Monday, 26 June 2017 11:25

CAMEROUN - MUSIQUE: SAM MBENDE A COEUR OUVERT DANS LE QUATRIEME POUVOIR

Written by LA REDACTION
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Originaire de Douala, Sam Mbembé Ebobissè subit l’influence de son oncle Richard Epée Mbende, surnommé "Epée d’or", l’un des créateurs pionniers du makossa. En 1981, il s’installe à Bruxelles, suit ensuite des cours à Berkley School aux Etats Unis se spécialisant dans l’arrangement des harmonies musicales.

1-PORTRAIT DU CONVIE

De retour en Belgique, il obtient une licence de droit, un Deug de philosophie puis une licence spéciale en matière de droit d’auteur et d’édition musicale. Bientôt administrateur de deux sociétés musicales audiovisuelle et cinématographique à Bruxelles et au Grand Duchée de Luxembourg, il poursuit parallèlement sa carrière musicale en formant de 1983 à 1987 avec Guy Nsanguè (qui deviendra l’arrangeur de Charlotte Dipanda) et Etienne Mbappè (l’un des meilleurs bassistes au monde), le groupe Sky Loves qui sort trois albums.

Sa carrière solo démarre avec la sortie en 1986 de « Nobra » suivi un an plus tard de Mota jango (mauvais chasseur). Il multiplie les featuring (avec Mercy Capela en 1988 et Alexia Waku en 1990 et décroche le prix découvertes RFI la même année pour « Deep in my soul ». Deux ans plus tard, sort Lisa, avec Tatiana, qui connait un brillant succès en Europe. Directeur artistique et producteur exécutif du titre "Etam" qui révèle le groupe mythique Macase, il sort en 1999 l’album "Oh mama" contenant le tube "Rosita" en featuring avec JR Nelson qui lui accorde toute crédibilité aux yeux du public camerounais.

Accusé en 2008 de malversations graves dans la gestion financière de la Cmc, la Cameroon music corporation (société des droits d’auteurs du Cameroun) par la ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, il a eu gain de cause auprès de la justice et a été maintenu à la présidence du conseil d’administration de la CMC. Les récentes restructurations et mesures imposées par le Chef de l’Etat Paul Biya lui a conforté dans ses postures, au sujet de la probable fusion de la CMC et la SOCAM créée illégalement. Homme de cœur et de convictions, le doyen Sam continue de faire danser le public camerounais à travers des productions telles que « Alabe », « Nina », « Sylvia », « bella donna », ou encore « Gloria » extrait de son dernier opus sorti en 2015 « Glamour ».

2-SAM MBENDE ET LE BIOTOPE MUSICAL

Toutes ces chansons affirme notre invité, ne portent pas toujours des noms de femmes bien que la gente féminine l’inspire au vu de la moralité et des contours de la vie. Il estime que les droits d’auteur sont rentrés dans l’ordre après l’épisode liée à une mauvaise interprétation des textes des lois par le précédent ministre de la culture Ama Tutu Muna, et le Chef de l’Etat a signé la fin de la récréation grâce à un excellent dénouement. La Cameroun Music Corporation va bientôt reprendre ses droits. Coté relations artistiques, et souligne avoir de bonnes relations avec de nombreux auteurs et producteurs dont Roméo Dika et Mr Martin son mentor qui est aujourd’hui très malade. Notre invité est membre de la SABANE pour le monde, et associé depuis aux studios MADELEINE en Belgique, une maison réputée en matière de production musicale.

 

Le statut social de l’artiste requiert une organisation et doit se constituer en syndicat au vu des enjeux. Il faut bien faire la différence entre l’artiste (qui peut avoir des contrats et un salaire) et l’auteur compositeur. Ce changement passe par un combat législatif, des réformes dans le code du travail par exemple, pour régir les statuts des artistes y compris les patrons des milieux musicaux. Des signatures de convention collectives sont nécessaires pour pallier à ce différend.

Un auteur touche des droits d’auteur car c’est un créateur des œuvres musicales communiquées au public, un artiste interprète exécute l’œuvre créée, et ce dernier peut réclamer des droits voisins.

Concernant les droits d’auteur, les autorités gouvernementales ont mis en place la fusion entre la SOCAM créée illégalement et la CMC, une assemblée générale est prévue et M. Mbende dit ne pas être candidat pour des raisons juridiques et personnelles, une fusion par absorption de la socam par la CMC est prévue par le président de la république, sur proposition du Chef du gouvernement. M SAM Mbende travaille aujourd’hui au sein d’une institution africaine musicale en matière de droits d’auteurs : la CESAC. Le rôle des organisations de gestion collective est de manager les redevances des artistes, de les redistribuer, de la répartition et non de la promotion des œuvres musicales. Les influences du marché musical changent la donne en matière d’industrie musicale et les pays africains devraient s’adapter aux nouvelles exigences.

Avec la jeune génération, il continue les collaborations musicales notamment avec Maracas, Macase avec qui il a eu d’énormes affinités. De nombreux jeunes rappeurs camerounais sont aidés dans leur textes notamment avec Macase ou il était producteur. Etre persévérant dans l’effort car personne n’a le monopole du succès, être humble et d’apprendre car la réussite est l’addition des plusieurs facteurs, et y mettre du travail, il poursuit par une préparation de son prochain album « En duo majeur » et songe déjà à des collaborations avec de jeunes artistes.

 

3-SON REGARD SUR L’ENVIRONNEMENT MUSICAL AFRICAIN

Les chaines panafricaines telles Trace Africa, notre convié estime qu’il ne peut juger comme il faut car certaines chansons ne reflètent pas les valeurs africaines et courent auprès de l’audimat. La musique urbaine quant à elle est une tendance et tout le monde pourrait s’y atteler et cette dernière ne se cantonne pas au rap. Les autorités doivent prendre leurs responsabilités sur la diffusion des musiques qui ne respectent pas l’éthique, Les institutions devraient réguler afin de protéger la jeune audience.

 Il estime n’avoir pas qualité de juger un ministre car cela relève du Premier ministre, donc c’est à eux d’apprécier ces autorités nommées par le Chef de l’Etat.

Avec les avancées numériques, il est possible de voir l’Afrique au cœur de la grande industrie musicale et culturelle mondiale. Il regrette que les mesures prises par le Chef de l’Etat dans ce sens n’aient pas porté leurs fruits car cela aurait permis depuis 2001 un véritable soutien culturel et bien d’autres mesures créatives. Pour lui le Cameroun a été le second pays à intégrer les droits voisins depuis plus de 25 ans et le MINAC devrait rentrer dans ses responsabilités pour ramener des producteurs culturels afin de multiplier ls structures de productions musicales. Un musicien peut effectivement vivre de son art, en Côte-d’Ivoire, cela est régulé et bien organisé. Le système peut être transposé et cela est possible au Cameroun si les choses sont bien structurées.

Le décès de Lapiro de Mbanga l’a beaucoup affecté et il reste toujours en contact avec sa famille.

 

Il est difficile de juger le travail de ses confrères. Mais cependant, il estime qu’il y’a des bonnes et mauvaises productions en fonction de la demande du public et on ne devrait laisser obscurcir cette pensée. Construire des académies musicales, et transmettre une pédagogie sont importants car les machines ne suffisent pas et sont trompeurs. L’Afrique du sud, le Nigéria sont de grandes nations dont le Cameroun peut s’inspirer. Il existe des musiques camerounaises et non une musique camerounaise. Il pense qu’il s’agit d’un cycle et que le Cameroun reviendra au-devant de la scène.

Concernant la jeune génération musicale tel Maalhox, il pense que ce sont des auteurs et ils ont des textes, une audience et cela intéresse les personnes.il ne convient pas d’y apporter des jugements de valeur. Pour le décès de la lead vocal de Macase, Merveille Tsambe, cela est poignant pour lui car mourir avec autant de talent est tellement douloureux. M. Sam Mbende envisage de se rendre au Cameroun bientôt pour assister à ses obsèques. Faire confiance aux autorités pour faire justice car les injures, et autres dérives ne résoudront pas les problèmes de la mort de l’évêque de Bafia.

Pour la double nationalité, il s’agit d’une affaire institutionnelle, de droit, des lois au niveau de la gestion des droits d’auteurs. Pour être administrateur à la SOCAM il faut être camerounais. Il ne s’agit pas d’une nouvelle disposition car dans de nombreux pays africains tels Algérie, Afrique du sud, Sénégal etc… qui tiennent les mêmes dispositions.

Personne n’a a payé pour chanter et s’inspirer des histoires des autres. Ce n’est pas dans ses cordes de venir intégrer un gouvernement actuel au Cameroun. Il insiste de continuer son combat pour les différends rencontrés par la société civile et de faire entendre sa modeste voix.

Les Awards organisés par les médias (Canal 2’Or, Balafon Awards, notamment) sont de bons baromètres et d’excellentes initiatives à soutenir afin de récompenser les acteurs culturels.

S’agissant du Quatrième Pouvoir, il a trouvé l’interview intéressant et nous considère comme des hommes de notre temps et la jeunesse s’y est penché et espère que ce n’est pas la dernière fois que la plateforme le convie. Bien qu’au départ il n’était pas rassuré, c’est avec beaucoup de joie que l’invité du soir s’est plié au jeu de cette brillante plateforme selon ses propos.

 

EDITION DU : LUNDI 05 JUIN 2017

INVITE : M. Sam MBENDE / Artiste Musicien

MODERATEUR : M. Eric VARENI/ Journaliste

DUREE DES ECHANGES : 2H40 mns

UNE SYNTHESE DE :  M. Manfred ESSOME / Analyste Politique

COORDINATION GENERALE : M. Eric Vareni / Directeur de Publication

 

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