Monday, 05 February 2018 17:57

CRISE ANGLOPHONE : DURCISSEMENT, LES CIVILS FRANCOPHONES DESORMAIS PARMI LES VICTIMES

Written by KAMI JEFFERSON / EMERGENCE

La crise anglophone a emprunté un nouveau tournant.

 Une chose est sûre, la crise anglophone est en train de franchir un nouveau palier. Ce que l’on constate, c’est que les séparatistes, dans leur macabre besogne, ne visent plus seulement les éléments des forces de l’ordre et de défense. Dans leurs visées désormais, les civils francophones. En effet, ces derniers jours, deux francophones « civils » ont été tués dans la région du Sud-ouest. Il s’agit d’abord de Roger Tchonang un haut responsable d’Elections Cameroon pour le Kupe Manenguba, abattu froidement à Banguem – en pleine fin de matinée 11 h 25 minutes. Ensuite, il y a l’ingénieur du génie civil Kuetche Sitcheping, qui a connu le même sort, pendant qu’il supervisait un chantier de construction d’une route dans le département du Ndian.

 

L’assassinat des civils francophones dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, intervient quelques temps seulement après l’extradition à Yaoundé de 47 sécessionnistes, dont Sisiku Ayuk Tabe, leur leader. Ses partisans se sont fendus en déclarations, menaçant de perpétrer des

violences si jamais le gouvernement camerounais ne produisait pas des preuves de vie des mis en cause. Alors que les actes d’assassinat s’étaient jusqu’à très récemment, limités aux seules forces de l’ordre, on assiste à une sorte de gradation dans les actes des assaillants. Il convient ici de rappeler que depuis le 05 décembre 2017, 09 ingénieurs francophones sont portés-disparus à Mamfe, dans le Sud-Ouest, sans laisser de traces. Jusqu’à ce jour, on ne sait pas où ils se trouvent.

 

Selon l'organisation International Crisis Group, au moins 23 gendarmes et policiers camerounais ont été tués ces trois derniers mois et 75 civils tués par les forces de sécurité depuis septembre dernier. Pour Hans de Marie Heungoup, chercheur à International Crisis Group, une insurrection tente de prendre pied depuis trois mois. « Cette insurrection s’articule pour l’instant autour de groupes d’autodéfense. Il y en a plus d’une dizaine présente dans les deux régions, mais aussi deux ou trois principales milices, en particulier l'Ambazonia Defense Forces (ADF) et les Southern Cameroon Defense Forces (SCDF). Il y en a deux avec des acronymes différents. Ce sont ces milices principales, qui, de concert avec les groupes d’autodéfense, organisent des attaques de basse intensité contre les postes militaires, les postes de gendarmerie et les postes de police ». Il est difficile de savoir avec précision quel est le nombre de combattants dans chacune de ces milices ou groupes d’autodéfense « mais au sein des différentes milices cela tournerait autour d’une centaine de combattants. Et (...) la plupart des autres groupes d’autodéfense comportent un effectif allant de 10 à 30 membres actifs ou combattants », précise le chercheur.

 

Toujours selon ICG, ces groupes utilisent des armes légères comme des fusils traditionnels ou des grenades pour certains. Mais ils ne disposent pas d'armement lourd.

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