. Concrètement il s’agit de compiler quelques accidents adventices du régime et en faire des « signes des temps ». Finalement l’on est soumis à l’exhumation des documents pontificaux,  feuilleter le Pacem in terris de Jean XXIII ; on flirte davantage  avec la généreuse : LA PROPHETIE.

Le K-O nous renseigne  réellement la FIN ?

             Voilà 35 ans que nous cherchons à apprendre du temps, malheureusement aucune syllabe n’a été retenue. Les signes des temps ou du temps de Biya nous snobent. Amusons nous avec quelques accidents ayant eu le privilège de loger dans ce répertoire des Signes des temps qui irriguent le « K-O lent » : 1984, le 6 avril augurait la fin de Biya, je présume; 1990, le refrain était repris par les tenants d’un Biya Must go, en 2014 Boko haram était présumé être l’extase du K-O lent ; aujourd’hui avec le séparatisme Ambazonia nous supposons que c’est l’orgasme de ce K-O (K-O rapide) ; que dire de Nsam, Eséka et le feu de Noé de l’autre jour à Ngoa Ekelé » ?

On peut bien remarquer qu’à chaque épisode les prophéties sont mises en déroute,  Biya reste calmement au pouvoir, cure dents entre les incisives,  jouant toujours le « un pied dehors, un dedans »,  négociant sur la poulie la remontée de ces « un un » an de trop, il en est déjà à 35, ça a l’air de marché on dirait ! Finalement le « K-0 lent » devient une tactique managériale du pouvoir qui vise à entretenir éternitairement l’illusion d’une fin proche, l’illusion d’une putréfaction prémonitoire et qui s’affirme curieusement comme l’un des piliers de la longévité du Vieux. Bref, au lieu de conduire à la chute de Biya, la « K-O lent » contribue plutôt à son maintien à vie. Biya fatigue ses adversaires en faisant de son départ une affaire d’heure, leur donner l’espoir que c’est pour bientôt,  ce qui lui permet de les endormir. Voilà plus de 35 ans que ça marche ! Bon c’est contingent.

 Beaucoup ne réalise donc pas que Biya a imposé insidieusement aux forces alternatives le « Secret du Soulard » (confère, film chinois de l’époque de Shao Mao). Pour les moins vieux, l’adversaire fait semblant d’être saoul, k-o mais ne meurt pas sur le coup. Faire semblant d’être K-O pendant 35 ans, feindre d’être abattu,  grignoter calmement et utilement des années au peuple.  On peut désormais béatifier « le secret du soulard », disons le secret du mort imminent, comme l’une des ressources politiques du renouveau.    Aujourd’hui, Biya, au crépuscule de sa vie d’homme et de Roi, sa chute trouvera difficilement une place convenable dans le K-O lent. Il en est de même de son régime qui n’a vraiment rien à regretter, il a eu suffisamment assez de temps pour piller, jouir insolemment des réserves du pays et faner tranquillement. Vivre un K-0 lent pendant 57 ans, du moins 35, c’est formidable.

Hier, disais-je tout à l’heure, c’est le feu de Noé de l’hémicycle de Ngoa Ekelé qui surchargeait le panier des prémisses du « K-O Rapide », nous attendons et nous attendrons toujours.

Ce que je retiens, Ni les centaines d’innocents tués par les wagons de Bolloré, ni les sacrifiés de Boko haram, ni le séparatisme Ambazonia, encore moins les 04 étages brulés de l’assemblée nationale ne vont constituer un obstacle aux ambitions jusqu’auboutistes de l’Homme du 6 novembre.

Au-delà de tout débat épistémologique autour de l’approche constructiviste, Biya ne va ni démissionné, ni perdre les élections au Cameroun, ni être évincer par un groupe de déserteurs au nom du K-O lent. Il reste deux probabilités la mort naturelle et la révolte populaire ferme. Juste une opinion.

Aristide Mono

www.lequatriemepouvoir.com

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