CAMEROUN – ASSEMBLÉE NATIONALE: AYANG LUC FREINE LES TRAVAUX DE RECASEMENT

Le président du Conseil économique et social ne se presse pas pour libérer une propriété de l’Auguste chambre qu’il occupe depuis 1984.

Les entrepreneurs impliqués dans le projet de délocalisation temporaire des services de l’Assemblée nationale sont inquiets. Leur entreprise de Btp ne peut pas se déployer sur l’un des sites retenus par le comité de suivi du projet de construction du nouvel immeuble siège de cette institution. Celui-ci se trouve derrière le Centre de formation pour l’administration parlementaire. Il s’agit d’une résidence, propriété de l’Assemblée nationale, occupée par le président du Conseil économique et social (Pces), Ayang Luc. La propriété, qui abrite également le cabinet du Pces, se trouve au bout d’une rue discrète bordée de part et d’autre par l’enceinte de l’Assemblée nationale et celle de l’Agence française de développement. Ayang Luc y traite les dossiers du Conseil, comme en cette fin de matinée du vendredi 17 août où il reçoit le nouveau secrétaire général de l’institution – Zachary Ngoumbe, nommé le 20 juillet -, qui est porteur d’un parapheur chargé. Mardi 14 août dernier, alors que le président de la chambre basse du Parlement, Cavaye Yéguié Djibril, inaugure non loin du carrefour Warda, un des sites réaménagés pour accueillir une partie des bureaux de l’Assemblée nationale, ces entrepreneurs se rapprochent d’un des membres du comité de suivi du projet pour lui faire part de leurs inquiétudes. « C’est très délicat, va-t-il leur répondre, il [le Pces] habite cette résidence depuis longtemps. Ce n’est pas facile pour lui de partir ainsi ». Il ajoute, un tantinet embarrassé, que « c’est un homme âgé, c’est notre père à tous. On ne peut pas le brusquer ». Il va ensuite entreprendre de rassurer ses interlocuteurs que des démarches sont menées pour que ce site de recasement soit disponible pour les travaux d’aménagement des bureaux du personnel de l’Assemblée nationale. Selon des indiscrétions, Ayang Luc occupe cette propriété depuis qu’il a été nommé à la tête du Conseil économique et social en 1984. Agé aujourd’hui de 71 ans, cet ancien Premier ministre (du 22 août 1983 au 25 janvier 1984) est originaire de Doukoula dans l’arrondissement de Kar-Hay – département du Mayo Danay dans la région de l’Extrême-Nord. Il est la quatrième personnalité du pays dans l’ordre protocolaire d’Etat.

Incendie

Depuis l’incendie qui a ravagé, en décembre 2017, une partie du Palais de verres de Ngoa-Ekelle, l’Assemblée nationale a élaboré un plan de recasement en trois phases qui correspondent aux trois sites choisis pour héberger ses services. Selon Théodore Datouo, l’un des vice-présidents de l’Assemblée nationale nommé président du comité de suivi du projet de construction du nouvel immeuble siège de cette institution, la première phase a consisté « en la construction d’une cinquantaine de bureaux pour la plupart en matériaux provisoires sur la parcelle de terrain qui abritait le garage de l’Assemblée nationale et d’autre part, à la réinstallation du garage et à la construction d’un bâtiment de 21 bureaux sur le site [de Warda] ». La seconde phase de recasement va voir la construction de 20 bureaux « sur une des propriétés de l’Assemblée nationale située au quartier résidentiel du lac municipal », a affirmé Théodore Datouo. Quant à la troisième phase, « qui est d’ailleurs la plus importante » selon le président du comité de suivi, « elle va consister à construire sur le site abritant actuellement le groupe d’escadron mobile de la gendarmerie nationale, plus d’une centaine de bureaux, deux salles de commissions et surtout à l’installation d’une grande salle de conférence modulable en hémicycle pour les séances plénières ». Le groupe d’escadron qui jouxte l’actuel Palais de verres sera, lui, recasé à Nkolnda, une banlieue de la capitale. Quatre entreprises camerounaises ont été choisies pour ce projet de recasement. Le projet de construction du nouvel immeuble siège de l’Assemblée nationale sera exécuté par une entreprise chinoise avec un financement du gouvernement chinois. D’après le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yéguié Djibril, « la Chine s’est engagée à financer entièrement et sous forme de don sans contrepartie, la construction ainsi que l’équipement du futur complexe à hauteur de 60 milliards Fcfa. Les accords y afférents ont été finalisés en mars 2018, à l’occasion de la dernière visite d’Etat du président Paul Biya en République populaire de Chine ». Les travaux du nouveau siège ne pourront démarrer qu’une fois tous les bureaux de l’Assemblée national recasés.

 

Par Ludovic Amara / Mutations

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