CAMEROUN – PRÉSIDENTIELLE 2018: KAMTO-MUNA-OSIH, LE TRIO PERDANT

Depuis la publication de la liste des candidats retenus pour l’élection du 7 octobre 2018, l’on assiste à des tentatives de rapprochement entre les adversaires de Paul Biya.

Selon Stéphane Akoa, chercheur camerounais à la Fondation Jean Marc Ela, « trois personnalités de fort calibre pourraient revendiquer une stature de présidentiable. Il s’agit de Maurice Kamto du MRC, Akere Muna, l’initiateur du mouvement « Now » et candidat du FPD, et Joshua Osih du SDF ». Ces trois candidats qui auraient pu booster la candidature unique de l’opposition camerounaise se présentent comme ceux qui la plombent. A ce propos certainement, le politologue et enseignant à l’université Yaoundé II, Matthias Eric Owona Nguini, indique que « de nombreuses personnalités considèrent qu’elles sont la seule solution envisageable dans la perspective d’une candidature unique de l’opposition ». Ce, même si Joshua Osih déclarait à nos confrères de l’Agence France Presse (AFP) que « nos portes sont grandes ouvertes. Nous n’excluons pas des alliances ou des coalitions avec d’autres partis ». Ces portes se referment dès lors que, selon Stéphane Akoa, « le SDF considère que plusieurs partis d’opposition sont créés par des transfuges mécontents [du SDF]. Ce qui pourrait rendre difficile une union autour de lui ». Bien plus, au SDF, l’on estime qu’un candidat unique de l’opposition ne peut que venir de ses rangs. Et qu’« un benskin (moto-taxi) ne peut tirer un camion ».

Le MRC a l’avantage d’être plus présent sur le terrain que les autres partis d’opposition. Surtout dans la partie septentrionale du Cameroun. Sur cette base, il discute au SDF la place de première force d’opposition au Cameroun. Du coup, son chef, bien que favorable à une candidature unique, ne voit personne d’autre que lui « tirer le pénalty le 7 octobre 2018 ». D’autre part, une colère sourde monte de ses rangs sur « des relents de tribalisme qui secouent les fondements du parti ». La dernière « puissance » qui disperse les efforts de coalition de l’opposition est Akere Muna. Alors que des informations sur une rencontre entre ce dernier et les équipes de Maurice Kamto, son service de communication dément tout. Par ailleurs, l’ancien vice-président de l’ONG Transparency International n’est pas prêt de mettre ses réseaux à l’international au service d’une opposition qui le considère comme un concurrent et ne lui reconnait aucune assise locale, donc aucun crédit. C’est dans ce contexte qu’en janvier 2018, une plate-forme de petits partis et d’organisations de la société civile est créée pour soutenir sa candidature. Scellant ainsi le sort de l’union qui aurait pu faire la force pour triompher de Paul Biya.

 

Auteur: Bernard BANGDA / Repères.

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