Monday, 23 October 2017 12:12

PLUS JAMAIS ÇA !!

Written by FREDY ESSOME / LE QUATRIEME POUVOIR
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Le 21 Octobre dernier, le pays avait une pensée envers les victimes de la catastrophe d’Eséka, qui officiellement a fait 79 morts et des centaines de blessés. Un an après, les mémoires n’ont pas oublié, la douleur s’y est accrochée, des interrogations demeurent. Entre corps déchiquetés, wagons éventrés, formations sanitaires submergées des familles éplorées et complètement dépassées, les souvenirs ont laissé un gout amer aux camerounais. Les responsabilités établies, l’inexistence d’enquetes à l’encontre des auteurs formellement identifiés selon la proportionnalité de leurs fautes, fait craindre le pire dans un pays ou l’anormalité, l’injustice, le mépris et l’indifférence caractérielle ont largement pris le pas sur la raison et le respect des lois.

La  présidence  de  la  République avait rendu public le 23 mai dernier, le rapport de la commission d’enquête spéciale  créée  le  25  octobre2016, à la suite du drame. Selon le communiqué signé de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général à la présidence de la République et ancien Secrétaire général au Ministère des relations extérieures,  la  Commission  a commis des experts internationaux.  Elle  avait  examiné  un nombre de rapports et de documents, procédé à de nombreuses auditions, et effectué des descentes sur le terrain. Au terme de ces investigations,  la  commission  d’enquête  a  établi  les responsabilités à titre principal du transporteur, la société Camrail dans le train InterCity n° 152. Le rapport d’enquête a conclu que la cause principale du renversement du dit train était également une vitesse excessive. Pour sa part, Paul Biya « dans sa grande générosité », avait instruit le déblocage d’une somme d’ 1 milliard de FCFA pour assistance complémentaire aux victimes ou à leurs ayants-droit.

C'est une blessure qui a du mal à se refermer dans le cœur, le corps et l'âme des camerounais. Malgré les multiples pansements administrés  depuis  ce  funeste vendredi 21 octobre 2016, la cicatrisation a du mal à prendre. Et la mémoire peine à effacer le triste souvenir de cette folle journée. Comment des centaines de voyageurs se sont retrouvés à bord d'un train, explosant ses capacités d'accueil, sans que cela n’inquiète ? Comment n’avoir pas vu le danger pourtant aussi présent que le nez en plein visage ? L'incivisme tant décrié dans notre nation a atteint ce jour-là des proportions inimaginables même dans les fictions les plus folles. Aujourd'hui, alors que nous travaillons tous ensemble à exorciser ce mal et à panser les blessures, il est question de regarder la vérité en face et d'en tirer toutes les leçons. C'est sûr : des erreurs de jugement  ont  été  commises en amont par d'aucuns. Mais si chacun avait pris ses responsabilités, individuellement ce jour-là, le drame aurait peut-être été évité.

Ce qui frappe à cette marque d’anniversaire c’est une abscence de stelle pour commémoration et un marketing social inexistant à grande échelle sans oublier l’abscence sarcastique du Chef de l’Etat qui aurait dû se rendre au lieu du drame et y jouer compassion aux familles et victimes, mais bon. Priorité aux vacances !!

 

Un bras de fer au nom de la loi ?

Cependant, plusieurs de nos curiosités camerounaises ont pris le pas cette semaine parmi tant d’autres à l’exemple de l’interdiction de manifestation prononcée le 19 Octobre à Douala (à deux jours de sa tenue), organisée par le Social Democratic Front du Chairman Ni John Fru Ndi. La décision a su crytallisé les esprits et choqué non seulement les politiques mais aussi l’opinion publique. Si pour Jean Michel Nintcheu, Député SDF et Président régional du parti, il s’agit d’une « preuve de partialité » par les autorités administratives, pour d’autres à l’instar d’Anicet Ekane, transfuge du MANIDEM, salue la décision prise par le Sous-Préfet de Douala 1er  Jean Marie Tchakui Noundié qui avait pourtant accepté la tenue du meeting en délivrant un récépissé le 12 Octobre. Toutefois, de nombreuses formations politiques tels le PURS de Serge Espoir Matomba, Le CPP d’Edith Kah Wallah, le Manidem de Dieudonné Yebga ont répondu à la main tendue de leurs confrères de l’opposition. Seulement, les forces de maintien de l’ordre et de sécurité ont été déployées samedi afin de casser toute tentative de révoltes envers les autorités de l’arrondissement de douala 1er. Le sous-préfet, affirme avoir décidé en conformité avec les dispositions de la loi n° 90/055 du 19 décembre 1990 portant régime des réunions et des manifestations publiques, à travers l’article 8 qui précise de l’illégalité de changement d’objet d’une manifestation. Il est reproché à l’élu de la nation d’avoir distillé des propos tendancieux et messages à contre-courant au sein des réseaux sociaux et des médias, choses desquelles il dément formellement.

Un jeu de ping pong politique s’est donc dessiné en pleine capitale économique avec l’interpellation, l’arrestation et l’audition de nombreux leaders d’opinion dont Célestin Djamen, Emmanuel Ntonga, Edith Kah Wallah et de l’honorable en question, porté disparu aux dernières nouvelles. De nombreuses questions fusent et réclament éclaircissement à l’opinion publique : Qu’es ce qui explique ce silence assourdissant du président national de ce parti Ni john Fru Ndi à propos des derniers évènements de Douala ? L’opposition connait une fois de plus un énième échec en termes de mobilisation, n’est-il pas temps de réviser les stratégies de déploiement sur le terrain ? Le peuple est l’incarnation principale du don du pouvoir politique, comment transformer les responsabilités dans un pôle communautaire et national dont les rôles et les inquiétudes s’amoindrissent par des comportements distants et la distraction des consciences ? Certes le mouvement #StandUpCameroun d’Edith Kah Wallah a eu l’art de désacraliser l’audace politique dont bon nombre de jeunes leaders au Cameroun ont délaissé au profil de la diplomatie de l’ombre et des banquets feutrés.

L’esclavage de la presse camerounaise ?

Les médias dit-on représentent le quatrième pouvoir des nations. Mais au Cameroun, bon nombre de facteurs montrent quotidiennement que le secteur a perdu de sa poudrière ! Entre assassinat du pôle de distribution légendaire et tracasseries en tout genre, les journalistes sont à l’agonie. Confiscation de matériel, intimidations et interpellations de professionnels de médias en exercice de fonctions sont des actes « bananiers » qui n’émeuvent point bon nombre d’organes de protection, tutélaires, très occupés à chanter les rossignols du roi de Genève.

Aussi voilà donc un cas qui a enflammé et ressuscité le petit peuple. La tentative d’assassinat du Directeur de Publication de la Tribune de l’Est, Roger Chantal Tuile à son domicile dans la nuit du 19 au 20 Octobre dernier. En conflit depuis plusieurs mois avec la haute hiérarchie de la CNPS, sous les auspices du DG MEKULU MVONDO, l’épisode trépident intéresse fort et bien bon nombre d’observateurs, depuis ses révélations sur les émoluments des patrons de grandes boites publiques. Il faut le dire, l’affaire choque et heurte lorsqu’on sait que les « ombres du grand rapace anti-corruption », ressemblent plutôt à un scénario de mafia italienne.

 

La protection des citoyens ou des journalistes est donc relancée dans un Etat ou l’oubli est une tradition, dans curieusement bon nombre de domaines. Un oubli qui criminalise les dénonciations des journalistes, baffoue parfois leur intégrité et désagrège leurs principes. Il est temps que chacun arbore ses responsabilités, car aussi vrai que force est à la loi, c’est de la même manière que les langues vipérines, tenteront de briser l’unité nationale. Une unité nationale gage de développement qui ne doit en outre mesure faire perdre la boussole à certains illuminés, mais encourager des valves d’entente et pourparlers avec nos confrères en régions anglophones. Le pays est meurtri et se complait dans une opacité originelle qui semble faire sourire les mercenaires de la division et de la diversion : Oui à un dialogue franc et ouvert, non à la répression et radicalisation…de nos cahiers de 1986, 1990 et 2008, plu jamais cela ! Reconstruisons notre pays !

 

FREDY ESSOME / REDACTEUR EN CHEF

www.lequatriemepouvoir.com

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