Friday, 22 September 2017 11:04

CAMEROUN – MÉDIAS- HAMAN MANA: « EN 10 ANS D’ÉXISTENCE, NOUS N’AVONS JAMAIS EU DE CONDAMNATION OU DE SANCTIONS DES INSTANCES DE TUTELLE OU JUDICIAIRES… »

Written by LA REDACTION
Rate this item
(1 Vote)

Pour les dix ans du Quotidien Le jour, Le Quatrième Pouvoir déroule le tapis rouge au Directeur de Publication M. Haman Mana ce Lundi 18 Septembre 2017. Le journal bleu qui fait partie du landerneau de la presse écrite au Cameroun, habille le paysage médiatique depuis plusieurs années sous le poids des conjonctures, entre dynamisme et projections, HM nous dit tout. Entretiens menés par Yannick Noah, Journaliste au groupe l’Anecdote.

 Le Quatrième Pouvoir : Bonsoir M. Mana, Bienvenue au whatsapp média Le Quatrième Pouvoir 

Haman Mana : Je vous remercie de la sollicitude et l’attention portée à ma modeste personne. Je suis content et heureux d’échanger avec vous, mais surtout c’est la toute première fois que je fais une interview par ce moyen. En 1993 le Messager n’est pas un quotidien mais plutôt un hebdomadaire. Après mon passage au ministère de l’information, je passe par Cameroon Tribune et en 94-95 Je lance mon premier projet éditorial dénommé « Ozone » spécialisé dans l’environnement. Pour moi, ce sera mon premier projet véritable en tant que patron d’un journal. Cela est pour compléter ma présentation. 

 Le Quatrième Pouvoir : Alors que votre Quotidien fête ses dix ans d’existence, pourriez-vous exprimer au 4ème Pouvoir les raisons qui vous ont poussé à faire du journalisme ?

H.M. : Je suis arrivé au journalisme de manière très sereine et simple mais en vérité j’ai appris à aimer le métier. J’ai présenté le concours de l’ESSTIC et j’ai réussi .Mais malgré tout j’avais d’autres ambitions en toute honnêteté. A l’époque, il y’avait des perspectives alléchantes. je voulais être prof.. L’école et les hommes rencontrés dans cette institution m’ont donné l’envie de pratiquer le journalisme 

 Le Quatrième Pouvoir : Lors d’un séminaire portant sur la politique étrangère du Cameroun avec pour public cible les étudiants de Licence du département de l’histoire de l’Université de Yaoundé I, votre professeur  qui vous avait convié aux échanges disait que vous aviez fait défection des études historiques pour le journalisme. Pourquoi aviez-vous décidé d’abandonner cette discipline savante alors que vous étiez lié ? M mana, journalisme par vocation ou historien du temps présent par contrainte de la vie ou par embuscade ?

H.M. : Je pense avoir donné la réponse dans ma précédente intervention. En tant qu’être humain, nous avons le pouvoir d’impacter dans nos vies et dans ce chemin il y’a des hommes à côtoyer, et des professions embrassées. Je n’ai pas pu terminer ce cursus en Histoire parce qu’étant vraiment pris par la Rédaction du Cameroon Tribune.

 

Le Quatrième Pouvoir : Quel regard le Directeur de publication que vous êtes portez à l’endroit de l’avenir de la presse camerounaise à l’heure des nouveaux médias quand on sait que de nos jours moins de 20.000 camerounais sur les 22 millions lisent un journal par jour.

H.M. : Je ne sais pas d’où sortent ces statistiques et j’espère qu’elles prennent en considération les téléspectateurs qui regardent a la télé le journal qui est lu. La presse écrite peut être ébranlée par les réseaux sociaux, mais un citoyen doit prendre en compte une lecture organisée de l’actualité comme le font ces deux modes. Dans cette interrogation, il y’a la disqualification du journaliste sinon la dilution du journaliste pour les réseaux sociaux. S’informer de cette manière est toxique à mon avis. La presse traditionnelle doit réviser ses angles, ses perspectives pour continuer à être attrayante. La formule c’est de revenir aux bases du journaliste. Lorsque vous regardez par exemple Compléments d’enquetes, vous constaterez qu’on ne peut le faire ailleurs que sur une plateforme traditionnelle, et cela appelle la fusion des acteurs dont les annonceurs qui en sont friands. Les médias doivent s’adapter à internet ; Le dogme sur la gratuité de l’information doit s’amoindrir sinon cesser.

 Le Quatrième Pouvoir : Noces d’étain du Quotidien Le jour, 2521 numéros déjà parus, quel bilan peut-on retenir ?

H.M. : Le Jour a  51 employés et ces personnes arrivent à vivre et servir leurs familles. Le bilan éditorial, nous n’avons jamais eu de condamnation en 10 ans de la part d’instances de tutelle ou judiciaires. Chaque année nous prenons des stagiaires qui ont appris le métier au sein de nos rédactions. Nous avons également la communauté du jour qui s’est forgé à partir de nos parutions, qui achètent, nous lisent et s’informent.

 Le Quatrième Pouvoir : Parlons à présent du divorce de Messapresse dans le secteur de la distribution au Cameroun, quelles stratégies pour sortir de l’ornière ?

H.M. : La distribution de la presse est à l’image de la distribution des autres produits. La presse doit mettre en place un système qui convient à la relation organes-lectorat qui facilitera l’accès des lecteurs aux produits des rédactions. Pour Messapresse, il fallait attendre 60 jours, maintenant 7 jours pour rentrer dans ses droits de trésorerie. Je n’ai pas de solution miracle, comme l disent les sociologues, la fonction crée l’organe.

 

Le Quatrième Pouvoir : Déroulons tout autre chose maintenant DP, pensez-vous que lors des prochaines échéances électorales l’opposition peut-elle faire la différence en termes de résultats ?

H.M. : Tout le monde le dit et le sait. Le système de contrôle des votes ne permet pas d’avoir des résultats significatifs, ce sera difficile pour l’opposition de s’exprimer. C’est une question morale. C’est complexe de compétir avec un adversaire qui n’envisage pas perdre.

 

Le Quatrième Pouvoir : Que pensez-vous de Cabral Libii et de Joshua Osih ? Ne peuvent-ils pas changer la donne ?

H.M. : Il est clair que la sphère politique camerounaise  a besoin de jouvence. Et il est normal que ces visages apportent de la sympathie. Ce qui est important, c’est le contenu qu’ils souhaitent apporter dans le visage politique. Les enjeux du Cameroun vont au-delà d’une bonne présentation car notre pays a besoin d’être reformé. Par exemple lorsque le fonctionnaire regarde le citoyen il le voit comme une vache à traire et non une personne à servir. Les chantiers sont énormes, il faudra changer le logiciel implanté dans leurs esprits. Il faut formater ce « disque dur » et reconstruire le pays, par un travail sur les esprits et les mentalités.

 

Le Quatrième Pouvoir : La crise anglophone, quel est votre lecture sur ce dossier ?

H.M. : Mon regard est simple. Les anglophones expriment de façon différente leur ras-le-bol du « biyayisme » c’est de ca dont il est question.

 

Le Quatrième Pouvoir : Que dites-vous sur le CNC et la Commission nationale de délivrance de la carte de presse ?

H.M. : En matière d’honneur professionnel, les journalistes ne reconnaitront que la juridiction de leurs pairs. L’organe en charge de ce contrôle des médias. Ce CNC me pose un problème puisqu’il n’est pas l’émanation de la profession mais plutôt du gouvernement qui le pilote. La profession ne s’est pas suffisamment organisée pour faire naitre un tel organe. Il est important qu’il ait un tribunal des pairs et de pareille commission. 

 

Le Quatrième Pouvoir : Notre paysage est envahi par des journaux « alimentaires » et des journalistes du « Hilton » qui ont pour seul fonds de commerce les polémiques et les dénonciations, ce problème ne vient-il pas d’un manque d’organisation de la profession ? Que fait M. Mana pour juguler la défaillance ?

H.M. : Ce phénomène n’est pas anodin car il participe des mœurs politiques du Cameroun et a une histoire. Au début des années 90, ces journaux commencent à avoir une certaine puissance, dans certaines officines la manière de contrer ces influences vont naitre pour noyer les velléités de la profession à mon avis. Etant témoin de ces évolutions, j’ai vu d’où cela est parti. Cela est dû à la loi. Il faut que les lecteurs sachent qu’il y’a des journaux qui tirent uniquement pour des revues de presse. La personne à organiser sa lecture c’est le lecteur il en va de sa responsabilité.

 Le Quatrième Pouvoir : Que s’est-il passé entre Boris Bertolt et le DP au sujet de l’ouvrage L’avion du président ?

H.M. : L’affaire a été confiée à notre avocat et aux instances compétentes. 

 

Le Quatrième Pouvoir : Quelles est la plus grosse perte du Quotidien Le jour comme journaliste ?

H.M. : Lorsque vous parlez de perte, nous avons perdu 4 journalistes en 10 années. Selon la perspective où on se trouve, chaque disparition est un drame, pour les proches. Nous avons perdus des hommes mais à chaque fois on s’est relever.

 

Le Quatrième Pouvoir : Seriez-vous en mesure de vous arrimer à la tendance moderne des journaux en forme quadrichromie que prennent certaines presses au Cameroun ? Contrairement à la vôtre qui reste encore accrochée sur les mises en forme traditionnelles voire sur deux couleurs ? 

H.M. : J’ai une certaine expérience dans la presse écrite et l’un de mes métiers était lié à la fabrication des journaux et le secrétariat de rédaction ; et le moindre ingrédient a un cout. En l’état actuel des ressources du Jour, il nous a été impossible de faire de la quadrichromie, mais c’est une belle expérience. Mais rien ne prouve que cette couleur favorise l’achat, la crédibilité du journal, ou la réputation. Le canard enchainé en France par exemple, qui est le plus gros tirage hebdomadaire est resté en noir et blanc. Beaucoup de lecteurs pensent à cela mais tant que nous n’avons pas de justificatifs économiques, nous allons rester en mode traditionnel.

 

Le Quatrième Pouvoir : Comment percevez-vous les salaires des journalistes des médias du secteur privé au Cameroun quand on sait que la plupart s’en plaint

H.M. : Pour les salaires, ils correspondent au niveau des revenus engrangés par les organes de presse. La masse salariale ne doit pas dépasser 21% du chiffre d’affaires dans la presse. Pour ceux qui sont dans la vente et publicité. Ces salaires ne sont pas loin des fonctionnaires pris à la même catégorie.

 

Le Quatrième Pouvoir : Le journaliste peut-il gérer son ménage avec ce que vous lui remettez à la fin du mois ? Sur une échelle d’1 à 10 quel rang donnez-vous à votre presse dans l’espace média camerounais ?

H.M. : C’est me demander à la fois d’être juge et partie, suivant cette question je suis désolé je me classerai à 10 sur 10. Ceux qui me jugent peuvent me classer à zéro (rires) c’est leur problème !

 

Le Quatrième Pouvoir : Les conditions de recrutement au Quotidien Le Jour ?

H.M. : Elles n’obéissent à pas des règles bien précises. Ça se passe au feeling. Le journaliste doit avoir quelque chose de spécial qui se décèle durant les stages par exemple. Je n’aime pas des personnes qui viennent déposer des demandes. Il faut avoir quelque chose d’original pour que vous vous fassiez recruter.

 

Votre idée sur Le Quatrième Pouvoir ?

H.M. : Premièrement, j’ai été intrigué par le nom ; deuxièmement oser cette appellation tient du courage et de l’audace. Avec tous les moyens numériques mis en place c’est un média qui pourra être efficace dans les prochains jours, je vous souhaite bon vent ! Aux pourvoiristes et je souhaite que cette aventure vous emmène très loin ! Merci

 

Synthétisé par La Rédaction Centrale du Quatrième Pouvoir

Lundi le 18 Septembre 2017

Interview réalisé par Yannick Noah

Coordination ÉRIC VARENI

www.lequatrièmepouvoir.com

Read 107 times Last modified on Friday, 22 September 2017 19:39

Notre radio en ligne écoutez aussi notre radio en ligne

Top Tweets

Restez connecté avec 4ème Pouvoir

Recevez nos breaking News Par Mail!

  • Breaking News Alerts
  • Business News Alerts
  • Scoop et faits Divers